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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 00:09

Créer des liens, remailler notre vivre ensemble, créer de nouvelles adhérences, susciter des solidarités, redonner un sens à la citoyenneté, en enfonçant de minuscules coins dans les parois lisses de verre et d’acier brossé des nouveaux maîtres du monde mondialisé. Nous sommes tous, y compris nous les utilisateurs du Net, de grands dépendants des grands systèmes intégrés, le blocage du ciel par le nuage de cendres du volcan islandais nous l’a amplement démontré. Les conséquences d’un soudain affaissement, pour une raison accidentelle ou criminelle, de l’un ou de plusieurs d’entre eux, seraient considérables et entraînerait des troubles graves.

Les habitants des villes ont toujours été dépendants de leurs campagnes pour l’approvisionnement en denrées alimentaires. Sans remonter aux grandes famines, la période de l’Occupation en fut un triste et sinistre exemple. L’image des Halles, Ventre de Paris, était très parlante : c’était au cœur de la ville que les flux de victuailles venaient se déverser. Puis ce fut Rungis, les norias de camions venus du Sud mais aussi du Nord (l’effet gaz naturel/serres) accompagnant, en dépit de la loi Royer, d’abord l’irrésistible ascension de la Grande Distribution et, phénomène normal, sa concentration en une poignée de Centrales d’Achat. Les nouveaux maîtres du « Bien Manger » tiennent le haut du pavé et grimpent tout en haut du classement des Nouveaux Riches.

Dans ce système, amplifié par la normalisation, laminé par le libre-service, brouillé par l’absence de toute saisonnalité, le rayon fruits et légumes est devenu une exposition de couleurs, de rondeurs, de trucs bien lisses, bien nets, sans odeur ni saveur. Comme, face à la main de fer des acheteurs, les producteurs français ont cultivé leur inorganisation, nous en sommes arrivés à la situation actuelle où, comme l’écrit Dominique Granier, les producteurs ne cueillent plus faute de quelques centimes de plus et les consommateurs aux ressources limités n’ont même pas accès à ces produits de consommation car, en dépit des proclamations des grands prêtres du moins cher que moins cher, les prix finaux restent élevés.

Alors que faire ?

Faire !

Mon espace de liberté est à la disposition de ceux qui veulent glisser ces petits coins sur les murs lisses, pour les fissurer, les lézarder, non pour les détruire mais pour qu’ils reviennent à leur fonction première : être de bons épiciers. Utopie ! Rêve debout ! Non, hommes en action comme ces sauniers de Guérande venus dans mon bureau de la galerie Sully me présenter en 1983 leur projet de redonner vie à leur métier. Que n’ai-je entendu de quolibets, vu des sourires entendus, sur ces va-nu-pieds qui osaient s’attaquer aux Grands. Presque 30 ans après, permettez-moi de mettre sous le nez des sceptiques les résultats. Et Dieu sait que le sel est un produit basique. Bref, tout cela pour vous dire que mon hôte du jour, Pierre Priolet, fait parti des Hommes en mouvement, de ceux qui ne courbent pas l’échine, de ceux qui font.

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Comme depuis plusieurs mois, la télévision ne fait pas parti de mon quotidien, non par choix mais faute de temps, la toute nouvelle notoriété de Pierre Priolet n’était pas parvenue jusqu’à moi. Et pourtant il avait réussi à remuer le cynique Ardisson. Mes contacts vauclusiens – merci Pierre L – ont remédié à mon absence de vigilance. Maintenant je sais que Pierre Priolet est agriculteur depuis 1990 à Mollégès : 13 - 15 hectares de poiriers et pommiers. C’est tout près de Cavaillon qui, dans l’esprit des Français de mon âge, rime avec melon. Lorsque je me rends dans mon refuge des Claparèdes « Salen » et que je m’arrête au marché paysan de Petit Palais le samedi je ne suis qu’à quelques encablures de chez lui. Pour l’heure notre contact reste téléphonique.

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L’homme est passionné, sincère, engagé, atypique, dérangeant. Tout son parcours professionnel se situe dans le secteur des fruits-légumes. Il sait donc de quoi il parle : de la production, de la logistique, de la distribution. Lui donner la parole, lui donner l’occasion de s’expliquer c’est apporter à sa démarche ce que vous voudrez bien donner : vos critiques, vos suggestions, votre appui, tout ce que vous voudrez. L’important, pour moi, c’est d’inscrire dans la durée ces petits riens citoyens qui nous sortent de notre immobilisme ravageur. Se prendre en main, participer au vivre ensemble, loin des défilés encadrés ou des opérations de com, c’est redonner un sens à notre difficile vivre ensemble. Notre nourriture, déifiée par les magasines chic et choc, doit aussi retrouver son sens premier par la proximité retrouvée entre ceux qui la produisent et ceux l’achètent. Travail de fourmis certes mais le père Leclerc dans son hangar de Landerneau faisait rigoler tout le monde, alors que ses héritiers se gardent bien de considérer les Priolet ou autres « empêcheurs de tourner en rond » comme des farfelus tout juste bons à faire de l’audience chez mon « grand ami » Guillaume Durand. Je laisse donc la parole à Pierre Priolet et vous rappelle qu’il sera ce soir, à 22H15, sur France 2, l’invité du susdit lors de « L’objet du scandale »

