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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 00:02

 

Le soir de l’unique débat entre les deux candidats au 2ième tour je me trouvais à la salle de sport de mon club de gym. Alors que je me tapais mes 5000 mètres à la rame, sur les écrans muets, où d’ordinaire nous avions droit à des images des chaînes sportives, la mise en place des deux protagonistes puis leur simple gestuelle me fit pressentir le drame qui se nouait. Elle sortait ses griffes. Son coefficient de méchanceté naturelle crevait l’écran, effrayait la France modérée dont elle sollicitait le ralliement. Lui, agressé, jouait à la perfection le premier communiant outragé. La messe était définitivement dite. Ce soir-là je battis mon record de temps sur mon rameur. Le jour du meeting de Charléty, Jasmine, qui n’avait jamais pénétré dans un bureau de vote, me tannait pour que nous nous y rendions. Faux-cul je lui servis mon couplet soixante-huitard sur Charléty  ce qui me valait un retour foudroyant : « si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour Marie ». Sous le choc je rendais les armes. En chemin, retrouvant mon ironi,e je titillais ma douce et tendre amie « tu t’intéresses à la politique maintenant ? »

-         Non !

-         Alors qu’allons-nous faire à cette grand-messe ?

-         La voir.

-         Pourquoi ?

-         Elle m’émeut…

-         Pourtant elle horripile beaucoup de femmes…

-         Normal elle leur ressemble. C’est Jeanne d’Arc dans la fosse aux lions…

-         En l’occurrence c’était Daniel…

-         Arrête de jouer le mec, ça ne te vas pas, tu forces ta nature…

-         Féministe ?

-         Ne fais pas chier avec tes clichés à la con. Toutes des mal-baisées, moches et frustrées…

-         T’exagères, elles se sont battues contre l’hégémonie des mecs.

-         Ouais mais elles détestent les mecs. Moi je les aime…

-         Tous ?

-         Ouais, j’aurais été capable de tomber amoureuse d’un beau SS.

-         Que tu dis !

-         Tu aimes trop les femmes mon beau tu ne sais pas à quel point de bassesse elles sont capables de descendre quand elles tombent amoureuses…

-         Je ne te savais pas aussi pertinente…

-         Normal, tu m’aimes comme tu aimes de Staël ou Pollock, avec tes couilles et ton imagination délirante. T’es un esthète moi je suis une sauvage…

-         Tu vas voter pour elle ?

-         Oui.

 

Je me suis étendu sur l’herbe de la pelouse. Sur l’estrade la fine fleur de l’intelligentsia parisienne défilait. Ils aiment ça. Des chanteurs chantaient. Jasmine s’était éclipsée. Une femme, la quarantaine rayonnante, vint se poser près de moi. Des seins à damner un saint ! Tout de go je le lui dis. Elle me sourit. Nous restâmes ainsi un long moment sans rien nous dire. La foule se faisait de plus en plus dense. C’était comme si un cocon se refermait autour de nous. Nous nous relevâmes. Je lui pris la main. Elle tressaillait mais ne résistait pas. La candidate était annoncée. Je profitais du mouvement de la foule pour lui enserrer la taille. Elle se cabrait un peu puis se détendait. Doucement, sans brusquerie, je l’encorbellais de mes bras tout en glissant mes mains sous son tee-shirt un peu humide. Elle avait une peau fine et douce. Je le lui disais. Ses mains guidaient les miennes jusqu’à la splendeur de sa poitrine. Autour de nous nul ne se souciait de notre petit jeu. Dans mes paumes ils palpitaient. Avec une rapidité et une dextérité dont je ne me croyais pas capable je les libérais. Elle se haussait sur la pointe des pieds en criant « la voilà » tout en frottant langoureusement ses fesses sur mon sexe dressé. Ses tétons eux-aussi étaient durs et dressés. Nous sommes restés ainsi pendant tout le discours, collés, au bord de la rupture. Ils sont tous partis et nous nous sommes rassis sur la pelouse. L’air était doux. Elle ne disait rien. Puis elle s’est levée. M’a demandé de ragrafer son soutien-gorge. Ce que j’ai fait. Puis je l’ai embrassé. Elle m’a donné sa bouche avec passion. « Il faut que je rentre. Je suis une femme mariée… » J’ai fait un bout de chemin avec elle. Nous nous sommes arrêtés prendre un verre à la Butte aux Cailles. Avec un air de petite fille surprise à se donner du plaisir elle m’a dit « J’ai déjà un amant. Il est jaloux comme un tigre. C’est un vieux. Je ne sais pas rompre. Aidez-moi… » Bien évidemment j’ai répondu oui. Erreur manifeste c’était un oiseau des îles, au corps charmant, qui collectionnait les amants sans n’en quitter aucun. Alors, c’est moi qui ai pris la poudre d’escampette : je voguais vers la Corse sans aucun remords.

 

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