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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 00:06

À la mi-carême, mémé Marie faisait des crêpes de deux sortes :

- les bretonnes classiques que nous mangions avec du sucre ou de la confiture,

- les vendéennes : les mêmes passées dans de la friture ce qui les doraient, les boursouflaient, les rendaient craquantes et nous laissaient les doigts bien gras.

En plus elle nous faisait des tourtisseaux qui sont l’équivalent des oreillettes du Sud en plus bourratifs.  

Tout ça avec plein de sucre dessus mais pas de cidre !

La Vendée ignorait le cidre. Normal la Vendée ignorait beaucoup de choses.

 

Ce 19 mars c’est la Mi-carême alors parlons cidre !

 

Au temps de ma présidence – et oui, nul n’est parfait – de l’interprofession des AOC, normandes et bretonnes, issues de la pomme et un peu de la poire, le cidre, dont nous représentions qu’une faible part de la production, me semblait vivre hors du temps, en état de survie. Trop de paille dans ses sabots et une image scotchée à la trilogie chandeleur, mardi-gras, mi-carême : le temps des crêpes, et aux incontournables galettes de sarrasin – chez moi on disait blé noir –  jambon-œuf-fromage bolée de cidre des abords de la gare Montparnasse. En dépit des efforts de certains, tel Eric Bordelet, pour le rendre tendance, ou de la seule grande entreprise du secteur : CCLF pour monter en gamme avec sa marque Intense, il est peu probable qu’un de vos invités arrive dîner chez vous avec une bouteille de cidre sous le bras ou que vous ayez l’idée d’en servir à vos convives. Et pourtant, lorsqu’il est bien fait, et c’est souvent le cas, lire ou relire « Les cidres "industriels" » raflent la mise... » http://www.berthomeau.com/article-15766220.html « Poulet au vinaigre de cidre augeron » http://www.berthomeau.com/article-21223208.html c’est un très beau et bon produit, sympathique, rafraîchissant, des fines bulles et un faible degré ce qui faire devrait de lui une boisson moderne. Tout pour plaire à des consommateurs à la recherche d’un produit festif, simple, et pourtant, sauf revirement récent de la consommation, ça ne décolle pas.

 

Le vin de pomme – traduction littérale du mot basque sagarnoa désignant le sydre introduit, au VIe siècle, depuis la Biscaye, par des navigateurs dieppois en Normandie – n’en finit plus d’espérer retrouver une place plus permanente sur les tables françaises. Le cidre est donc, et reste, essentiellement normand mais, sa popularisation et sa diffusion, sont liées aux crêperies qui sont d’abord bretonnes. À Paris, dans le périmètre de la gare Montparnasse, le cidre résiste, et il est plutôt breton, alors qu’autour de la gare Saint-Lazare, dans les bars, où l’on était petit Calva, et on ne l’est plus. Avant que la SNCF ne naisse, la Bretagne comme la Normandie étaient desservies par le réseau de l’État, mais ces deux belles provinces, voisines pourtant, s’ignorent, se tournent le dos et pour ce qui concerne le cidre, gardent leur particularisme. L’une des marques les plus populaires est bretonne : Loïc Raison. Bref, avec 2 Interprofessions, l’une pour la grosse cavalerie drivée par la Groupe coopératif Agrial, marques Ecusson et Loïc Raison, l’autre pour les AOC, le cidre français ne me semble pas sur le chemin du renouveau et je le regrette.

 

Mais le jour de la Mi-carême je ne vais pas être bonnet de nuit mais vous proposer une confrontation tout à fait pacifique entre l’Ancien Monde représenté par le cidre bouché du Père Jules – Léon Desfrièches était membre de mon Conseil – et le Nouveau Monde, nos cousins de la Belle Province, le Québécois, les inventeurs du cidre de glace, le cidre léger rosé mousseux de Michel Jodoin. Ce n’est qu’un simple face à face, une présentation visuelle, non que je ne veuille pas prendre parti pour ne chagriner qui que ce soit. La raison est beaucoup plus simple : pour que ma chronique soit en ligne pour le jour de la Mi-carême je dois l’écrire la veille donc comme les crêpes et le cidre c’est pour le lendemain, la messe est dites. De plus, je ne suis pas un dégustateur, mais un buveur en situation, je n’allais pas infliger l’exercice à ces 2 belles bouteilles. Bref, je vais, comme d’habitude, blablater pour la plus grande gloire du cidre.

