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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 00:09

« Ô pudeur ! que tu es faible quand Vénus et Bacchus te livre à la fois la guerre ! Mais est-il absolument impossible que tu leur résistes ? Ou n’es-tu pas plutôt charmée de ce que la puissance connue de leurs forces justifie ton heureuse défaite ?  C’est ainsi que Félicia commente, non sans une once d’hypocrisie, une de ses aventures, présentée par Nerciat comme une « orgie ». (1)

 

Dans son succulent ouvrage : « L’amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle » éditions la Musardine www.lamusardine.com , Serge Safran fait la part belle, au travers des œuvres libertines, à la partie liée de l’amour et du vin.  « L’issue de ce genre de combat ne fait aucun doute pour le moine Ambroise du couvent de Sainte-Marie-des-Bois, dans la Nouvelle Justine. Ivre, il déclame à la cantonade que « les forces prêtées par Bacchus à la déesse de la Lubricité tournent toujours au profit de cette dernière ».

 

Mais « Si boisson et fornication sont ainsi associés, la bonne chère vient presque toujours à la rescousse, pour de meilleurs résultats. C’est d’ailleurs le cas de l’orgie à laquelle participe Félicia, œuvre d’un « monseigneur » ayant le « génie des fêtes ». « La chère était exquise. Les vins les plus rares, et en quantité, défiaient la soif et la curiosité des convives. » (1) En 1755, Casanova rencontre ce tiercé libertin à Venise, en la personne de Murrai, ministre résident d’Angleterre qu’il dépeint « prodigieusement amateur de du beau sexe, de Bacchus et de la bonne chère ». À la fin d’un « joli souper bourgeois » concocté par sa jeune maîtresse Tonine, cette dernière reste « fort étonnée que le Résident était parti frais comme une rose après avoir vidé six bouteilles ». Et Casanova de conclure, pour la touche esthétique qu’il affectionne : « Murrai avait l’air d’un beau Bacchus peint par Rubens. » La fête donnée au couvent de Sainte-Marie-des-Bois, quand à elle, ne déroge point à la trilogie : « À l’égard de la chère, écrit Sade, elle était exquise. La profusion, l’abondance, la délicatesse, tout y régnait ; les vins les plus rares ne s’y servirent que jusqu’à l’entremets : on ne vit plus, dès lors, que les plus spiritueuses liqueurs ; et les têtes furent bientôt prises. » Et qui dit les têtes… » (2)

(1) Félicia ou mes fredaines, Andréa de Nerciat 1775
(2) Histoire de ma vie, Casanova 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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