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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 08:00

photoMarie3.jpg

Au fur et à mesure que maître de Candole lui contait la triste fin de l’ensemble de sa seule parentèle vivante Marie se mordait les lèvres pour réprimer un cataclysmique fou-rire qui montait en elle. Pour faire diversion, s’empêcher de rire, elle cherchait dans sa mémoire le nom de l’auteur du Roman d’un tricheur dans lequel un type assis à la terrasse d'un café racontait comment son destin fut définitivement scellé lorsque, à l'âge de douze ans, parce qu'il avait volé dans le tiroir-caisse de l'épicerie familiale pour s'acheter des billes, il fut privé de dîner. Le soir même, toute sa famille mourrait empoisonnée en mangeant un plat de champignons. Elle s’exclamait « Sacha Guitry !

- Plaît-il ?

- Rien maître, c’est nerveux...

- Je vous comprends mademoiselle c’est un tel drame !

Le drame pour Marie se situait ailleurs : pouvait-elle décemment aller danser avec son beau militaire alors que cinq gisants, ses seuls parents, se retrouvaient dans les tiroirs d’une chambre froide de l’hôpital Bellan ? Ses neurones crépitaient, elle s’entendait dire « je suis alitée », ce qui était vrai. « Vous êtes souffrante mademoiselle ?

- Oui c’est le cœur.

Le soupir du notaire en disait long sur sa crainte de se voir à la tête d’une succession sans héritier. Marie le rassurait « Ce n’est qu’un petit problème de surchauffe. Demain tout ira mieux. » Maître de Candolle en prenait bonne note avant de s’enquérir du moyen par lequel elle gagnerait Bordeaux. Cette question plongeait Marie dans un abime de perplexité. Même si ça peut paraître étrange elle ne savait pas comment on se rendait à Bordeaux, ni ailleurs, car, chaque fois qu’elle sortait de Paris, c’était en compagnie d’amis qui s’occupaient de tout et elle ne s’était jamais souciée de ce qu’était un billet de train ou d’avion. « Et si j’y allais avec mon vélo ? » À l’autre extrémité Me de Candolle du avaler son dentier car il y eut un blanc assez long. D’une voix qui se voulait assurée il déclarait enfin « Je m’occupe de tout mademoiselle de Saint-Drézéry. J’appelle de ce pas mon collègue Me Burin des pommiers qui vous fera chercher à votre domicile... » Sa réponse claquait, impérative.

- Demain !

- Bien sûr mademoiselle de Saint-Drézéry...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

Luc Charlier 22/07/2011 10:11



L’hôpital Bellan, est-ce là qu’on soigne les chancres, si près des fesses d’Aphrodite d’après Brassens ?



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