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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 00:04

Qu’est-ce qu’y ne va pas inventer pour faire l’intéressant, un de ces jours y va nous dire qu’il va se présenter à la Présidentielle de 2012. Sur cette dernière hypothèse je ne dis pas non mais pour mon histoire de dormeur beurré comme un petit Lu qui finit en enfer je vous rassure ce n’est pas une histoire à dormir debout.

Voilà comment je l’ai découverte. Acte 1 : une lectrice de Crosne, 91560, me lance un SOS car elle ne trouve pas de crabe Chapka dans sa banlieue profonde. Vous allez me dire : z’êtes pas épicier ! Oui, mais j’ai commis une chronique en août 2007 « Le crabe aux pinces d’or » http://www.berthomeau.com/article-6886869.html dans laquelle je cause du crabe Chapka. Acte 2 : bon samaritain je tape crabe sur Google et je tombe sur cette histoire de… C’est un Finistérien : http://www.cadour.net de Lannilis qui la raconte sur son blog : cuisine de la mer. Je ne vais pas copier sur lui mais vous la raconter à ma façon et, si je fais référence à l’expert ce sera cité entre parenthèses.

Première précision pour les ignares : le « dormeur » est un crabe, aussi dénommé tourteau dans le commerce et cancer pagurus par les scientifiques. Quand je pratiquais la pêche à pied du côté de Brétignolles sur-Mer, il fallait le débusquer dans les trous de roche au crochet car il se planque, roupille et, quand il se carapate en marchant de traviole ce n’est pas un rapide. Tout le contraire de l’étrille, petit crabe vert à chair fine, goûteux, vif et qui pince sec. Les pinces du dormeur sont imposantes mais faut être un parigot pour y risquer ses doigts y compris chez le mareyeur.

Pour choisir le bestiau je m’en remets à l’homme de la mer : tout d’abord « mieux vaut choisir une femelle. La chair est plus fine, et mieux répartie entre le coffre et les pinces » ensuite « la meilleure saison c’est l’été, disons de juin à octobre, mais on en trouve de jolis toute l’année. »,  puis des conseils d’expert : 1° « c’est le poids qui importe, à taille égale choisir le plus lourd », 2° «  éviter ceux qui ont le ventre clair, plus la couleur tire vers le brun, et meilleur il sera. » 3° « abandonnez aussi les femelles qui ont des œufs dans le réceptacle prévu à cet effet, elles viennent de pondre, elles ont épuisé beaucoup de chair à cet effort ! »

Ensuite ça se corse, non parce que le choix du second ingrédient soit difficile, puisqu’il s’agit d’une bouteille de vin blanc sec, mais de part la fonction impartie au vin. Notre breton jette son dévolu tout normalement ou tout régionalement sur un « Muscadet, fruité (élevé sur lie avec bâtonnage, c’est l’idéal, mais ne le payez pas trop cher pour cette recette) » Pour ma part je n’ai pas de religion bien établie sur cette question puisque je ne suis pas passé à l’acte. Donc, faites comme bon vous semble et, à mon humble avis, je ne suis pas sûr que la qualité du vin influe sur la suite des évènements. D’ordinaire, le dormeur finit sa vie aquatique dans l’eau bouillante aromatisée. Attention, il n’est pas précipité dans l’eau bouillante mais traîtreusement plongé dans de l’eau froide qui est ensuite portée à ébullition. Depuis toujours, les âmes sensibles et les ami(e)s des bêtes m’ont souvent interrogé à propos de la souffrance de la moule ou du crabe. Je n’ai jamais su répondre sauf que, pour paraître encore plus barbare, j’évoquais la découpe en vif de la langouste avant passage au grill.

Dans le cas présent, vont venir s’ajouter aux susdit à la fois les abstinents et Brigitte Bardot. En effet, notre tourteau, entravé par de grosses élastiques, afin d’éviter qu’il ne se rebellât, est plongé dans un bain de vin blanc, pendant une bonne heure, pour se murger grave. Selon notre breton cela aura pour vertu de parfumer sa chair. Ensuite, beurré comme un petit LU le tourteau posé délicatement sur des braises, pendant un bon quart d’heure, achèvera son étrange trajectoire qui l’a conduit de l’Océan à sa première cuite pour finir dans l’Enfer des hommes. Chaîne de la prédation et, pour se donner bonne conscience, souligner que les tourteaux sont des prédateurs impitoyables permet de le savourer tout chaud en s’envoyant des canons de Muscadet. Notre breton est un fan de  Jo Landron alors si ça vous dit cliquez.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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