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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 00:07

« De retour d’une journée entière passée à arpenter les allées de Vinexpo… »

Puis  j’enchaînais :

« L’Australie, la Nouvelle-Zélande, les USA, le Chili, l’Argentine, l’Afrique du Sud, la déferlante des vins du Nouveau Monde va-t-elle naufrager la viticulture du Vieux Continent ?

À Vinexpo, à en croire certains, la France vinicole, sûre d’elle et dominatrice, en serait la première victime. Déjà, sur le marché anglais, face à la coalition des pays du Nouveau Monde conduite par les Australiens, sa part de marché s’effrite inexorablement. »

 

De ce séjour je tirais des enseignements, des questions, qui allaient nourrir ma réflexion :

-         le marché anglais était le check-point par où entraient les Vins, dit du Nouveau Monde dans la vieille Europe, allaient-ils pour autant pénétrer les pays traditionnellement grands consommateurs ?  

-         dans le plus grand hub mondial qu’est Vinexpo je constatais que nous disposions, contrairement à nos concurrents dit du Nouveau Monde, d’une main complète, avec des atouts : une culture de l’Origine, et des cartes faibles : un grand vignoble généraliste en mal de conversion car inadapté à la nouvelle donne, nous permettant de répondre au défi qui nous était lancé.

 

Les « barbares » du Nouveau Monde n’ont envahi  ni le marché français, ni celui des vieux pays consommateurs et samedi prochain 20 juin je pars à Bordeaux pour passer quelques jours à arpenter les allées de Vinexpo. Un Vinexpo de « crise », une « crise » d’un nouveau type, multiforme, mondiale, dont aucun économiste ou prévisionniste n’est à ce jour capable de dire quand nous en sortirons car ce n’est pas une crise, au sens classique du terme, mais une vraie rupture géopolitique et systémique provoquant un effet dominos dont nous ne mesurons pas la portée. J’y vais en chroniqueur solitaire y sentir l’ambiance, sonder les uns et les autres, causer, écouter, faire ma pelote, loin de la pompe des officiels, des festivités nocturnes, de ce que notre Bizeul « oriental » nomme avec vivacité sur le blog de JL Thunevin « les courbettes de Vinexpo », les « smokings » de la fête de la Fleur sans pour autant arborer mes Veja équitables, ni mon pull rose fluo qui serait perçu comme une provocation par ceux qui, bien mieux que moi, ont su faire triompher « l’Europe des terroirs et du savoir-faire » tous les « On est contre des dérives vers le vin standardisé et industriel. Les pays du Nouveau Monde veulent faire du commerce et de l'argent. Nous, on a de petites exploitations familiales mais un terroir et un savoir-faire. C'est le modèle agricole français qui est en jeu ».

 

Le « modèle agricole français » tient donc : celui des régions de grandes cultures, celui de l’intensification du Grand Ouest ou celui des éleveurs allaitants du Massif Central, des producteurs artisanaux de produits laitiers, de fruits et légumes ou de vins ou celui incapable d’alimenter la demande de produits bio ? Les deux ensemble, mais alors il faudra faire des choix car la valeur produite à l’hectare n’est pas tout à fait la même dans les 2 systèmes et, en viticulture laisser accroire que c’est avec un modèle néo-artisanal que nous serons en capacité de « sauver » certains hectares de l’arrachage, d’empêcher la délocalisation de notre vignoble généraliste, c’est jeter un rideau de fumée sur la réalité, se faire plaisir, se défendre, pour en définitive laisser beaucoup de viticulteurs aller droit dans le mur. Je radote mais, comme la donne à un peu changé, ne serait-il pas possible de quitter les postures et reprendre le fil sans ce cacher sous les grandes ombrelles des appellations et psalmodier, chacun dans nos chapelles, les mêmes antiennes éculées.

