Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /Avr /2006 10:28

L'affiche est placardée sur un mur de pierres grisâtres, c'est un Manifeste :

" SI CES VIGNERONS VONT SOUVENT A L'ENCONTRE DES REGLEMENTATIONS ET DIVERS DECRETS, ILS LE FONT AVEC POUR TOUTE ARME LA QUALITE ET LA DIVERSITE DE LEURS VINS SIMPLEMENT PARCE QU'ILS ESTIMENT QU'A UN INSTANT DONNE, TERROIRS,CLIMAT,CEPAGES, TOUT EST REUNI POUR VINIFIER UN VIN GENIAL; LA PRATIQUE DE LEUR VIGNOBLE AU QUOTIDIEN REMPLACANT AISEMENT A LEURS YEUX LES TROPS LONGUES DISCUSSIONS BUREAUCRATIQUES D'UNE ADMINISTRATION QU'ILS ESTIMENT PEU EVOLUTIVE "

 

A la différence des affiches de 68 ou de leurs héritières, baveuses et tirées sur du mauvais papier, celle-ci est nickel-chrome. J'ai respecté la graphie. Beau travail de humeurs de tendance : les réprouvés, les bannis et les maudits ça attire le chaland en manque d'émotions. Du bon marketing libertaire soft concocté par les cavistes des " Repaires de Bacchus ". Après l'émission de dimanche matin sur France Inter " les crus sont-ils cuits ?" du magazine Interception il est clair que cette approche plaît à un certain public. Pour m'a part, n'ayant aucun goût pour l'uniformisation, j'ai beaucoup de respect pour ceux qui se battent pour donner des espaces de liberté à nos vins quels qu'ils soient. Ce qui me pose question c'est la glorification de la pure démarche individuelle, le déni du vivre ensemble et en définitive l'auto-proclamation qu'on est à soi seul le monde. La bureaucratie a bon dos, par sa lourdeur et son aveuglement elle justifie le chacun pour soi. Depuis l'origine j'ai soutenu la démarche de "Vignerons dans nos appellations " car elle s'inscrivait dans une volonté collective et ouverte aux autres. J'ouvre le débat chers lecteurs.
Pour revenir un instant sur les représentants des révoltés des AOC mis en vitrine par " Le Repaire de Bacchus " du 1er arrondissement j'en ai choisi 2 pour illustrer l'ambiguité de mettre tout le monde dans le même panier :
L'INSOUCIANT du domaine Sarda-Mallet à 17 euros est un grenache pur et ne peut donc revendiquer l'AOC Côtes du Roussillon. C'est un choix et son prix montre à l'évidence, vu le prix moyen de cette appellation plutôt abonnée au hard-discount, qu'il ne souffre en rien de ce choix. Pour moi ce vin est l'exemple type du besoin d'en finir avec nos batailles juridiques de chapelles. Ici la garantie pour le consommateur est le domaine : SARDA-MALLET en l'occurence est une marque.
L'autre vin aurait du être un CHINON mais il a subi les foudres de l'agrément pour atypicité, donc c'est un vin de table à 21,50 euros la bouteille. Avec lui nous nous situons au coeur du problème et je crois qu'il faut s'y arrêter pour que la collectivité vigneronne accepte tout simplement l'exception qui comme chacun sait confirme la règle. Voilà un beau chantier pour la technostructure de l'INAO, une belle remise en question, un retour à ses origines, un aggiornamento qui ne saurait être que bénéfique à l'image des vins car l'ennui naquit de l'uniformité.   
Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Le vrai problème de l'INAO est parfaitement illustré dans votre article par les prix de 2 vins qui parviennent à se vendre bien mieux que ceux qui ne comptent que sur le système d'appellation : la valeur d'un vin pour le consommateur lambda ne vient pas de l'appellation et, comme pour les autres produits manufacturés, les marques prennent clairement le pas tout autre description.


Vivant dans un pays non européen je peux attester que les amateurs de vin se moquent éperdûment d'un système incompréhensible par sa complexité et ne font confiance qu'au

Commentaire n°1 posté par Thierry Boeuf le 10/04/2006 à 14h55

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain !!! Tout n'est pas négatif dans le système français des AOC. Jacques le dit dans ses écrits, et Bernard Pomel qui vient de sortir son texte pour Bussereau, chaque ministre veut avoir le sien !!! va encore plus loin puisqu'il dit que les AOC régionales comme Bordeaux ou Bordeaux supérieur devraient être dans la catégorie des Vins de Pays pour avoir davantage de libertés et pouvoir mentionner le nom du cépage sur l'étiquette. Les AOC devraient se cantonner dans les élites, les "niches" !! C'est une révolution !! Pomel dit aussi, un peu confusemment, que la chaptalisation devrait disparaître en 3 ans, remplacée par les MCR , j'ajoute "endogènes", pour éviter ce qui se passe actuellement  (les MCR viennent d'Esapgne), et par les méthodes plus modernes comme l'osmose inverse, ces procédés contrairement à la chaptalisation réduisent les volumes finaux.


Bien cordialement JC

Commentaire n°2 posté par Jean Clavel le 10/04/2006 à 15h48

AOC, pas AOC là n'est pas le problème.


Le vrai problème est la notoriété d'une AOC auprès du public... et la politique mise en oeuvre par cette AOC pour atteindre un telle notoriété.


En d'autres termes la valeur de la marque ombrelle que représente l'AOC.


Si pour quelques raisons que ce soit, l'AOC n'a pas joué son rôle de contrôle de la qualité (via agrément et contrôle aval par exemple), celle-ci n'est plus garantie et certains vins la revendiquant bien que n'ayant pas la qualité minimum requise viennent petit à petit entâcher la notoriété de ladite AOC qui au cours du temps s'étiole.


Si vous rajoutez à cet enchainement logique et implacable, la multiplication à outrance d'AOC ne représentant pas toujours une réalité alors la confusion s'ajoute à la perte de confiance.


Si enfin vous n'avez pas de budget pour communiquer sur ces AOC et si le bassin de consommation local ne suffit pas à la boire alors les carotes sont effectivement cuites.


Par contre quand tout est géré avec un bon sens marketing, comme l'on fait par exemple les champenois, alors le système fonctionne à merveille à tel point que le monde entier nous l'envie et cherche à le reproduire... sans nos magnifiques terroirs... CQFD.    

Commentaire n°3 posté par Dulau Laurent le 10/04/2006 à 18h28

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