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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 09:50

Le secret fut bien vite partagé, telle une trainée de poudre l'histoire de Paillard le grippe-sou proposant au conclave d'allonger du blé pour faire tomber le petit Pochon dans le stupre et la fornication fit, en un rien de temps, le tour de South of France avant de sauter le Rhône par les Portes de la Méditerranée pour s'épandre jusqu'aux Jardins de la France et autres contrées dûment répertoriées dans le grand registre des appellations non contrôlées. On se gondolait dans les vignes. On se gaussait dans les caveaux. Certains mêmes envisageaient de créer une cuvée pour fêter l'évènement. Il y avait péril en la demeure, la dérision étant un poison mortel le Préfet de Région convoqua un quarteron de conspirateurs. Il leur passa un savon, les menaça de les faire convoquer à Matignon pour leur asséner en conclusion un avertissement qui les laissa sans voix : " ne touchez pas à Pochon ! Du moins pour l'heure, vu le bazar ambiant un bon leurre intelligent vaut mieux qu'une brassée de présidents... "

Ils s'en retournèrent la queue basse. Que faire ? Attendre ou, toute honte bue, allez faire allégeance au fringant élu ? Le silence de celui-ci ajoutait une touche supplémentaire au climat délétère. Pour faire bon poids, le contrôleur d'Etat, dans une missive bien torchée, leur signifiait que, même s'il n'était pas juge de l'opportunité des dépenses, les CVO ne pouvait être affectée à ce type de joyeusetés et qu'en conséquence s'ils persistaient dans leur décision il se verrait dans l'obligation d'en référer au ministre du budget. Les colonnes du temple déjà minées commençaient à s'ébranler et le Pochon restait toujours muet.

Les mois passaient. Et puis, dans la semaine du 15 août, un vendredi, Léon convoquait les journalistes au musée du vin, rue des Eaux dans le seizième. Entouré de Lucienne et de la petite Fougère face à un public clairsemé il lu la déclaration suivante : " Nous sommes las. En conséquence de quoi, ma tendre et charmante Lucienne, ici présente à ma droite,  a décidé de passer les Pyrénées pour profiter de l'espace de liberté ouvert par nos voisins Ibères. Je lui souhaite pleine réussite. Pour ce qui est de mademoiselle Fougère, jeune et légère, sur mon flanc gauche, les perspectives présidentielles lui donnent des ailes, elle ira donc voleter près de celle qui semble descendue du ciel. Bon vent ma belle. Et moi, pour paraphraser un président qui, au temps héroïque des vins de table eut le courage d'être devant ses troupes, afin de ne pas se désolidariser de ses pairs tout en marquant sa désapprobation face à leur politique de la chaise vide déclarait : mesdames, messieurs, je pars, mais je ne pars pas..." Le petit Pochon se leva et d'un petit geste du bras les salua.

C'est presque la fin. Si un jour le coeur m'en dit j'écrirai un épilogue à cette historiette...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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S. COUREAU 19/08/2006 00:58

J'aime bien vos histoires de petit pochon Monsieur Berthomeau ... Elles me font penser à cette vieille pièce d'un franc qui traine dans mon portefeuille, je ne me suis pas résolu à la jeter cette pièce, pourtant aujourd'hui elle n'a plus de valeur. Mais dessus des fois quand je la regarde j'y vois marqué "liberté, égalité, fraternité".
Bien sur en petit jeunot que je suis je n'ai pas pratiqué les prefets et les syndicats viticoles comme vous, mais j'en ai suffisemment taté pour savoir que notre beau slogan républicain est bien mort de sa belle mort, tout aussi mort que notre vieille monnaie nationale...

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