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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 00:08

« Pour la droite Louis-philipparde l’avènement à la Présidence d’une République, dont les institutions avaient été taillées sur mesure pour le Général, de l’ancien fondé de pouvoir de la Banque Rothschild, bien plus qu’une revanche constituait le gage d’une réunification des droites françaises. De Gaulle, avec ses idées de grandeur, son aura et son mépris pour les partis, ratissait large jusque dans le petit peuple de gauche. La déroute des socialistes emmenés par l’improbable couple Deferre-Mendès-France, lors de l’élection présidentielle, le chant du cygne des communistes avec le score pharaonique du petit pâtissier rondouillard Jacques Duclos stalinien débonnaire, l’incapacité du Centre, au travers de la baudruche Poher, de coaliser les antigaullistes modérés, ouvraient un boulevard pour la réintégration de tous ceux que la collaboration puis le soutien à l’OAS avaient tenu éloignés des allées du pouvoir. Giscard attendait son heure pour ramasser la mise. Le début des années 70 marque vraiment une ligne de fracture idéologique, une tectonique des plaques, la grande plaque du communisme entamait sa lente dérive qui la conduirait à sa désagrégation laissant le champ libre à la montée d’une France petite bourgeoise avide de profiter des dividendes de la société de consommation.

Pour autant, cher Raphaël, les bubons de la période précédente n’étaient pas tous crevés : la police restait tenue par une hiérarchie extrême-droitière, cocktail de vieux chevaux de retour collaborationnistes partisans de l’Algérie Française et d’opportunistes issus de la barbouzerie anti-OAS, un vrai cloaque où tous les coups semblaient permis. Le SAC réactivé lors de la grande peur de mai 68 occupait une place quasi-officielle. Dans les grandes entreprises, surtout celles de l’automobile, les milices patronales agissaient au grand jour avec la complicité de syndicats maisons, tapant indifféremment sur les gauchistes ou sur la CGT. L’Université, champ clos d’affrontements, restait hors du contrôle du pouvoir. Tout ça pour te dire, même si ça peut paraître étrange au regard des gens d’aujourd’hui, que tout ce que j’ai fait au cours de cette période n’avait rien d’extraordinaire. J’ai simplement profité de toutes les failles, les espaces ouverts entre les factions, les groupuscules, pour ajouter du bordel au bordel. Quand tout le monde manipule tout le monde il devient plus facile de jouer dans tous les camps sans qu’aucun d’entre eux n’y prenne attention. Si j’ai pu faire tout ce que j’ai fait c’est aussi parce que je bénéficiais de la haute protection du père de Marie : dans les allées du pouvoir pompidolien être adoubé par un réseau affilié aux barons du gaullisme était un viatique très sûr et très efficace. Et puis, en ce temps où l’argent commençait à devenir roi, la part d’héritage de Marie me donnait une indépendance économique et un pouvoir corruptif dont peu de mes confrères de l’ombre disposait. »

Jasmine dans sa nudité matinale venait me caresser la nuque. « Nous devrions rentrer, Paris me manque… » me susurrait-elle. Le soir même nous embarquions tout trois à Poretta dans l’avion du soir car à moi aussi Paris me manquait. Allais-je reprendre mon travail d’écriture ? Je ne me posais même pas la question tant j’avais soudainement envie de renouer avec le présent. À Orly, sous un crachin gras, l’odeur du bitume me revigorait. Le chauffeur de taxi nous baladait dans Paris au gré d’un GPS bavard. Jasmine pelotonnée à mes côtés ressemblait à un oisillon fragile. Raphaël, lui, avait décidé de reprendre pied dans Paris en solitaire et il s’était embarqué dans l’Orly bus de la RATP après nous avoir embrassés. À la Madeleine Jasmine murmurait à mon oreille : « je veux un enfant de toi… »

-         Mais je suis trop vieux pour être père…

-         D’abord tu n’es pas vieux et puis je n’ai pas besoin d’un père pour mon petit je suis assez grande pour l’élever seule…

-         Tu as besoin d’un géniteur…

-         Non, j’ai besoin de toi car je t’aime, je n’aime que toi et je n’aimerai que toi et je veux un enfant de toi mais comme toi tu ne m’aimes pas je n’ai pas besoin de toi comme père…

-         Je n’aime personne d’après toi ?

-         Oui mon beau, ce n’est pas de faute car tu es comme moi tu n’as su aimer qu’une seule personne dans ta vie : Marie.

-         Je n’aurais pas du…

-         La question ne se pose même pas idiot. T’as pas choisi c’est la vie qu’a choisi à ta place c’est tout !

-         Oui et je vais vieillir comme un vieux con solitaire…

-         Tu viendras voir le petit et tu iras le promener au square…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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