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12 avril 2006 3 12 /04 /avril /2006 08:33

" Aux premières lueurs du jour, son balai de bardeau emmanché dans ses robustes mains, il fait des lacets dans les rues, comme s'il devait faire se rejoindre les trottoirs devant lesquels il renvoie tout ce qu'il a trouvé sur son passage.

Puis, ensuite, avec la grosse clef pendue à ses côtés comme le trousseau d'un geôlier, il ouvre une bouche d'eau qui écoule dans le ruisseau, lentement, une eau claire qui file entre les pavés. Alors, surla chaussée il allonge son balai ; l'eau trace de géométriques festons, ramenant vers le trottoir des prospectus, des feuilles de salade et les peaux d'orange que la bouche d'égout pompe avidement comme un ivrogne, le goulot au bec, vide une bouteille.

Le balayeur, connu de son quartier, rend de petits services aux boutiquiers, donne un coup de fion à leurs portes et, s'arrêtant un instant chez le marchand de vins avec un concierge ou le facteur, il lampe volontiers un verre de vin bleu qui lui donnera des forces pour continuer la toilette de nos rues de Paris.
Il est toujours, paraît-il, plus de 50 000 postulants à cet emploi modeste, et les personnages qui disposent d'influence affirment qu'un siège de Conseiller d'Etat est plus facile à obtenir."

Extrait des Métiers de France Henri Boutet 1910

Texte découvert lors d'une visite à l'exposition sur la Brosse à la Bibliothèque Forney (j'y reviendrai un autre jour) à méditer en ces jours où l'on parle beaucoup des jeunes, de leur avenir, de leur qualification en acceptant de répondre à la question suivante : " lequel d'entre nous accepterait de dire : tu seras balayeur mon fils ou femme de ménage ma fille ? "

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

tchoo 13/04/2006 11:33

C'est évident que en fustigeant telle ou telle catégories de population, on va certainement arranger les choses. Chacun voudrait que sa souffrance soit plus importante que celle de l'autre.Quand au retraite des agriculteurs, le sujet est vaste, mais notamment les viticulteurs ont-ils toujours cotisés à la hauteur de leur revenu (je parle de l'époque avant la réforme, et du fameux revenu forfaitaire agricole.....)Il était des réformes alors nécessaire qui ont tardé à venir et on été fortement combattu aussi, par les "représentant" des concernés.Et si cela peut vous rassurer, il y a des fortes chances que dans très peu d'année, les pensions des prochains retraités suivent le m^me chemin que celles des agriculteurs....

Fromage 13/04/2006 11:28

La réalité, M. Coureau s'accomode très mal des généralisations… Quel viticulteur ? Quel capital foncier a-t-il ? Tous les cas, y compris des salariés, sont différents et on commence à avancer quand on arrête de généraliser, sinon, on (re)tombe dans le mal français : parler en termes de tout ou rien.
Le viticulteur qui n'a pas épargné pour préparer sa retraite est d'abord imprévoyant, et idem pour le salarié…
Quand au système éducatif français (lequel ? le mamouth, je suppose…) je ne le crois pas fait pour former qui que ce soit…

S.COURAU 13/04/2006 00:18

Maintenant, pour finir, puisque vous dites bien connaitre le probleme cher jacques, pourquoi n'expliquez vous pas aux viticulteurs qui lisent votre blog, pourquoi aprés une vie de travail acharné ils auront une retraite de misère,inférieure à celle d'un RMISTE qui n'aurait jamais travaillé de sa vie?
Ce n'est pas si simple ? Pourquoi ne pas éclairer notre ignorance ?
Ravi de vous avoir lu

