Samedi 25 juillet 2009
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Dans la dernière ligne droite précédant le 25 juillet, jour de la St
Jacques, j’aurais du être serein puisque je tenais l’objet de ma chronique : le St Jacques cuvée de Compostelle, Château Côte Montpezat 2002, un Côtes de Castillon d’excellente
facture www.cote-montpezat.com acheté à mon Monop 7 euros 80. Ce choix remontait à une très agréable
dégustation, le samedi précédant Vinexpo, où j’avais tout à la fois apprécié les millésimes 2007 et le 2008, trouvé le propriétaire Dominique Bessineau plein d’humour et de détachement, et
sympathisé avec le directeur du domaine Jean-François Lalle.
Tout s’emboîtait donc parfaitement. Pour moi les chemins de Compostelle commençaient
au pied de l’église St Jacques Haut le Pas, point de ralliement des pèlerins venus du nord de la France et de
l'Europe, avant d’emprunter la Via Turonensis qui passe par
Orléans puis emprunte le Val de Loire jusqu’à Tours – lieu de pèlerinage de saint Martin, évangélisateur de la Gaule du IVème siècle – avant de piquer vers le sud en traversant le Berry, le
Poitou, la Saintonge jusqu’au port de Blaye pour traverser la Gironde, la péninsule médocaine, les Landes, le Béarn, le Pays Basque : Saint-Jean-Pied-de-Port : 791,4 km. Un parcours
très pépère de papy-boomer plein de vigueur mais qui admet son âge donc, mais c’est alors que je m’aperçus que mon projet se heurtait aux fantaisies de la géographie.
En effet, pour coller à la légende qui
raconte que ceux « qui écoutent attentivement le puits du Château Côte Montpezat, peuvent entendre les pèlerins de Saint Jacques de
Compostelle qui, traversant ces terres venaient s’y abreuver… » j’aurais du emprunter la via Lemonvicensis qui part de Vézelay. Là mon script eut été raccord avec l’histoire
et la géographie et j’aurais même pu imaginer de tourner quelques plans de l’ancien relais de poste du XVIIe qui atteste de cette étape sur l’un des chemins du pèlerinage. Et c’est là que tout a dérapé !
Que mon fol esprit libertin a repris le dessus en pensant à la fraîcheur de la paille et la tiédeur du foin des haltes nocturnes sur mes chemins d'adolescent marcheur dans ma Vendée
bardée de lieux de pélerinage.
Et c’est donc là que la fiction a vraiment rejoins la réalité en la personne d’un mécréant, « né dans la riante campagne entre Aubervilliers et la Courneuve », un certain
Étienne Liebig – ça me rappelle qu’au temps de l’usine Maggi le Blanc Mesnil sentait le bouillon Kub – agnostique type, libertaire, très porté sur le sexe et totalement
iconoclaste, a commis l’irréparable avec son « Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle » éditions La Musardine www.lamusardine.com.
Lui est sur la bonne voie
lorsqu’il « débarque du TER Paris-Vézelay de 9 heures du matin, chargé en tout et pour tout d’un sac à dos acheté la veille au Vieux Campeur… ». Faire succomber à la tentation de la
chair des femmes catholiques ferventes, tel est son diabolique projet. Pas très original, c’est le rêve de tout libertin qui se respecte. En concluant son prologue, Liebig déclare « ami
lectrice, ami lecteur, bienvenue sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ! J’y raconte l’irracontable, et Dieu me damne si j’ai menti ! » Tout est dit, ou presque, Dieu que
la chair serait triste si la fiction ne la pimentait pas des fantasmes d’un narrateur, par construction, fieffé menteur.
Même s’il est jubilatoire, provocateur en diable, reprenant la formule des affiches placardées par le curé de ma paroisse sur les
tambours de l’église à propos de certains magazines, je dirais que cet opus n’est pas à mettre entre toutes les mains. Je le déconseille donc fortement à mes bonnes amies catholiques car, en bon
expert que je suis de leurs âmes, je sais que les mots les choquent bien plus que la chose. Là, elles seraient servies, si elles me permettent de m’exprimer ainsi. De plus les appendices de
l’opus : où draguer la catholique ailleurs que sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ? Le petit lexique des termes usuels utilisés par les amateurs de femmes catholiques et le
chant : « le cul de la cheftaine » relèvent de la tradition française « gastro-couillarde » qui joint dans un même territoire les deux extrémités de l’axe
gauche-droite : du beauf de Cabu au prolo de Wolinski qui rêve de se faire une bourge. Pas tout à fait mon genre de beauté mais comme je patine sur un espace de liberté ce n’est pas
aujourd’hui que je vais inaugurer la censure : le lirons ceux, où celles, qui le voudront ! Moi, étant à la fois très professionnel et un mécréant notoire, je l’ai lu bien
sûr…
Que le Liebig en
question, qui semble exploiter un bon filon puisqu’auparavant il a commis : « Comment draguer la militante dans les réunions politiques », ne vienne pas me dire que je suis
bégueule. J’aime les femmes, c’est tout, sans distinction de… religion et je n'apprécie guère de les voir transformer en proies surtout quand le prédateur conte ses exploits à la
manière d'un Tartarin, à peine révisé, très Chasse-Pêche-Nature, " je vais à Vézelay draguer la catholique comme on va chasser la sitelle torchepot dans les marécages du Bas-Rhin ou le
castor dans le Nivernais : avec ma bite et mon couteau. En franc-tireur."
Pour finir sur un sourire, sachez qu'en surfant sur la Toile j'ai découvert une rubrique du Who's who, l'annuaire à la couverture rouge, qui publie chaque jour une page : l'anniversaire de... et,
pour le 12 juillet, mon sang s'est glacé lorque j'ai constaté que je voisinais avec l'exilé de l'Île de Ré, un certain Lionel Jospin...
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