 

Catherine Bernard dans sa revue de presse de Vitisphère note :

 

-         que l’Australie ne va pas bien puisque l’industrie du vin va « demander de l’aide au gouvernement ». « Wine Australia et d’autres associations professionnelles du vin, dont la Fédération des winemakers, vont, d’ici la fin juillet, lancer un appel à l’aide au gouvernement, incluant des aide financières visant à réduire les effectifs de la filière ». Chez nous, on appelle ça un plan social. « Nous sommes une industrie phare, prise en exemple par le gouvernement. Il doit, maintenant que nous sommes dans une situation difficile, nous aider », justifie, dans Decanter, Paul Henry, responsable marketing de Wine Australia.

-         que le marché anglais à un coup de mou « Après des années de croissance soutenue, le marché du vin a reculé de 2% en volume en 2008, et de 1% en valeur. (...) Ce recul s’explique par les effets conjugués des campagnes contre les dangers de l’alcool, la tendance à une hygiène de vie plus saine, et à une lourde hausse des taxes. S’y ajoute une appréciation de l’euro par rapport à la livre, et des hausses de prix liés aux coûts de production », analyse l’étude du cabinet de marketing Mintel qui ne voit pas de reprise avant 2011. Le cabinet stigmatise aussi la tranche d’âge des 25-34 ans, non initiée au vin.

 

La seule question qui se pose pour la Vigne France et tous ceux qui en vivent, est : sommes-nous encore en capacité de nous adapter à cette nouvelle donne pour regagner les parts de marché perdues ?

 

Lors d’un entretien avec Xavier de Eizaguirre, président de Vinexpo, qui fut un participant assidu au groupe stratégique Cap 2010, je lui ai posé la question. Sa réponse devrait nous amener à réfléchir, moi le premier d’ailleurs.

«  Le monde du vin n’échappe pas à la globalisation, aux standards qui font que beaucoup de vins produits se ressemblent. La France, grâce à son approche terroir, reste une référence, une exception même dans l’Europe du vin. Les vins du Nouveau Monde, en transformant des buveurs de bière, de soft drinks ou de spiritueux en buveurs de vin, ont créé de nouveaux consommateurs. Pour beaucoup de néo-consommateurs à travers le monde l’accès au vin se fait par ce type de vins mais avec le temps beaucoup d’entre eux désirent monter en gamme, se différencier et le consommateur du bout du monde qui a découvert le vin avec des californiens ou chiliens peut tout naturellement se tourner vers les vins français d’AOC s’ils sont dignes de ce nom, c’est-à-dire si certaines de nos appellations ont « fait le ménage » en éliminant des vins qui revendiquent l’AOC sans en être à la hauteur. Ce qui fut notre handicap au cours de ces 20 dernières années, peut se transformer en atout. Il ne faut pas copier les vins de cépages du Nouveau Monde mais rester nous-mêmes car les consommateurs de vins faciles sont mûrs pour boire nos vins de terroir... 

 

Vous allez me dire que cette approche invalide mes analyses, que le tout terroir est la seule réponse qui vaille aujourd’hui comme hier. Je ne le pense pas car, Xavier de Eizaguirre exprime, à juste titre, une approche bordelaise, et qui plus est l’approche d’une belle société de négoce qui a opté de faire dans le Nouveau Monde, des vins du Nouveau Monde pour satisfaire la demande exprimée par les consommateurs mondiaux tout en restant ancrée en France dans la tradition des AOC. Reste que notre Grand Sud est notre Nouveau Monde qui, grâce à la mixité de son vignoble, avec la nouvelle palette ouverte AOP-IGP, par les créneaux offerts par les vins sans IG, peut jouer, ou plutôt pourrait car je ne suis pas sûr qu’il s’y soit bien préparé, le fer de lance de notre reconquête. Les effets de proximité, la maîtrise de la ressource en eau, le respect de l’environnement, le sourcing au plus près du plus grand marché domestique qu’est l’Europe, sont autant d’atouts pour ce Grand Sud toujours en devenir. Au risque de lasser, d’insupporter certains les grandes lignes de Cap 2010 n’ont guère pris de rides sauf que nous allons vivre un Vinexpo de crise en n’ayant pas forcément mis tous les atouts de notre côté…

