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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 00:03

Le retard pris ne se rattrape jamais, ceux qui ont lu mes 2 chroniques précédentes sur "Mes Riches heures en Bourgogne" sur Alain Hasard et Claire Naudin  http://www.berthomeau.com/article-24744971.html  http://www.berthomeau.com/article-24770743.html le savent, nous étions en retard et, comme je déteste attendre je n’aime pas me faire attendre. L’exactitude est, dit-on, la politesse des rois, mais c’est surtout le respect du temps des autres. J’avais rendez-vous avec Pierre-Henry Gagey qui dirige la maison Louis Jadot, sise à Beaune. En poussant la petite porte, ornée d’une simple plaque : Louis Jadot, qui donne sur la cour pavée du siège social, je repensais à l’appellation tombée en désuétude de certaines maisons de commerce : maison de confiance, et je me disais que cela allait comme un gant à cette maison fondée par Louis Henry Denis Jadot en 1859. Négociant-éleveur. « Dans son dictionnaire du monde rural »: les mots du passé Marcel Larchiver à : éleveur écrit « celui qui élève les bestiaux, les chevaux/ Celui qui s’occupe d’amener les vins à leur parfaite maturité » vous noterez que pour le vin tout le soin – même si mon grand-père prenait un soin extrême de ses bœufs pomponnés comme des mannequins avant un défilé – une forme d’attention que je qualifierais de maternelle. Mais, si vous me permettez ce parallèle osé, les maisons de Bourgogne élèvent à la fois leurs propres enfants et ceux qu’ils ont adopté. Le morcellement de la propriété donne à l’assemblage toute son utilité et aussi sa noblesse.

 

La Bourgogne, dans ma vie antérieure, n’a jamais été une terre de mission alors c’est pour moi une terra incognita. J’apprends, j’écoute, c’est très agréable d’apprendre et d’écouter. Converser aussi, et Pierre-Henri Gagey fait parti de ces hommes avec qui il est très agréable de converser. L’homme est ouvert, avec lui on parle de tout, pas que du vin, et c’est agréable. Courtois, fin connaisseur des choses et des hommes du vin, attentif aux tendances des grands marchés tout en maintenant le cap de la tradition d’une maison offrant toute la palette des appellations de la grande Bourgogne, des grands crus aux appellations régionales. Les Gagey, d’abord le père de Pierre-Henry qui dirigeait la maison Louis Jadot depuis 1962 jusqu’au moment où il passera le relais, en 1962, à son fils, ont forgé l’état d’esprit de cette maison de confiance qui se veut et se vit comme l’expression d’une Bourgogne tournée vers le futur et fière de ses origines. En traduction moins lyrique c’est : une excellence jamais démentie, une seule marque, une seule étiquette, une volonté de croissance raisonnée et profitable. Pierre-Henry Gagey insiste sur cette équipe qu’il a formé, c’est sa patte car, comme il le dit, son objectif, lorsqu’il a succédé à son père était de « poursuivre et d’essayer d’améliorer le modèle qui avait été mis en place par trois générations. Ce modèle fonctionnait parfaitement. » Dans mon langage pas toujours policé c’est « tout pour l’entreprise » ce cercle vertueux de l’argent gagné réinvesti dans la maison. Et, pour ceux de nos amis qui voient dans nos grands voisins étasuniens que des grands méchants loups, la maison Louis Jadot reste une maison familiale tout en appartenant à une famille américaine : les Kopf. Plus précisément trois sœurs américaines amoureuses de la Bourgogne. En ces temps de désordres nés d’une forme dématérialisation, d’un excès de virtuel, d’une distance trop grande avec le sens de l’activité humaine, il est réconfortant de trouver des hommes et des femmes pour qui le temps, la confiance, la continuité sont fondateurs de création de vraie richesse www.louisjadot.com/  

 

L’heure de la dégustation approchait et toujours ce retard qui me plombait. Cécile Monthout me conduisait jusqu’au saint des Saints où nous retrouvions Jacques Lardière. Pas le temps c’est un péché mortel que même un acte de contrition et une absolution ne peuvent effacer. Il me fallait repartir vers ma ville capitale. Je reviendrai, bien sûr, avec du temps cette fois-ci. Cependant ça me turlupinait avant de commencer d’écrire cette chronique et puis, comme souvent chez moi le hasard a bien fait les choses, en l’occurrence un livre de Jean-Claude Ray au titre provocateur « Vignerons Rebelles » aux éditions Ellébore que je feuillette en marge d’une dégustation des vins de Savoie tout près de la Place des Victoires, chez « les Fines Gueules ». Je feuillette et je tombe sur, je vous le donne en mille, sur Jacques Lardière. J’achète et je vous livre, comme on dit dans la presse avec pignon sur rue, les bonnes feuilles.

 

« Comment décrire Jacques Lardière ? Face à lui, on a un peu la sensation d’être devant un sage dont on ne comprend pas toutes les paroles mais dont on a la certitude qu’il détient une vérité essentielle : celle de la transformation du raisin en un liquide chargé de mystère que l’on nomme vin.

Jacques Lardière est le maître de chai de la prestigieuse maison de négoce Jadot à Beaune, qui distribue les plus grands crus de la Bourgogne et du Beaujolais. Jacques n’est donc pas vigneron, il n’a que (!) la responsabilité de la vinification des raisins qui lui parviennent de toute la Bourgogne. Le résultat fait de Jacques Lardière le maître absolu de cette discipline.

Vendéen d’origine, il a été happé par le terroir bourguignon, possédé par lui, il est désormais à son service exclusif, il en a fait un absolu. Car ce terroir est unique en son genre. Pour Jacques Lardière, c’est la combinaison d’une géologie et de jets énergétiques provenant du sous-sol, jets dont la fréquence, qu’il nomme « orthofréquence », crée des conditions locales spécifiques donnant naissances à des appellations. Insistons bien sur le vocabulaire : il n’y a pas, en Bourgogne, des terroirs, mais un terroir, véritable matrice, qui rend possible la déminéralisation de la roche en faveur de la vigne et de son fruit. Surgissent alors, sur ce territoire singulier, des expressions, grâce à deux cépages privilégiés, le pinot noir pour les vins rouges et le chardonnay pour les vins blancs. »

 

La suite est à lire dans le livre bien sûr. Pour l'anecdote la RVF place Jacques Lardière à la 66 ième place de son Top 100.

Bon, que voulez-vous, je suis fait comme ça : un je n’aime pas être en retard, deux je déteste donner le sentiment d’être pressé et trois, surtout, je suis très mécontent contre moi-même lorsque je passe à côté des choses essentielles…

Dans le Top 100 du Wine Spectator’s 2007 $22 Louis Jadot Moulin-à-Vent Château des Jacques 2005 .

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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