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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 18:47

 

Coïncidence ou signe que nos vies, à l’heure de la mort, peuvent se croiser une dernière fois. Aujourd’hui, à la cathédrale de Versailles, dans une grande simplicité, nous avons accompagné Jean-Daniel Bénard vers ce qu’il est coutume d’appeler sa dernière demeure. Pour beaucoup d’entre vous, cet homme de 63 ans est un inconnu et pourtant après avoir été directeur de l’Office du Lait, où il sut gérer mieux que quiconque les quotas laitiers, le pouvoir politique, pour cause de chaises musicales, le nommait directeur de l’INAO où il eut comme Président : Paul Avril qui vient lui aussi de nous quitter. Tout deux étaient des hommes simples et discrets. Des hommages officiels seront rendus à Paul que je connaissais bien et qui était, tout comme Jean-Daniel, parmi les tous premiers abonnés à mon blog Vin&Cie. Pour Jean-Daniel, qui souffrait tant d’être placardisé, d’être replié chez lui, nié dans ses compétences, j’écris à ceux qui, froids et indifférents, pouvaient et qui n’ont rien fait : honorez au moins sa mémoire de bon serviteur de la chose Publique et faites ce que vous lui aviez promis de faire, devant moi, voilà tout juste une semaine, au 78 rue de Varenne. C’est le moins que vous puissiez faire.

Je suis un peu colère. Je retiens mes mots. Les seuls que je laisserais échapper seront des mots de compassion, mes petits mots de sympathie, d’amour même s’ils sont bien impuissants face à la douleur des familles de Paul et de Jean-Daniel, de leurs proches, de tous ceux qui les aimaient. Permettez-moi, à propos de la mort de reprendre quelques réflexions de Vladimir Jankélévitch dans son petit livre « Penser la mort ».

« Quelqu’un disparaît, un autre occupe la place. C’est la mort à la troisième personne, la mort de n’importe qui, un passant frappé d’embolie… C’est la mort sans mystère. »

« En ce qui concerne la mort à la première personne, c’est-à-dire la mienne, eh bien, je ne peux pas en parler puisque c’est ma mort. J’emporte mon secret, si secret il y a, dans la tombe. »

« Il reste la mort à la deuxième personne, la mort du proche, qui est l’expérience philosophique privilégiée parce qu’elle est tangente aux deux autres. Elle ressemble le plus à la mienne sans être la mienne, et sans être non plus la mort impersonnelle et anonyme du phénomène social. C’est un autre que moi, alors je survivrai. Je peux le voir mourir, Je le vois mort. C’est un autre que moi et, en même temps, c’est ce qui me touche de plus près. Au-delà ce sera ma mort à moi. La philosophie de la mort est faite pour nous par le proche qui est à nos côtés. C’est une expérience que personne ne cherche, mais enfin tout le monde l’a faite un jour ou l’autre, malgré soi. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

BERTRAN DE BALANDA 16/06/2009 14:23

Je me joints à vos hommages à ces deux personnalités en particulier Jean-Daniel BENARD que j'ai connu un peu à l'INAO.

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