 1ière Question : Pierre Priolet sur votre site www.consommer-juste.fr  vous faites le constat que les agriculteurs-producteurs de fruits, sous la pression de la GD, de la recherche les poussant à l’extrême productivité, de la normalisation européenne vendent plus des emballages que des fruits. Vos « produits » doivent être beaux avant d’être bons. L’apparence prime sur le goût, vous cueillez des fruits pas mûrs qui sont vendus chers. Les nouvelles générations boudent les fruits frais. Face à ce triste constat que préconisez-vous concrètement ?

Réponse de Pierre Priolet : Je préconise que nous devons, nous agriculteurs, retrouver les consommateurs autour de valeurs gustatives, de fraicheurs et non de valeurs visuelles.

Ma démarche est basée sur le fait, qu’aujourd’hui l’accès aux fruits et légumes est interdit à une grande partie de la population, par l’ajout de valeur, qui n’ont rien à voir avec le produit. Je pense aux emballages de plus en plus couteux, répondant à des critères de beauté et de marketing, ce qui met des prix et des marges supplémentaires à des produits pauvres. Pour vendre nos produits correspondants à ces critères, nous devons aussi faire une sélection très importante, qui renchérit encore les prix proposés à la vente.

C’est pourquoi, j’ai créé le concept : « Consommer Juste », qui permet à tous de savoir le juste prix d’une production. Ce juste prix prend en compte le prix de revient du produit, plus 30% de ce prix de revient, qui représente la rémunération et l’investissement du producteur. A ce prix on y ajoute le juste prix du transport ainsi que les frais de distribution.

Lorsque le prix du marché est bon, nous ne lui ajoutons, que les frais transports et distribution. Ainsi lorsque le consommateur va acheter, il saura que son achat est juste. Lui consommateur est respecté et il respecte le producteur.

Je préconise que les cantines scolaires mettent dans les repas des aliments frais et non des aliments déjà traités de manière industrielle, souvent insipides. Ce qui dégoûte notre jeunesse des fruits et légumes. Cela pourra permettre aussi de donner une conscience aux jeunes de la saisonnalité, élément qui a complètement disparu de l’imaginaire collectif.

2ième Question : Pierre Priolet vous avez crevé l’écran récemment : sur le site Médiapart je lis « Samedi soir, chez Ardisson à Canal, il a crevé l'écran Pierre. La télé, c'est le domaine de l'émotion et Pierre Priolet - paysan provençal en phase professionnelle terminale - en a donné de l'émotion. Même Ardisson et son cynisme gouailleur en était remué. Car Pierre a démonté avec clarté les mécanismes d'un système économique qui pousse à la mort la paysannerie française. » Vous allez être l’invité du sémillant Guillaume Durand à « l'objet du scandale » sur France 2 le mercredi 2 juin, à 22h20. Qui êtes-vous donc Pierre Priolet ? D’où venez-vous ? D’où tirez-vous cette incroyable énergie ?

 

Réponse de Pierre Priolet : Je ne suis qu’un homme éduqué, à une époque où nous pensions, que nous devions combattre l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Ce combat a toujours été le moteur de mes actions tout au long de ma vie.

J’ai eu la chance énorme d’avoir une vie pleine et engagée aux cotés du monde agricole. Ma belle famille est composée d’agriculteurs, qui ont toujours été actifs, ont fait et font  parties des responsables dans ce monde agricole.

Après avoir vendu des pommes dans le moyen orient, j’ai été commercial d’une importante coopérative, j’ai vécu la mutation des supermarchés et des centrales d’achats. Ce monde de la distribution est devenu un monde de la finance et toutes leurs actions actuellement ne concernent qu’elle. J’ai compris que la finance n’a pas d’âme, elle est froide et sans cœur.

Après une vie de commerce j’ai eu la chance de devenir, malgré moi agriculteur, ce qui me donne le recul pour repenser notre action.

