Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 00:30

 

L’occasion est trop belle pour que je n’en profitasse point : la semaine du goût s’ouvre le 13 octobre. Née en 1990 sous l’impulsion de Jean-Luc Petitrenaud, avec l’appui d’Henri Nallet et de Jack Lang, et l’intelligente prise en mains de la collective du sucre, c’est un évènement inscrit dans le calendrier de beaucoup de français, surtout les plus jeunes. Si vous vous rendez sur le site officiel
www.legout.com/ vous pourrez noter que des entreprises du vin sont partenaires. C’est une excellente chose dans le plus parfait respect du caractère éducatif affiché de cette opération. Sollicité par l’un des partenaires :   http://semaine-du-gout-2008.champion.fr/ j’ai accepté que mon blog soit, à son petit niveau, associé à la semaine du goût. Bien évidemment, mes chroniques n’ont ni le fumet, ni la saveur des vraies chroniques gastronomiques, même si parfois je me risque dans l’univers des recettes – ce qui me vaut d’être dans le top 100 des blogs gastronomique de Wikio : 82ième seul blog du vin avec celui d’Olif 84ième  à y figurer – mais j’ai estimé qu’ainsi je pourrais toucher un nouveau public.

 

Ceci étant écrit je profite donc de l’occasion pour chroniquer sur le numéro 10 d’artpress « La gastronomie, le vin, l’art ». Dans son éditorial, le concepteur de ce numéro spécial, Richard Leydier, affirme l’ambition de ce numéro spécial : croiser les domaines. Bien sûr, et je partage son point de vue, il affirme d’emblée que « la cuisine et le vin peuvent être un art, ils ne sont pas de l’art ». Sa recherche de convergences, en ce qui concerne le vin surtout, tombe un peu trop facilement dans la dichotomie en vogue, vins traditionnels et vins naturels. L’article « le pouvoir du goût » en est l’illustration la plus significative. Celui de Sylvie Augereau, « Boire plus que du raisin », étant lui la quintessence de la caricature. Ce qui me fait sourire c’est que tous les vignerons cités ont eux, pour la plupart une ouverture d’esprit bien plus large et une appréhension de la réalité vigneronne beaucoup plus ouverte. Passons, l’air du temps souffle en ce sens, loin d’être une avant-garde chère à artpress, c’est plus une tribu, sympathique et ludique.

 

Plus intéressant à mon sens la mise en lumière du mot-clé : le goût, qui « soude véritablement la gastronomie, le vin et l’art…Pris dans sa double acception de saveur des choses et de somme de préférences esthétiques de l’amateur, il innerve ce numéro. Le goût est cette chose mystérieuse, une sorte de horla, de double inconscient qui se construit en même temps que nous et dirige nos choix, qu’il s’agisse d’art, de gastronomie, de musique, de littérature ou d’attrait à la beauté féminine. » Et, Richard Leydier de citer, Alain Chapel et Jean-François Aubert dans l’introduction à leur ouvrage « La cuisine, c’est beaucoup plus que des recettes chez Robert Laffont : « Il nous a toujours semblé que les plaisirs de la table entretenaient des accointances avec les autres plaisirs de la vie, et que l’amitié, le voyage, la musique, la peinture, entre cent autres exemples, exacerbaient assez joliment notre goût pour l’omble chevalier ou le bâtard-montrachet. C’est ainsi, et nous n’avons pas trop envie de nous refaire : nous aimons assez un concert de l’Academy-of-Saint-Martin-in-the-Fields en apéritif à la truite saumonée ou aux aiguillettes de bœuf. À moins que ce soit l’inverse, le repas en prélude au concert, mais peu importe, nous tenons trop à nos plaisirs pour les figer en une quelconque hiérarchie. »

Monument à la découpe des croskillers (oeuvre unique et transgressive dédiée à Marcel Richaud)

Pour ce matin je m’en tiendrai à cette mise en bouche mais dans ce numéro spécial, l’ambition de croiser les domaines n’est véritablement atteinte, à mon avis d’amateur, par la loufoque et jubilatoire « Dégustation de Nicolas Boulard » un artiste dont je vous avais parlé il y a quelques mois dans mes PAGES (en haut à gauche du blog) N°8 : la diagonale du fou. Comme l’écrit Richard Leydier, le jeu entre les plumes de la gastronomie et du vin et celle de l’art contemporain, atteint là « une savoureuse légèreté, favorisant la digestion intellectuelle… » Patience c’est pour bientôt sur mon blog au goût de liberté.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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