 
















À tout seigneur tout honneur, d’abord : la TRADITION : LE PERE JULES
Maison fondée en 1919 Léon Desfrièches, fils et petit fils, Clos de la Pommeraye propriétaire-récoltant en Pays d’Auge www.leperejules.com/  La bouteille de cidre bouché présentée je l’ai acheté à LAVINIA, 6 euros 10 et elle est à l’image de Léon Desfrièches augeronne sans concession. Chez les Desfrièches le cidre est une passion familiale. En effet, c’est au retour de la 1ière guerre mondiale que Jules Desfrièches s’intéresse au cidre  en vendant essentiellement du cidre en vrac à Lisieux, ses alentours, Rouen et Le Havre. Puis il se met à distiller. En1949, Léon son fils rejoint l'exploitation familiale qu’il reprendra quelques années plus tard et créera la marque “ LE PERE JULES ” en hommage à son père. En 1976, Thierry le fils ainé de Léon (troisième génération) rejoint l'exploitation familiale et en 1979 c’est au tour d’un autre de ses fils Hugues de se joindre à eux. Enfin, en 2002, Guillaume, la quatrième génération, permet à la maison d’afficher Léon Desfrièches, fils et petit fils. À Caen, à l’Interprofession, j’ai bien sûr connu Léon et son fils Thierry qui en étaient membres. Léon me racontait qu’il venait livrer son cidre à Paris, en camionnette, avec son petit-fils. La proximité, la perpétuation d’un savoir-faire familial, le Père Jules est une marque et ce n’est pas pour rien que Lavinia le met en avant. C’est une approche qui se défend et qui, contrairement à ce que certains pensent et écrivent, n’est pas antinomique de celle qui suit. L’important pour un produit, s’il veut garder sa place, se développer, c’est de savoir garder, fidéliser ses consommateurs tout en créant de nouveaux.
























La MODERNITÉ c’est le Québécois
Michel Jodoin : « 
D'abord initié à la cidriculture par son père et son grand-père qui, comme tant d'autres pomiculteurs produisaient du cidre en cachette avant qu'il ne soit légalisé (entre 1921 et 1970), Michel Jodoin parfait ses connaissances en Bretagne, en Normandie, à l'Institut d'œnologie d'Épernay et à l'université de Stuttgart (Allemagne). Michel Jodoin est considéré comme un pionnier de la cidriculture québécoise et sa renommée, vingt ans plus tard, ne fait plus aucun doute.
Toujours à l'avant-garde, il est reconnu pour son sens de l'innovation, ses produits originaux et raffinés ainsi que pour ses installations exceptionnelles. » Pour plus de renseignements reportez-vous à www.kanata.fr/terroir/cidrerie_jodoin.php . Le produit présenté ici est « un cidre léger rosé mousseux, produit selon la méthode champenoise à partir de pomme à chair rouge Geneva, vieilli sur ses lies pendant 15 mois » 7% alc. /vol , acheté à la Cave des Martyrs, au 39 de la rue, 17 euros 50.

 

Comme promis je m’en tiendrai là. Lorsque vous lirez cette chronique j’aurai préparé ma pâte à crêpe puis viendra l’heure du petit coup poignet pour les faire sauter de la poêle. Tout un art ! Et puis, je ferai péter le bouchon. Dans quel ordre ? Secret d’État, l’important : « c’est le Cidre ! » et comme vous êtes des gens curieux vous pouvez, en d’autres occasions, le faire découvrir à vos amis : Ancien ou Moderne ? Les deux mon capitaine !

Vous pouvez, pour celles et ceux qui n'ont pas encore adhéré à l'Amicale des Bons Vivants, aller à la rubrique PAGES (en haut et à droite du Blog) consulter la Wine News N° 48  « Profession de foi de l’Amicale des Bons Vivants » Tous les détails pour adhérer.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Cidre normand 03/04/2013 10:06


Yummm. Vraiment vous avez partagé des informations gentille au sujet de cidre normand. J'aime aussi
trop. En raison du manque de temps je n'ai pas aimé le goût. Mais aujourd'hui, je vais aussi profiter de cidre.

Kitrina Watson 03/04/2013 10:01


Yummm. Vraiment vous avez partagé des informations gentille au sujet de cidre normand. J'aime aussi
trop. En raison du manque de temps je n'ai pas aimé le goût. Mais aujourd'hui, je vais aussi profiter de cidre.

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