Samedi 22 novembre 2008
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« Le Bien public » de Dijon titre : - 26,42 % la pièce : dans l’incertitude du marché. En un temps où la scansion de l’information épouse les cours des
Bourses de valeurs qui descendent aux enfers la Vente des Vins des Hospices de Beaune en serait-elle réduite à n’être que le pouls des futurs cours des vins de Bourgogne ? « Charité ou
marché ? » s’interroge en fin d’article le rédacteur ? Alain Suguenot,
maire de Beaune, et président du CA des Hospices, rappelle que « la vente des vins est avant tout une vente de charité. Il ne faut pas l’oublier. » Pour ma part, sans m’aventurer sur un
terrain un peu difficile, je partage l’analyse judicieuse d’Albéric Bichot – acquéreur de 70 pièces – qui souligne que l’on revient à des cours plus raisonnables. En effet, souligne-t-il «
les rouges avaient augmenté de 37% en 2007 et on avait constaté une hausse de 54% au cours des trois dernières années. » Pour clore ce chapitre mercanti, dans un système d’enchères
internationalisées, en temps réel, par Christie’s, la morosité relative des enchères me semble être à l’image des incertitudes qui planent sur l’économie mondiale.
Le grand moment de la Vente, reste, et c’est heureux, la vente à la bougie – comme au bon vieux
temps - du tonneau que, depuis 1945, les Hospices de Beaune mettent aux enchères pour soutenir une ou plusieurs œuvres caritatives. On la dénommait « pièce de charité » c’est désormais
la « pièce des présidents » : cette année Jean-Pierre Marielle et Michel Blanc, flanqués de Sophie Vouzelaud 1ière dauphine de Miss France, une frêle et volontaire jeune
fille affectée d’une surdité de naissance. Cette année cette pièce était un Pommard 1er Cru « Dames de la charité ». JP Marielle soutenant la Ligue contre le Cancer et Michel
Blanc lui l’association Enfants d’Asie qui vient en aide à plus de 8000 enfants, orphelins ou en situation de détresse au Cambodge, au Laos, au Vietnam et aux Philippines. Des deux, Michel Blanc,
fut celui qui trouva les mots et parut réellement ému lorsqu’il évoqua son voyage à Phnom Penh pour rendre visite à sa filleule de 20 ans.
Mon voisin, de l’autre côté de l’allée, avait bien avant l’interruption pour la vente de la
« pièce des présidents » avait attiré mon attention. L’homme, comme seul savent le faire les écossais, arborait sans ostentation mais avec une élégance surannée, le traditionnel kilt
des Highlands, les grandes chaussettes sur
des Richelieu gold impeccables. J’avoue que, en loucedé, avec mon IXUS, je l’avais photographié. À ma décharge j’ai toujours eu un faible pour les
écossais lorsque j’allais assister aux matches du Tournoi des V Nations au temps où ils se déroulaient au Parc des Princes. Les France-Écosse se déroulaient toujours dans une ambiance bonne
enfant, avant, pendant et après. Les supporters écossais, pour la plupart en costume traditionnels, sont parmi les plus gros buveurs de bière paisibles de la planète. De plus, à l’époque, leur
maillot bleu marine frappé du chardon était avec celui des All Black, l’un des plus beaux. Enfin, toujours dans l’élégance « gentlemen farmer » Sean Connery m’a toujours fasciné. Et
puis, je dois l’avouer, même si je suis anglophile, leur histoire avec l’impériale Angleterre, tumultueuse puis apaisée, puis de nouveau un peu chahutée me passionne. Et puis arriva le moment
fort. Alberic Bichot vint s’accroupir près de mon écossais. Je pressentais que je me trouvais au bon endroit au bon moment. J’avais raison.
Les enchères virevoltaient, 20 000 devant, 35000 ici, 40 000 au fond, le
commissaire-priseur se prenait pour Karajan, je retenais mon souffle comme si par je ne sais quel sortilège je prenais le parti de mon énigmatique voisin écossais. Ils n’étaient plus que deux,
dont mon favori. Un blanc, le temps suspendait son vol, l’enchère à 50 000 et, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que ce serait le prix de marteau de la pièce que je préfère
appeler « pièce de charité ». Adjugé à : James Thomson, mon inconnu récupérait une identité. À la tribune, entouré des deux présidents, notre homme, se fendait d’un bref petit
speech en anglais. Manifestement mon favori n’était pas du genre à faire étalage de sa générosité. Il avait déjà acquis, en 2004, la pièce de charité, un Mazis Chambertin Grand Cru " Cuvée
Madeleine Collignon". Pour ceux d’entre vous qui aimez les comptes sachez que le prix de marteau est HT, s’y ajoutent les frais d’acheteur 7% HT), le prix du fût 520 euros, le prix de l’élevage
payé au négociant qui élève le vin et le met en bouteille, qui peut être fixé forfaitairement ou correspondre à un pourcentage du prix de marteau, par exemple 30%. Peu importe, en ce milieu
d’après-midi à Beaune une légende était mise à mal, pas celle du monstre du Loch Ness, mais celle que l’on prête à nos amis écossais d’être près de leurs sous. La vente reprenait. Mais qui
est-donc ce discret et généreux James Thomson ? J’ai trouvé la réponse sur le Net. Le vous la livre, en anglais of course.
Dr James Thomson
O.B.E.
Described by Clarissa Dickson as 'the best
restaurateur I know', James Thomson has developed an enviable
reputation for creating some of Scotland's most unique hotels and destination restaurants including the Witchery by the
Castle, the rooftop Tower and the Prestonfield.
Born and educated in Edinburgh, hospitality was an early passion that saw him open the
Witchery in a neglected part of the Old Town in 1979. Despite the demands of his growing business, James is actively involved in a range of quality improvement and charitable initiatives in the
wider tourism and hospitality industries. His drive for quality and innovation saw his independent restaurants become the first in Scotland to be accredited as Investors in People and as Company
of the Year in addition to a large and ever-growing raft of other awards.
James continues to be an active and enthusiastic ambassador for Scotland, Edinburgh and
the wider tourism industries.
Pour les plus curieux d’entre vous la biographie complète de James Thomson http://www.thewitchery.com/bio.html
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