J’ai compris aussi que l’agriculture est décalée dans notre monde, car elle a besoin de temps et d’espace, ce que n’a pas la société, ni l’argent. Et je suis convaincu que le malaise du monde agricole vient de là ! Nous dépendons de notre territoire,  de la nature exclusivement et cette donnée est très importante à intégrer,  si nous voulons réfléchir à notre avenir, la nourriture n’est pas un marché comme les autres.

 

Donc mon énergie vient du fait, que je ne m’attendais absolument pas à ce qui m’arrive, mais cela me donne une responsabilité très forte de réussir, car beaucoup attendent de moi et de ce que je dis tout haut, ce que déjà beaucoup de gens disaient peut-être bien en avance, mais que personne n’entendait.

Cette énergie ne vient pas de moi, elle m’est donnée, c’est un cadeau.

 

 

3ième Question : Les grands médias, vous le savez Pierre Priolet, ont toujours besoin de nouveau pour émouvoir les foules, faire de l’audience, alors, vous aujourd’hui, qui serez remplacé demain par un autre « cri du cœur », comment envisagez-vous la suite de votre combat ? Avec qui ou contre qui ? Pouvez-vous nous dire avec qui vous avez déjà pris langue pour faire avancer vos idées ? Vous semblez être entendu mais croyez-vous vraiment que les consommateurs urbains soient prêts à changer leurs habitudes d’achats, d’être vraiment sensible à une agriculture de proximité à visage humain ? Reste aussi la question du prix avec l’argument « massue » des partisans du moins cher du moins cher : offrir aux gens qui n’ont pas les moyens une nourriture bon marché. Eclairez notre lanterne Pierre Priolet.

 

Réponse de Pierre Priolet : Vous savez je ne suis pas dupe, je ne suis ni important, ni plus intelligent que les autres. Pour vous en convaincre mon professeur de première écrivait à mes parents, alors que j’avais déjà 20 ans : « Trop nul pour espérer un  jour faire des progrès » ! C’est vous dire.

Les médias m’accordent pour l’instant une tribune, car pour certains ils comprennent, qu’il se passe quelque chose en dehors du politique.

Ils sont aussi conscient de la désespérance du monde agricole et ont aussi de la famille des amis, qui comme nous souffrent, mais ne peuvent pas l’exprimer. Pour ma part, je ne suis qu’une voix parmi les autres, mais je n’en veux à personne. Je me dis que dans notre société actuelle, nous ne sommes pas les seuls méprisés,  ignorés.

Combien de salariés ont donné leur vie à leur société où ils travaillaient et en ont été chassés comme des malpropres, de manière honteuse ou inhumaine. Combien d’hommes et de femmes se sont retrouvés à la rue du jour au lendemain et qui cherche comme des fous du travail, alors qu’ils se font traiter de feignant à longueur d’année.

La liste est longue, mais moi au milieu de tous ces gens, je n’ai pas le droit de me plaindre, car la terre me donne ma dignité, même si parfois elle est bafouée, la terre me permet d’être avec la nature et les plaisirs que j’en ressens me permettent de garder tout de même la conscience, que je reste un homme debout. Elle ne fait pas défaut, contrairement à la société.

Alors pour répondre clairement à vos questions, je dirai que je n’avais rien organisé ni prévu et que je me suis retrouvé malgré moi à la tête de quelque chose qui me dépasse, j’ai reçu tellement d’appels, de messages, de gens très simples et très importants, qui m’ont dit que mes interventions les avaient touchés et qu’ils voulaient faire quelque chose pour moi. Mais j’ai du dire à tous, que ce n’est pas pour moi qu’aujourd’hui je me bats, c’est pour nous.

Je ne savais pas comment répondre de manière individuelle à tous, alors avec l’aide de deux jeunes étudiants en informatique, qui m’ont appelé pour me dire qu’ils mettaient leurs compétences à mon service, j’ai fait les textes et eux la mise en musique et nous avons créer le site : www.consommer-juste.fr, qui  m’a permis de mettre en avant le développement de mon analyse de la situation et mes modeste solutions.

Je ne me bats contre personne, je n’ai pas d’ennemi à titre personnel, car cela ne servirait à rien. Nous sommes dans cette situation par notre faute, par facilité nous avons abandonné notre liberté et nos responsabilités à des gens, qui ont abusé des mandats que nous leur avons donnés volontairement.

Les appels ont été entendus et aujourd’hui j’ai créé une association appelée CONSOMMER JUSTE, pour que nous nous fédérions, afin de reprendre nos vies en main. Donc, avec qui ? Et bien c’est ensemble, tous ceux qui ont cette envie de vivre dignement.