JACQUES BERTHOMEAU 13/04/2006 11:51

J'étais au cabinet d'Henri Nallet lorsque nous avons réformé l'assiette des cotisations sociales des agriculteurs. Dans un système par répartition quand on cotise sur la base d'un revenu forfaitaire départemental on ne peut guère espérer une retraite décente. De plus je signale que le BAPSA recevait au nom de la compensation démographique un crédit versé par le régime général des salariés (les féniasses de M.Courau). Ceux qui ont combattu cette réforme sont les viticulteurs d'AOC et Bordeaux en particulier, alors que je sache ils n'étaient pas tous à la rue en ce temps-là.
Enfin, connaissant bien Charles Doux, le n°1 de la volaille française je puis vous assurer cher monsieur Courau que lorsque ses ouvrières posaient leurs tabliers, qu'elles étaient dans la rue, ce qui vous chagrine apparemment, c'était pas pour des raisons de confort. Pour vous rassurer aussi, à la SVF en tant que patron j'ai assumé un plan social de 100 personnes et deux grèves dures alors les jérémiades de bord de café de commerce ne m'émeuvent pas.

S COUREAU 12/04/2006 23:54

Cher Jacques,
C'est marrant, en regardant la télé je n'ai pas tellement vu de fille qui découpaient des dindes manifester contre le CPE .... elles étaient au boulot comme les viticulteur d'ailleurs, happé par leur travail.
Allons faut pas faire de démagogie jacques, faut être un peu sérieux, je doute que les étudiant qui manifestaient finissent un jour à la chaine, à moins qu'ils aient créé une filiere volaille à la fac ! Maintenant je n'invente rien, le système éducatif français est conçu avant tout pour former des salariés, ça n'a rien de péjoratif c'est une réalité. Point c'est tout.
Je ne suis guère différent de vous je constate c'est tout, maintenant

S. COUREAU 12/04/2006 11:28

Lequel d'entre nous accepterait de dire tu seras entrepreneur mon fils ?
Tu n'auras pas de congé payé, pas d'ASSEDIC en cas d'échec, le mépris de tout un chacun parceque tu seras patron, tu seras controlé par tous les organismes sociaux possible .... et si tu échoue le tribunal de commerce fera de toi un paria rejeté de la société ....
La société actuelle est programmée pour former des salariés ... quel que soit leur niveau, et même si ce n'est que balayeur c'est encore mieux qu'entrepreneur .... Le CPE ? le maintient du confort salariale actuel ....
Quand on voit que ces braves gens manifester en criant au scandale pour le CPE alors qu'on laisse paisiblment les agriculteurs travailler toute une vie de labeur pour une retraite de misère inférieure au RMI  dans l'indifférence générale ........

JACQUES BERTHOMEAU 12/04/2006 16:23

Moi, je ne le dirais pas à mon fils puisque je n'en ai pas mais si vous lisez mon blog vous devez savoir que ma fille a une petite entreprise, 4 personnes, pour produire des films. Quand cesserons-nous toutes ces postures, ces à priori, ces tunnels où chacun geint et se plaint. Les salariés sont aussi des clients des producteurs de vin et je ne vois pas en quoi c'est une infamie d'être salarié. La considération est importante dans une vie en société : désolé de vous dire que ce n'est pas avec ce discours foure tout que les choses évolueront. Mon papier de ce matin vous l'avez pas médité vous vous êtes rué pour dire ce que vous avez sur le coeur, et je respecte votre point de vue, mais de grâce allez donc dire aux filles qui manipulent des dindes de 8 à 10 kg toute la journée sur une chaîne de découpe qu'elles sont dans le confort salarial, faut pas pousser le bouchon trop loin et de même les affres du petit entrepreneur j'ai vu mon père y être confronté et sans doute y laisser sa vie... Quand au niveau des retraites des agriculteurs je connais la question et là encore ce n'est pas aussi simple que vous le dites. En tout cas moi qui suit un salarié et fier de l'être vous ne m'entendrez jamais jeter l'opprobe sur ceux qui entreprennent, réussisent ou se plantent... C'est la vie et désolé cher monsieur Coureau  je ne vais pas me battre la coulpe pour expier la tournure qu'a pris la mienne... 

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