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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 08:02

Jour férié ou pas, je ne sais pas, alors je fais comme si et je vous propose la suite de mon récit de pure fiction qui je le constate vous laisse sans voix si je puis m'exprimer ainsi...

La Claire Fougère, ravie, lui décochait un sourire force 7 appuyé d'un battement de cils aérien qui l'élevait au-dessus du commun. Alors, sur son petit nuage, le jeune Pochon, bercé par le propos convenu du chef de cabinet, se laissait aller à penser, non aux charmes exquis de sa nouvelle protégée, mais à la propension de son géniteurà prendre ses semblables pour de vulgaires pions que l'on place et déplace à sa guise, en fonction de ses intérêts, sur le vaste échiquier de l'influence ; du calcul rien que du calcul jamais une parcelle d'attention affectueuse. Dans sa petite tête enluminée par l'irruption de la belle Claire, il répertoriait l'art et la manière avec lesquels Gustave Pochon avait su décrocher trois cravates de commandeur donnant au revers de son veston des allures de maréchal de l'ex-empire des soviets, remettre une foultitude de décorations à une cotriade de récipiendaires béats, délivrer autant de discours, passer son temps à déjeuner et dîner en ville, être toujours du bon côté du manche, conseiller l'un, appuyer l'autre, ménager la chèvre et le chou, pour en définitive se tromper souvent et, tout compte fait, n'avoir jamais vraiment agi pour son compte laissant ainsi aux autres le soin de se mouiller.

Et c'est ainsi que dès le lendemain, en position de détaché, Léon Pochon gagnait le bureau qui lui était affecté pour initier la belle Fougère aux mystères de la dévolution des médailles et aux méandres du courrier adressé à monsieur le Ministre. Tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes car la petite était espiègle, vive et surtout affichait un désintérêt notoire pour la gloriole et le piston, fond de commmerce du bureau, ce qui laissait au jeune Pochon tout le loisir de décortiquer la mécanique des honneurs. Clairette - le petit Pochon l'appelait ainsi - scotchée à son Ipod, se contentait de pourvoir à l'intendance et de, au terme de la journée de labeur, le tirer au-dehors pour l'entraîner vers des lieux improbables où des groupes déjantés se la pétaient grave en dépotant des tonnes de décibels pimentées de dialectes zupiens ou britishiens ou les deux ensemble.

Pour autant, la petite, propre sur elle, ne jouait pas les zonardes, elle allait, disait-elle, respirer un autre air avant de s'engager dans une ONG alter quelquechose ou de se présenter au casting de la Nouvelle Star. Clairette n'était pas trop fixée sur son avenir et elle appréciait à sa juste valeur la prévenance et les attentions du petit Pochon. En after - fête après la fête - la tête posée sur son épaule elle lui disait de sa voix au timbre net " allez Léon, sois gentil, parle moi de Lucienne... des vignes... de la vraie vie... tu racontes si bien... fais moi plaisir mon Léon d'amour dis-moi encore une fois comment tu vas devenir un des grands chefs sioux du Sud... " Vous l'avez compris, le petit Pochon avait très vite vendu la mèche à la petite Fougère qui l'avait de suite vivement encouragé à transformer ses rêves en la réalité. Alors Léon, qui ne refusait rien à sa belle Fougère, se laissait aller à conter ses nouvelles aventures. Clairette, qui s'était mis au blanc limé, buvait ses paroles dans un doux ravissement.

à suivre 

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