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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 08:00

Au temps du cabinet de Michel Rocard, et ensuite de Cabaroc, nous nous retrouvions, près de St Evroult dans l'Orne, pour passer le week-end de la Pentecôte ensemble. Le prétexte, en dehors de la convialité, était notre participation au tournoi de foot-ball du coin en tant qu'équipe à l'appellation incontrôlée et à l'équipement improbable, sauf lorsque notre ancien patron devenu directeur de la CNCA nous dota du maillot de AJ Auxerre (le CA en était le sponsor). Nos adversaires qui jouaient eux en championnat tous les dimanches nous considéraient comme une attraction et nous assumions dignement notre statut modeste en nous adonnant à une tactique de pure défense. Dans la mesure où pendant les 4 ou 5 années de participation je n'ai pas le souvenir que nous eussions marqué le moindre but l'important pour nous était de ne pas en encaisser. Pour ma part, ancien joueur de basket, je possédais un bon sens du placement qui compensait mon absence de bagage technique et je faisais ainsi l'essuie-glace devant la défense avec un seul objectif : éloigner le ballon le plus loin possible de de la zône de péril. Une année nous avions sollicité un VO (policier des voyages officiels) pour garder notre cage. Tout pour la défense avec malheureusement l'allergie de certains de nos coéquipiers pour la pratique du hors-jeu : l'un d'eux aujourd'hui patron d'un grand groupe me faisant observer qu'il ne voyait pas l'intérêt de remonter le terrain alors qu'il lui faudrait sitôt redescendre. Logique imparable d'un polytechnicien. On mouillait le maillot pour l'honneur et nos groupies jouaient les pom pom girls sur la touche.


Le soir venu, fourbus, meurtris, avec la complicité du boucher local, nous nous adonnions au plaisir du barbecue. Pendant la cohabitation 86-88, nous nous retrouvions comme des poussins égaillés, parfois Michel Rocard venait nous rendre visite sur la touche, et moi étant à la SVF je me faisais prosélyte de notre produit en organisant pendant nos grillades une dégustation, pour un groupe choisi, de grandes bouteilles. Je demande humblement pardon aux grands prêtres du vin de cette incongruité : un grand cru sur une saucisse grillée est un péché mortel que j'ai commis sans remord. Ca c'était le must. Ensuite l'ambiance festive aidant venait le temps de l'eau chaude chère à notre boucher en particulier et aux normands en général. Par bolées conséquentes, tout le petit peuple des technocrates parisiens, s'envoyaient la dite eau chaude servie par le débiteur de bovins du haut de son mètre 80 et de son double quintal. Au milieu des pommiers, dans le crépitement des braises du feu, le Calvados se noyait dans l'eau et nous préparait à une bonne nuit de sommeil peuplée de rêves de montées offensives ponctuées de passes décisives ou d'une tête plantée au premier poteau à la suite d'un corner...


Et dire que Claude Evin était un rocardien du premier cercle...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

tchoo 06/06/2006 14:19

Mais que lui avez-vous fait boire à ce pôvre Clauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuude!???????????????

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