 

Avant de boucler ma valise, un petit mot sur le blog qu’a ouvert Vinexpo : « c’est tout, sauf un blog ! » Le plus grand hub mondial du Vin mérite mieux qu’un site Internet bis, rigide, sans une réelle ligne éditoriale. C’est un peu comme si lors de l’ouverture des ondes aux radios dites libres certains se seraient contentés de reprendre le ton des radios institutionnelles. Le blog c’est un peu France-Info ou LCI, la réactivité, le fil continu, interactivité, de la couleur, de la vie. Dans le monde du vin, aux USA plus particulièrement, mais aussi dans notre beau pays, les blogs du vin font parti du paysage. Les ignorer me semble être de mauvaise politique, un réel défaut d’anticipation, même s’il ne faut pas exagérer le pouvoir d’influence des bloggeurs. J’en ai fait part à Xavier de Eizaguirre… Qui vivra verra ! À bientôt à Vinexpo. Restez connecté. Vous pouvez me joindre au 06 80 17 78 25 ou sur mon courriel berthomeau@gmail.com

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

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Bon salon itou. Je reste persuadé que ce sont nos différences qui font notre force sur un marché mondial qui se standardise à tout va en réduisant parfois le vin à un simple jus de chaussette (c'est l'émission d'hier soir sur le café qui me fait penser à cela) à la vente aussi éphémère qu'elle incite le zapping. Déjà presque tous les pays (Maroc, Chili, Californie, Australie) ont cherché à nous imiter en développant des zones d'appellations contrôlées. Rappelons-nous de ce que disait volontiers Jean Hugel qui vient de nous quitter, quelque chose du style : "Un bon vin c'est quand tu mets ton nez dessus et que tu sais d'où ça vient". En flânant dans binzz des travées de Vinexpo, j'espère, cher Jacques, que tu goûteras des vins du Douro ou d'une toute récente appellation portugaise dont le nom m'échappe, que tu te pencheras sur le muscat du Cap Bon et que tu snifferas les parfums de celui que l'on dit être l'ancêtre du Zinfandel aux abords de Naples. Toute l'Europe y va de sa diversité et c'est tant mieux car il n'y a rien de pire que le goût standardisé. 

gus 19/06/2009 08:00

L'élite étoilée ou les litres étoilés?Les deux mon capitaine!Il y a de la place pour tout le monde et si en plus d'une bonne dose de savoir faire on pouvait y rajouter un soupçon de savoir vendre,la viticulture Française pourrait connaitre des lendemains radieux...Bon salon !

Clavel 19/06/2009 07:57

Bon Vinzxpo Jacques, Ce grand sud vinicole dont tu parles va mal, il est plus atteint semble-t-il, par la crise économique générale que d'autres régions viticoles françaises. Pourtant il y a des initiatives qui fédèrent, telles "Sud de France", la marque régionale lancée par la région Languedoc Roussillon pour tous les produits agro alimentaires et le tourisme et qui fait l'objet d'un développement mondial. Mais avant que cette initiative ait des résultats commerciaux concrets, il faut du temps. Ce qui me préoccupe le plus c'est le fonctionnement de la coopération viticole régionale incapable de concevoir un programme d'adaptation de ses structures et de sa production aux réalités internationales actuelles. Beaucoup s'en inquiétent, G. FRêche le président du LR, avec sa brutalité coutumière dit les 3/4 sont condamnées à disparaître !!! On n'a pas fini de voir les gros tas de souches mortes en plein champ, et que faire des espaces abandonnés? JC

JACQUES BERTHOMEAU 19/06/2009 08:29


Cher Jean,

Sur la coopération régionale je t'invite à lire et à diffuser mon blog de lundi prochain
bien à toi
JB


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