J’ai été contacté par des hommes, avec qui je prépare un été exceptionnel pour nous, aujourd’hui je suis en relation avec toutes les composantes de ce  monde agricole pour réussir ce pari. Le monde politique, contrairement à la société civile, n’a pas vraiment compris ce qui se passe et n’a pas encore réagit, mais je suis sur qu’ensemble, nous pourrons avancer. Je lutte activement contre la vente à perte, contre cette idée stupide qui veut que tout se marchandise.

 

Pour finir j’ai vraiment été surpris qu’autant de consommateurs m’appellent et me confirment mon analyse.

Le prix c’est le vaste faux sujet. Les consommateurs sont aujourd’hui de plus en plus responsables et comprennent que la publicité les abuse, ils comprennent que les producteurs sont mal payés et qu’eux payent des prix complètement ahurissants.

Avec le concept, le label appelez-le comme vous voulez, nous allons recréer un lien entre nous et le consommateur, ce lien c’est la compréhension que le pas cher des supermarchés est en fait humainement très très cher, en chômage, en spoliation et qu’il est fait sur le dos même de leurs propres salariés.

 

Un exemple une pomme qui coute 0.37€ le kilo à produire en brut de cueille, si on lui ajoute 30% cela fait 0.48€ plus les frais en gros 0.50€ le kilo elle sera toujours moins cher qu’en supermarché. D’où mon idée de créer des points de distribution de  producteurs dans les zones à population en difficulté, permettre à des jeunes en désespérance, comme nous, de travailler avec une visibilité de carrière et permettre d’avoir des fruits et légumes ramassés la veille et consommés le lendemain. Ce qui va être une petite révolution. Les consommateurs seront adhérents et les commandes seront passées au jour le jour. On pourra servir les collectivités et pourquoi pas les restaurants du quartier. Il y a tellement de développement que nous avons du pain sur la planche. Le moins cher créateur de chômage et d’exclusion  ne m’intéresse pas, le juste prix identifié  est pour moi un acte politique, en ce sens qu’il permet à chacun d’entre nous de se servir de son POUVOIR d’achat et de refuser l’iniquité.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

lachaise richard 02/06/2010 23:23



enfin un "couillu" bravo



Le rustre 02/06/2010 11:24



Merci de cette interview Jacques.


Mon activité professionnelle m'amène à m'intéresser depuis quelques temps aux circuits courts tels que prônés par Monsieur Priolet.Rendre un lien direct entre le producteur et le consommateur.
Remettre le produit dans son contexte : celui de la terre, celui des méthodes de production.


Un peu partout en Europe, des circuits courts se créent : points de ventes communs, groupes d'achats communs, panniers de terroir, contrats avec les collectivités, marchés femiers. Tous ceux qui
tentent l'expérience arrivent aux mêmes conclusions : travail énorme, obligation pour l'agriculteur d'apprendre de nouveaux métiers (la transformation, la vente, la publicité...), énorme inertie
du client potentiel, qui est parresseux, pressé, pas très argenté et qui donc veut tout pas cher, tout près et surtout avec un large pannel de produits. Oubli complet par le client des saveurs,
des aspects "normaux" d'un fruit ou légume (une carotte, et oui... il peut y avoir de la terre dessus !), de la saisonnalité ou du contexte géographique (comment ? pas d'oranges et de kiwis dans
mon panier...).


Le combat sera rude et long, mais il vaut la peine d'être réalisé. Non seulement c'est l'avenir des agriculteurs qui est en jeu mais aussi : l'environnement, les paysages, notre santé. Et je ne
parle pas de bio ou pas, je parle de recréer un lien direct entre ceux qui mangent et ceux qui créent cette nourriture.


Merci donc, chaque jour, de mettre, un peu beaucoup, ce combat en lumière sur votre blog.



Bourgine 02/06/2010 10:18



Norbert,


Malheureusement, les terrains agricoles vendus pour créer des lôtissements sont légion, les friches nombreuses.........


Régis



mauss 02/06/2010 08:14



Merci de cette interview qui remet bien des choses en place.


Que la vie te soit douce !



Norbert 02/06/2010 08:13



Merci pour cette information. J'ai été faire un tour sur le site et trouvé une utopie assez sympathique, comme l'étaient les coopératives autrefois, celles du "Commerce véridique et social"
des fouriéristes.
Ceci dit, je trouve un peu inquiétant de voir que le financement du système repose sur la vente comme terrain à bâtir de terres agricoles! A l'heure de la lutte contre la pression foncière, ce
n'est sans doute pas très correct.
Par ailleurs, je me demande comment cela marchera en dehors de la belle saison.
Enfin, je crois qu'il faut veiller à une concurrence loyale avec les commerçants, dont on aura tout de même besoin pour le PQ ou même le gel coiffant...



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