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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 09:46

C'est le retour du cheval de labour, Olivier Pichaud et "Joyeux" son cheval font la une des journaux. Pour moi ça tombe bien car j'avais en magasin une petite chronique où se mêlent un peu de ma vie et l'actualité. Ceux qui me lisent régulièrement savent que de 1988 à 92, au cabinet du Ministre, je suivais le dossier du cheval dans tous ses états. Pas très évident de convaincre un Ministre de l'Agriculture de se préoccuper de ce secteur d'activités sauf que, les Courses via le PMU alimentaient le Fonds d'adduction d'eau des communes rurales, les Haras Nationaux, et que l'élevage du pur-sang et du trotteur pèse assez lourd dans certains départements.  

Bref, je convainc H.Nallet de se rendre au petit matin à Chantilly : la piste des aigles, le roulement sourd des chevaux au galop, les naseaux fumants, le jour qui se lève au-dessus des bosquets, la fine fleur de la Société d'encouragement, des entraîneurs et des propriétaires... Seul problème : le speetch du Ministre à ce petit monde très huppé, le nègre que j'étais, pour faire l'intéressant, en chute des propos ministériel, lui fait proposer la création d'une Journée Nationale du Cheval dans le sillage Languien des Journées de la Musique, Patrimoine... Applaudissements... Moi, naïvement, je pense que sitôt dit, sitôt oublié. Faux, je dus m'y coller, fonder une association, en être le Président et organiser cette foutue journée. J'y reviendrai dans un blog car ce fut une expérience extraordinaire dans la mesure où le monde du cheval en France est à l'image de celui du vin, parcellisé et plein de présidents.

Bref toujours, le point fort de cette 1ere Journée du Cheval, septembre 1990, ce fut une grande Fête aux Tuileries avec le plus grand paddock de France : toutes les races, toutes les activités et ce fut un triomphe populaire : 150 000 personnes sur le week-end sans grande publicité. A ma grande surprise, même si le quadrille des lanciers de la Garde Républicaine fut très prisé, et le laché des petits chevaux camarguais un must, ce qui passionna le plus le public ce fut le débardage du bois par les chevaux lourds : Boulonnais, Percheron et autres.

Alors quand j'ai lu l'interview de Gérard Gauby dans The Ecologist de mars " Nous utilisons des chevaux pour le labour. Un salarié à temps plein prend soin des animaux et les utilise pour labourer le sol et ôter les mauvaises herbes. On pourrait certes les éliminer avec un herbicide, mais cela détruit le sol. On pourrait aussi utiliser un tracteur qui n'exige qu'un seul passage.Avec un cheval, il faut cinq passages. Il faut quatre heures pour labourer un hectare, soit dix fois plus de temps que le tracteur. Mais l'avantage du cheval est que l'on risque moins de renverser des pieds de vigne et le sol ne se tasse pas comme au passage du tracteur. En effet, quand le sol devient compact, les racines ne respirent plus et la vigne ne peut plus se nourrir. Elle s'affaiblit et devient alors vulnérable aux maladies et aux insectes." je me suis dit que c'était là un beau sujet à mettre sur la belle table de nos grands vins.

C'est un sujet qui fâche. Pour autant je pense qu'il faut le traiter hors les chapelles et les anamathèmes, dans une optique de création de valeur : environnement, paysage, tourisme, emploi, captation de fonds européens... ne pas opposer des modèles irréductibles mais additionner nos forces... Comme je l'écrivais dans l'un de mes premiers blogs dans la rubrique " Décavaillonneuse " avec pépé Louis et Nénette la jument nous étions des protecteurs de l'environnement sans le savoir mais notre temps valait zéro, lui était Vieux moi je rêvais d'un avenir où je mènerais le monde en n'oubliant jamais le chant des oiseaux nichés dans les impénétrables buissons de mon bocage vendéen... 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

S. COUREAU 03/05/2006 00:09

Ah le cheval ....
Mémorable souvenir de mon enfance, que ce brave "ponpon" tirant la charue il me semble que c'est a des années lumieres ... et pourtant je ne suis pas
Bien sur que ce respect de la nature ce refus des désherbants de ces molécules qui tuent à long terme le sol ça me plait, mais à part quelques irréductible en voie de disparition la viticulture moderne a balayée tout ça ...
Vous ne déserbez pas en automne, vous voila condamné à décavaillonné, et puis l'herbe sous les pieds ça fait mauvais genre, ça fait vigne mal tenue ... par les temps qui coure c'est pas bon d'aller à contre courant, les places son chère dans le petit monde des AOC .... la tentation malthusienne condamne ces francs tireurs .... hélas.
Dites moi Jacques vous qui avez des idées vous croyez que les survivants du Cheval dans les vignes on une chance de faire du commerce équitable comme les petits noirs en Afrique ?

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