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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 00:04

 

C’est le mot d’ordre du jour. Il faut « sauver le système ». D’abord sauver le système financier pour sauver le système bancaire pour sauver le système tout court. Dans l’ordre, on n’a pas le choix. Autrement, grosse catastrophe. Pour éviter le chaos, Il n’y a pas trente six solutions: Injecter des milliards de fonds publics dans des puits privés, sans fonds, c’est le cas de le dire. Un fabuleux transfert. Le casse de l’histoire. Nous risquons d’apprendre dans les semaines et les mois qui viennent quelques détails croustillants sur les mœurs de tout ce petit monde et ses méthodes pour faire de l’argent plus vite que son ombre. En attendant, force est de constater tout cela n’a été possible que grâce à la célérité avec laquelle depuis plus de vingt ans les gouvernements ont cédé aux sirènes de la déréglementation des marchés. Résultat ?

 Il serait intéressant, par pure curiosité intellectuelle, de se livrer à  un petit calcul. Combien, mettons depuis dix ans, les banques, les fonds d’investissements, les institutions financières, en un mot tous les organismes présents sur les marchés, tous produits financiers confondus, ont rapporté en profits, stocks options, primes, dividendes, etc. etc. Juste pour comparer la somme des gains privés avec celle des pertes publiques. Ce petit calcul permettrait de mesurer, à des fins purement esthétiques, à quel point nous l’avons, pardonnez moi l’expression, dans le baba.

Aujourd’hui, l’ampleur de la crise nous fait oublier un détail. Les contribuables ne sont pas les premiers à payer pour « sauver le système ». Les transferts de fonds entre privé et public ont commencé bien avant le plan Paulson et ses avatars européens. Aux Etats Unis, depuis Reagan la fiscalité au profit des plus riches a largement contribué aux creusements des inégalités et de la dette publique. Il en va de même pour le partage de la plue value entre le travail et le capital. La financiarisation de l’économie s’est traduite, entre autre,  par des exigences de rentabilité inédite dans l’après guerre. Pendant les années de flambe des marchés la norme de retour sur investissement, si vous préférez la rentabilité minimum exigée par les investisseurs, était de quinze pour cent. C’est ainsi que l’on a vu des groupes supprimer massivement des emplois alors même qu’ils annonçaient des bénéfices records. Un excellent moyen de doper le cours de son action et sa valeur en bourse au prix de quelques chômeurs de plus. Autrement dit, on peut remercier les chômeurs et en particulier les SDF d’avoir grâce à leur sacrifice retardé le moment où il faudrait « sauver le système ». Evidemment que tout cela ait contribué à creuser les déficits des systèmes sociaux et la dette publique pendant que d’autres gagnaient suffisamment d’argent pour arrêter de travailler à trente cinq ans n’a rien à voir. Patron : Champagne pour tout le monde.

 

 

PS : deux citations juste pour faire remonter la bourse.

 

« Le système capitaliste a en lui même, je dirais presque génétiquement, la capacité à tenir compte de l’intérêt de l’ensemble de la société ».

Jean Marie Messier.

 

« Le capitalisme financier n’est pas seulement anglo-saxon. Il est universel et a de beaux jours devant lui tout simplement parce qu’il n’est pas une création arbitraire comme pouvait l’être un système de type soviétique. Ce capitalisme là est l’expression d’innombrables processus spontanés crées pour répondre aux besoins des êtres humains » Pascal Salin, professeur à l’université Paris Dauphine, in le monde du 1° octobre 2008

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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