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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 08:00

Comme je fais un petit tour en Provence cette semaine vous avez droit au petit Pochon qui n'est qu'une petite fiction pour vous distraire...

Ainsi notre Léon, un vendredi soir, s'embarquait dans un TGV qui faisait escale à Narbonne. Sur le quai la Clairette lui envoyait des baisers du bout de ses doigts fins. Entre eux deux ce qui s'était passé n'appartenait qu'à eux deux et en faire état dans cette saga apporterait au récit sans doute d'excitantes échappées belles, de voluptueuses volutes de légèreté, de celles qui vous effleurent sans laisser de trace, pur moment de pur plaisir, mais nous distrairait par trop de la narration palpitante de la résistible ascension du petit Pochon. Imaginez chers lecteurs, laissez vous aller à cette si agréable aventure de l'esprit. Tout au long de ce premier voyage le petit Pochon pensait que ce serait sans doute le premier et le dernier car il voyait mal comment Lucienne qui dans ses écrits laissait entrevoir le profil d'une femme raisonnable, même si l'audace de sa démarche initiale relevait du panache, pourrait accepter d'entrer dans la peau d'une héroïne de roman.

Au bar du tube d'acier filant à toute allure, tout en ingurgitant un plat réchauffé au micro-ondes, le petit Pochon ne pouvait empêcher son cerveau fertile de tisser un carré supplémentaire au grand patchwork de son histoire. Chaluter dans l'extraordinaire, surfer sur la crête d'évènements dont on est l'architecte, le metteur en scène et bien sûr l'acteur le ravissait. Perdu dans ses rêves éveillés il fut à deux doigts de rater l'arrêt et son débarquement prenait une tournure de largage sur le quai. Lucienne dominait la scène, souriante et élégante dans une robe d'organdi fleurie, avec un charmant bibi à voilette posé sur ses cheveux de jais. Léon gauchement s'avança vers elle. Sans façon elle déposait deux bises claquantes sur ses joues empourprées par sa gesticulation pour s'extraire en catastrophe du wagon et elle s'enquérait, avec un léger sourire, de la qualité de son voyage. Léon fut séduit par le velours du timbre de sa voix et par l'extrême élégance de ses escarpins, chics et de bon goût.

Lucienne, femme de décision, lui proposa, sitôt qu'il eut balbutié une série de phrases passe partout, de se rendre au restaurant pour qu'ils se restaurent. Bien sûr elle le formula bien mieux que cela mais le petit Pochon, tellement furieux de l'indigence de ses propos, l'entendit ainsi et se dit que vraiment il n'était pas à la hauteur ni des évènements, ni de ses ambitions littéraires. Par bonheur, Lucienne le mit à l'aise en lui parlant de la pluie et du beau temps, de tout et de rien, ce qui lui permit de retrouver ses esprits. Sitôt assis le garçon déposait sur la table deux verres de Picpoul de Pinet. Léon levait le sien et lançait " à nous ! " En écho elle lui répondait " à nous deux ! " Le cristal sonnait. Léon se détendait et, avant même d'ouvrir la carte, tout à trac, d'un seul jet, il vidait son sac. Dissert, il expliquait son projet. Lucienne l'écoutait avec un ravissement non dissumulé. La lumière des bougies jetait dans leurs yeux des paillettes et le fil se tissait imperceptiblement entre eux deux.

à suivre...   

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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JUNDT JM 07/06/2006 10:43

rien à voir en fait, je souhaiterais à titre perso saluer un très grand Monsieur de la Restauration française, je veux bien sûr parler de Claude TERRAIL disparu le 01/06...
avec un couple d'amis aussi provinciaux et peu connus des "people" que mon épouse et moi-même,  il y a + de 20 ans, nous nous sommes offerts La Tour...réception extrèmement atentive de M.Terrail, la meilleure table, la plus belle vue, sans parler de l'assiette et du reste...
nous n'y sommes malheureusement pas retournés, c'est une erreur car nous avons sans doute dépensé autant là ou là...en étant relégués à l'étage ou en fond de salle vu notre piètre notoriété...ne citons aucun de ces établissements bien parisiens...
 
merci si vous pouviez en dire un mot !

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