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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 00:05

Du fait de la profession de mon père, entrepreneur de battages et de travaux agricoles, la salle commune de la maison familiale, ancienne auberge autrefois, située à l’entrée du bourg, voyait défiler beaucoup de monde, surtout les jours de foires et marchés. Chez moi on ne poussait pas les gens à boire mais, selon le degré d’intimité avec ceux qui passaient, deux formules rituelles étaient de rigueur : « vous prendrez bien un verre… » pour ceux que l’on connaissait bien et, pour les autres, les notables surtout, une forme de reproche gentil « mais vous n’avez même pas bu quelque chose ! » Comme l’écrivait l’ethnologue Claude Lévi-Strauss en 1974, le vin n’a pas seulement une valeur nutritive c’est une boisson à consommer ensemble. C’est d’autant plus vrai de nos jours où le vin plaisir s’est substitué au vin quotidien.

La légende veut que Dionysos ait offert le vin à Icarios en récompense de son hospitalité. Presque partout dans toutes les cultures et à toutes les époques, nous trouvons le vin associé à l’hospitalité. Mot un peu tombé en désuétude l’hospitalité. Serait-ce que son contraire, l’hostilité, dont il serait étymologiquement dérivé, a pris le pas ? Bien sûr, certains esprits chagrins, du type Chabalier, affirmeront que l’offre de boire peut être dangereuse et que  le refus de boire n’est pas une offense. Je peux en convenir comme je suis prêt à admettre que le héros de René Fallet dans Beaujolais Nouveau  lorsqu’il affirme « T’es en France, mon gars, et en France on boit le coup quand on a quelqu’un à la maison, on n’est pas des sauvages ! Vide-moi ça cul sec, c’est du nanan. […] Le canon, faut comprendre aussi que c’est pas seulement du pinard mais de l’amitié. » sent un peu le folklore piccolo. Pour autant, l’asepsie ambiante, la froideur ou l’absence de chaleur humaine, le chacun pour soi et le chacun chez soi, nous font basculer dans une société inhospitalière.

Que ça déplaise ou non à nos détracteurs l’un des antidotes puissant pour contrer l’émergence de ce monstre froid, normé, enserré dans des préceptes intangibles édictés par les « gardiens » de notre Santé Publique, c’est la promotion du bien-vivre ensemble. Et le bien-vivre ensemble c’est à nous, pas à eux, de le définir, de le bâtir. Et le vin fait partie du bien-vivre, qui peut le contester ! Les causes de l’alcoolisme se situent ailleurs, dans le mal-vivre, le désespoir, la solitude et les difficultés économiques et sociales. Quand j’entends seriner par les radios et les télévisions que le lobby viticole à fait reculer la puissance publique dans sa juste lutte contre l’alcoolisme les bras m’en tombent. Sont-ce des journalistes ou de simples haut-parleurs des peurs de l’époque ? Font-ils encore le métier d’informer ou est-ce que leurs à priori privés prennent le dessus sur l’objectivité ? Le vin et les vignerons sont des boucs émissaires commodes, faciles à stigmatiser, j’écrirais même que ce lobby blanc se sert d’eux comme des leurres pour masquer son impuissance. L’irruption du binge drinking, ce shoot violent, destructeur, montre à l’évidence qu’ils sont toujours en retard d’une guerre.

 Suivez mon regard seule l'adhésion à l'Amicale des Bons Vivants est le  geste qui sauve notre bien vivre ! Pensez-y un petit clic http://www.berthomeau.com/article-28670551.html et venez vous joindre au réseau de l'ABV avec vos amis...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Gwenaël Thomas 13/03/2009 23:05

Votre article autant que le commentaire de Michel Smith me pousse un peu plus dans une de mes réflexions récurrentes : je m'interroge beaucoup sur l’idée même du lobby viticole. De son existence, de sa légitimité, de son rôle, économique comme sociétal. Mais la question est soigneusement éludée par les médias.

C’est loin d’être abouti, mais voici ce que je peux piocher ce soir sur internet.

« En anglais, lobby est un couloir, un vestibule. Vers 1830, en Angleterre, "lobby" désignait les couloirs de la Chambre des communes où les membres des groupes de pression pouvaient venir discuter avec les parlementaires. »
Si je m’en tiens à cette définition du lobby, alors banco, vive le lobby viticole. Mais au fait, où est-elle la discussion ? Le lobby-discussion viticole existe-il bien ? Il faut admettre que cette idée du lobby est tout de même très loin de la représentation collective du lobby à la française. Oublions donc ce premier aspect.

« Duper l'opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom : le lobbying. »
Et là je me dis qu’on se rapproche de notre image du bon vieux lobby. Tout y est : duper l’opinion, faire plier les autorités, l’intérêt des … grands groupes industriels. Ah ? la viticulture, un grand groupe industriel ? De l’intérieur, ça n’y ressemble pourtant pas du tout : une mosaïque d’identités, de personnalité, d’envies, d’expression, d’idées, d’idéaux, de conviction, d’objectifs, de réussites, tout autant économiques que sociales, … et de difficultés aussi. Rien à voir avec la filière ou le grand groupe, marchant d’un seul pas et parlant d’une seule voix.

