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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 00:03

 

Le Mermoz cadrait bien avec le public de la croisière, son luxe copié, parfois avec bonheur comme pour tout ce qui touchait la table, sur les transatlantiques mythiques se complaisait dans le toc petit bourgeois. Les Frenkel avaient mis les petits plats dans les grands pour séduire les rentiers. Ces cons pensaient sans doute que le couple les régalait sur sa cassette personnelle alors que, bien sûr, ils le faisaient sur leur bas de laine. J’ai toujours été fasciné par l’acharnement des à grippe-sous à grappiller, à vivre sur les autres, à accumuler, à compter, besogneux, méfiants et âpres, paraissant insusceptibles de se laisser aller à céder à la séduction d’aventuriers vendeurs de pacotille. Et pourtant, la perspective d’un taux à deux chiffres, dans le confort et la « solidité » d’un statut juridique chanté par les  gnomes de la rue de Rivoli, leur faisait abandonner la plus élémentaire prudence. Les fourmis devenaient lucioles autour des feux de l’or. Les rombières éblouies exhibaient même leur quincaillerie sur leurs poitrines molles et autour de leurs doigts boudinés. Leurs vieux coqs, semblables à des chapons enserrés dans des costumes trois pièces qui sentaient la naphtaline, profitaient de l’aubaine pour mater sans vergogne les quelques dames tarifées embauchées pour l’occasion par le couple infernal. La volaille dodue s’offraient sans résistance, le croupion frétillant et la crête enflammée, aux mains agiles des aigrefins pour se faire plumer en dansant sur des valses de Strauss. Et moi je me retrouvais démuni face aux assauts de la belle Angéline qui voulait valser dans mes bras.

 

Riez ! La bonne chère et le vin du dîner m’emplissaient d’une douce béatitude et, comme souvent, lorsque l’on se retrouve sans défense, béat, démuni, un chapelet de petits ou grands désagréments vous tombe dessus vous laissant dans un état proche de la charpie. Alors que je m’apprêtais à rejoindre le fumoir pour m’offrir, le cul lové dans un profond Chesterfield,  un Monte-Cristo n°5, Angéline glissait son bras nu sous le mien et m’entraînait aux bords de la piste de danse où déjà quelques couples valsaient avec une légèreté qui contrastait avec leur embonpoint. « Faites-moi danser ! »

-         En dehors du rock je ne sais pas danser…

-         Sous entendu va te faire voir vieille taupe !

-         Faux, je n’ai jamais pu enchaîner les pas de la valse ça ne m’inspire pas.

-         Et moi je vous inspire ?

-         Oui.

-         Prouvez-le !

Je commandai une bouteille de Cordon Rouge millésimée et nous allâmes nous poser en retrait sur un canapé à deux places. Je cherchais Chloé du regard sans la trouver. Le parfum capiteux d’Angéline me donnait envie de gerber. Elle venait de poser sa main sur le gras de ma cuisse. Il me fallait à tout prix donner le change.

 

La Bérézina s’avançait à grands pas mais je ne le pressentais pas tous en progressant, avec une fausse légèreté, dans la coursive qui menait à la cabine d’Angéline. Rien ne laissait présager la débâcle. Tous mes attributs semblaient en ordre de marche. Les bulles alliées aux doigts experts d’Angéline me maintenaient à la bonne pression. Tel un étalon dédié à la monte publique je me sentais apte à remplir ma fonction. C’était sans compter sans la vision qui s’offrit à mes yeux lorsque, avec une fougue non feinte, je délestais celle que je devais honorer de son bustier. Les seins libérés de leur soutien filaient, tels des outres à moitié vides, pendouillaient flasques et ridés. Ma fermeté virile me fuyait à la seconde. Pour la ranimer je me ruais pour découvrir ce qui restait encore couvert. Espérance déçue par une culotte de cheval de belle envergure agrémentée des vagues molles d’une peau d’orange blanchâtre. Je savais déjà ma défaite consommée. Elle, à genoux, s’employait avec ardeur à ranimer ma hampe proche d’un drapeau en berne. Elle y parvint. Je la basculai sans ménagement sur le tapis. J’aurais du fermer les yeux. Au lieu de cela j’eu des visions de mottes de beurre avant de sombrer corps et biens. Ce qui me sauva de la déroute totale c’est que je me laissai choir aux côtés d’Angéline et que, dans un dernier sursaut de volonté, j’entrepris de la caresser là où toutes les femmes aimaient qu’on les caressât. Très vite je sentis que j’allais transformer ma honteuse défaite en victoire. Angéline se révéla être une femme fontaine éruptive.

 

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