Samedi 18 juillet 2009
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L'Isle sur la Sorgue, charmante cité du Vaucluse, patrie du poète
René Char avec ses beaux canaux alimentés par la Sorgue, ses roues à aube, comme se plaisent à le dire les guides touristiques, fait partie des musts
incontournables de Provence. Et pourquoi donc ? Tout bêtement parce qu'avec ses 300 antiquaires elle est un bastion de ce qui se fait de plus chic, après Paris, dans cette
activité aux codes bien particuliers. L'antiquaire, majoritairement de sexe masculin, fait partie de la catégorie des commerçants assis, soit des gens tenant boutiques mais qui, calé dans un
fauteuil, plongé dans un livre, vous ignorent dès que vous passez le seuil. J'exagère à peine surtout si vous êtes en short avec femme et moutards. Déjà les qualifier de commerçant relève de
l'outrage, comme chacun sait, ils prennent d'abord leur plaisir dans l'acte d'achat (je ne vous fais pas de dessin), vendre les ennuie. D'ailleurs, lorsqu'ils ne sont pas terrés dans leurs
échoppes, les antiquaires geignent en paquets. Le monde des bureaucrates est ligué contre eux. Ils sont exsangues, ils vont plier bagages, se reconvertir dans un buiseness plus lucratif. La seule
façon d'apaiser leurs maux endémiques a pour nom : liquide. L’évocation de ce mode de dénouement d’une négociation mal engagée ça les rafraîchis, les rassérène, les extirpe du monde des
parias. Tout est alors possible. Avant d’en arriver là, il est conseillé, face à leur « mépris », de surjouer l’amateur revenu de tout qui leur donne le sentiment de s’être égaré chez
un vulgaire brocanteur. Ils détestent, se regimbent, engagent le fer. Alors ils sont bons à prendre.
Longue digression que je pourrais poursuivre sur le thème de l’émergence et la construction en 20 ans d’un marché physique répondant à
une demande éminemment solvable mais, de peur de vous ennuyer, je ne le ferai pas car nous sommes en juillet, un samedi. Lorsque je me promène à l’Isle sur la Sorgue je chine rarement, sauf des
livres.
1°) Je baguenaude et je mitraille avec mon IXUS des petites vieilleries vendues au prix du caviar. Ce matin je vous livre un cliché ci-dessous
qui m’a fourni le titre de ma chronique (d’autres viendront soyez patient).
2°) Je déjeune, bien sûr, au « Carré aux herbes » (voir photo qui illustre mon blog depuis quelques jours) : cuisine légère et goûteuse, service
impeccable et j’y ai bu lors de mon dernier passage: « Une cuvée des Grands Hommes » un Côte du Ventoux
rouge 2007 AB de Patricia et Joël Jacquet du domaine Grand Jacquet www.domaine-grandjacquet.com qui allait
comme un gant avec la canicule et le repas.
3°) Dernière station à l’Isle : le « Café de France », lieu mythique, emblématique, immortalisé par le photographe Willis Ronis, sous les tilleuls
de la place de l’église…
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