Ce qui me semble le plus significatif est une simple définition du lobby comme groupe de pression. Pour défendre ses intérêts. Quoi de plus cohérent et respectable ? Les médias devraient arrêter de fantasmer sur le lobby viticole et de colporter des idées fausses sur les vignerons et autre amateurs de vin. En faisant l’amalgame entre la défonce à l’alcool fort et la consommation raisonnable de vin, et parfois régulière, ou bien entre l’industrie des alcooliers et la production viticole de terroir à la française, certains journalistes ou idoles des médias désinforment et dupent même l’opinion. Plus grave à mon sens, ils confondent cause et conséquence, jusqu’à en vider de sa substance les fondements même de la loi Evin : la lutte contre l’alcoolisme (lutte à soutenir, bien évidemment).

Michel Smith 13/03/2009 08:45

Lorsque mes confrères, journalistes dits "généralistes", accordent une place importante voire démesurée aux discours et rapports anti alcool, ils font preuve d'une grande naïveté. On s'en tient à une vision archaïque et simpliste du métier d'informer qui consiste à accorder plus d'importance à tout ce qui se présente comme discours "officiel" émanant d'études elles aussi "officielles" pour la simple raison qu'elles ont été en partie ou totalement payées ou subventionnées par l'État, c'est à dire Nous. C'est de l'info à sens unique qui va à l'encontre de ce que les grands journalistes des années 50/60 m'ont enseigné. Les quelques associations qui soutiennent le vin et l'univers vigneron font figure de groupes folkloriques muets en dépit de leurs gesticulations vaillantes mais désespérées. Le monde du vin n'aura la parole du contre pouvoir que si on lui accorde dans les sphères journalistiques un crédit "officiel". Ce n'est pas encore le cas, hélas, faute de se faire subventionner par le ministère de la Santé, mais à force de lobbying, de pressions auprès des rédactions qui comptent, les vignerons arriveront à faire entendre leur propre voix. Il en ira de même si les groupes de pression (l'ABV) s'imposent face aux extrémistes qui prônent vie triste et abstinence. Face au lobby des associations officielles, le lobby vigneron (ou viticole) allié au lobby des jouisseurs de la vie - et surtout pas le lobby de l'alcool (synonyme d'alcoolier, d'alcoolisme) - doit s'organiser avec des portes paroles chapeautés par d'efficaces attachés de presse capables de forcer les portes des rédactions pour faire entendre les réalités du vin dans notre société. Contre le shoot alcoolique, face aux peureux de la vie, il faut persister et signer dans la remise en valeur d'un discours de convivialité, de savoir vivre, de bonne humeur, de culture. C'est vrai, tout cela paraît naïf, mais lorsque je vais en Espagne, au Portugal ou en Italie, les magazines, les journaux, les télévisions, les décideurs (politiciens) et les radios accordent au vin la place qu'il mérite dans des sociétés proches de la nôtre. Une place normale. C'est pour cela que je me tourne de plus en plus vers l'Amicale des Bons Vivants ou vers d'autres associations à caractère philosophico-culturel style SlowFood où l'on sourit aux vins, mais aussi aux huiles d'olive, aux charcuteries, aux pains, au lieu de les fuir. SlowFood en Italie publie des livres, organise des manifestations autour du goût, éveille les sens, attribue des labels aux villes ou villages "slow", recense les bonnes auberges du pays, les producteurs authentiques. Dès qu'il y a un débat public sur l'alimentation ou sur le vin, c'est à son président, Carlo Petrini, que l'on fait appel pour venir à la télé ou pour donner son avis dans un article. Et pendant ce temps d'autres associations du goût prospèrent et se multiplient. La flamme du bon goût s'impose ainsi dans un pays où il a toujours été le moteur de la société. Avec ces associations, je m'efforce de n'exprimer qu'une seule peur, de n'avoir qu'un seul discours : un monde sans vignerons serait un monde sans plaisirs, une coquille vide de sens, de goûts, un univers frileux, inhumain, exempt de diversité. Tout cela est dit de manière un peu maladroite, je vous l'accorde, mais ensemble faisons pression pour une vie saine et conviviale. Amicalement, cela va de soi.

JACQUES BERTHOMEAU 13/03/2009 08:55


Merci Michel,

Je souscris à 100 %  l'Amicale sera très pro avec parmi ses membres des communicants, des leaders d'opinions, quand nous aurons constitué notre réseau nous labourerons profond et nous serons
entendu.
J'ai expérimenté après mon rapport de 2001 où tous les grands médias m'invitaient me citaient et comme je l'avais dit à la conseillère de Gaymard qui en prenait ombrage "je n'ai pas d'attaché de
presse" mais comme tu le dis j'étais une référence officielle
Amicalement vôtre


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