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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 07:00

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Leur arrivée, bras-dessus, bras-dessous, elle et Fabrice, lui en polo rouge, toujours dans sa phase Murray, clamait que « l’aristocratie des châteaux de Bordeaux constituait le dernier rempart face au totalitarisme. » et, elle, souriante, tout de blanc vêtue, ne passa pas inaperçue dans la petite salle qu’avait réservé le syndicat des négociants de la place de Bordeaux. Ils étaient tous là, même le patriarche Pierre venu avec son jet de Genève, le challenger Joseph en provenance de Petersbach par Easy Jet, et bien sûr le ban et l’arrière-ban des négociants au sein duquel s’étaient glissés quelques courtiers ulcérés d’être boudés par cette pétroleuse. Luchini pour détendre l’atmosphère se proposa de lire du Paul Valéry. Ce qu’il fit « Ce qui nous force à mentir est fréquemment le sentiment que nous avons de l'impossibilité chez les autres qu'ils comprennent entièrement notre action. Ils n'arriveront jamais à en concevoir la nécessité, qui à nous-mêmes s'impose sans s'éclaircir. Je te dirai ce que tu peux comprendre. Tu ne peux comprendre le vrai, je ne puis même essayer de te l'expliquer. Je te dirai donc le faux. C'est là le mensonge de celui qui désespère de l'esprit d'autrui, et qui lui ment, parce que le faux est plus simple que le vrai. Même le mensonge le plus compliqué est plus simple que le vrai. » Puis il se rassit sagement aux côtés de Marie en déclarant « Ça lève, là, quand même, la langue... ». L’assistance applaudit même si l’aridité de Valéry les avait un peu surpris. Marie se leva, micro-cravate fixé au col de son corsage, et avec aisance, tout d’abord remercia son cher Fabrice pour la pertinence de sa lecture introductive puis bien évidemment les participants, les citant un à un par ordre d’importance sans en oublier aucun, même les courtiers resquilleurs. Elle souligna qu’elle tenait à donner la Primeur au négoce de la place de sa nouvelle approche du marché. Applaudissements polis. Son exposé sur le « Contrat de confiance Saint-Drézéry » fut d’une grande limpidité, il se fondait sur une philosophie d’une grande simplicité : si vous souhaitez achetez mes vins pour les revendre il vous faudra vous conformer à des obligations simples : absence de spéculation, qualité du service rendu aux clients, concurrence loyale, fidélité et capacité à  lier des relations durables avec des importateurs... Tout manquement à ces conditions contractuelles vaudrait, selon la gravité, un carton jaune ou rouge, soit une exclusion temporaire ou définitive. Bien évidemment Marie tiendrait compte de l’antériorité, elle ne souhaitait pas mettre ses partenaires négociants en difficulté mais consolider sur de nouvelles bases les relations commerciales. Afin que la confiance règne, que le suivi soit facile, toutes les bouteilles du prochain millésime seraient munies d’une puce et l’étiquette d’un QR code permettant au client d’accéder à la fiche d’identité du vin. L’assistance était bouche bée. Marie termina son exposé en indiquant aux négociants que son contrat duo avec des châteaux partenaires leur était aussi ouvert. « En ramenant mes prix à des niveaux conformes à une saine économie de marché je dégage ainsi des moyens pour que nos acheteurs puissent s’intéresser à des vins de moindre renommée mais de belle qualité. Ainsi je participe à l’Extension du domaine du Vin » conclut-elle sous des applaudissements nourris.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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