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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 00:01

 

Lors d’un dîner champêtre, alors que nous dégustions en apéritif un excellent Crémant de Limoux, un importateur belge me faisait remarquer, alors que je lui parlais de la croissance du marché des effervescents, que pour ces vins le consommateur considérait que le seul Champagne pouvait tout se permettre en terme de positionnement alors que les autres effervescents, en dépit de leur qualité intrinsèque, devaient se contenter de « jouer » sous le plancher des prix champenois. La conséquence de cette césure radicale est que bien sûr un écrasement de l’échelle des prix, pour les crémants par exemple qui peinent sous la barre des 10 euros. Dur à avaler. De retour à Paris j’ai donc décidé d’aller fouiner dans le rayon vins effervescents de 5 enseignes de la Grande Distribution : Franprix et Monoprix tout près de chez moi, Champion et Hyper Casino à quelques encablures de mon appartement en aval de la Place d’Italie et enfin Le Carrefour de la Porte d’Auteuil qui est connu pour avoir une belle cave. Pour ne pas disperser mes observations j’ai choisi de m’intéresser qu’au brut et j’ai exclu les marques de distributeur qui se contentent de sucer les roues des marques leaders. Dans chaque magasin j’ai repéré le Champagne 1er afin de fixer la référence haute pour les autres effervescents.

CHAMPAGNE
le moins cher : entre 14 euros chez Casino et 11,32 à Franprix, le prix moyen s’établit à 12,50 euros. Ce sont des marques de fantaisies.

1 - Le cul du peloton des champagnes, donc, par ailleurs assez peu représentatif du bas de la gamme des champagnes où beaucoup de produits tournent autour de 20 euros, est donc largement hors de portée des outsiders issus des effervescents AOC.

Le produit le plus proche : Bulle de Blanquette 1 (Casino) est à  8,95 euros soit un ∆ de 3,50 euros. Suivent Louis Bouillot Crémant de Bourgogne (Monoprix) à 7,95 euros et Jaillance cuvée exceptionnelle Clairette de Die (Casino) à 7,40 euros.

À noter que lors d’un passage chez Biocoop j’ai relevé que le Crémant de Bourgogne 11,38 euros, la Clairette de Die 11,34 euros et la Blanquette de Limoux 8,54 euros et que l’écart avec le premier prix des Champagnes 22 euros ne se démarquait guère de ce qui suit.

2- Le peloton des effervescents AOC s’étage entre 7 et 4,50 euros :

Le Crémant de Bourgogne : ses prix tournent autour de 7 euros et sont assez resserrés autour de la marque de JC Boisset Louis Bouillot.

Le Crémant d’Alsace : ses prix tournent autour de 6,50 euros avec une fourchette plus large avec des marques tirant le produit vers le haut Wolfberger, Metz.

La Blanquette de Limoux : essentiellement représentée par la marque Aimery (Sieur d’Arques) ses prix tournent autour de 6 euros mais elle n’est présente que dans 2 enseignes Casino et Carrefour.

La Clairette de Die : elle aussi représentée par une marque Jaillance ses prix sont sur un axe 5,5 euros + mais elle est plus présente (partout sauf Franprix) et un facing plus important assez bien identifiable sur le linéaire du fait d’un étiquetage tranchant sur les codes habituels.

Saumur : fourchette de prix assez large 4,20 à 6,60 l’axe des prix s’établit autour de 5,20 euros.  Une marque Akermann est bien représentée dans le haut de la fourchette.

Vouvray : se situe dans le même niveau de prix que l’appellation précédente mais sans écarts significatifs. Akermann toujours très présent.

Touraine : essentiellement représenté par la marque Blanc Foussy les prix sont sur un axe de 5 euros +

Crémant de Loire : très présents mais avec un grand écart de prix de 4,14 à 6,58 l’axe des prix se situe autour de 4,50 euros.

À noter que dans ce peloton la présence du Cava de Freixenet Cordon Negro qui se situe en terme de prix autour de 5,50 euros.

3- Le petit peloton des marques de Mousseux pédale tranquille en se calant sur des prix tournant autour de 4 euros avec une hiérarchie, parfois troublée par les promos, qui s’établit ainsi : Kriter, Charles Volner et Café de Paris.

4- Le groupe des avant-derniers où l’on retrouve beaucoup de Veuves se cale sur le prix de Muscador qui tourne autour de 2 euros. À noter, pour ceux qui ont fait croire que la mention du cépage était leur propriété que, ce mousseux à deux balles, lui en fait état : cépage Muscat (ça va de soit) en toute légalité et depuis belle lurette.

5- Les proches de la voiture-balai traînent leurs gros culs en bas du rayon avec des prix chatouillant l’euro avec effort suprême chez Carrefour un Sire de Beaupré à 0,99 euro.

Ce qui m’étonne dans tout ça c’est que j’entends partout dire que la Champagne ne produit pas assez de raisins pour satisfaire ses marchés alors moi je me pose la question : pourquoi ne pas faire du « bon » champagne avec les raisins qui font du champagne bas de gamme ? En clair, est-il vraiment nécessaire pour ce beau produit de se vautrer dans des prix indignes de son prestige ? Ça ressemble comme 2 gouttes d’eau aux châteaux de Bordeaux à 1 euros du temps de la crise (quelle crise ?) Bien sûr, on va me rétorquer que c’est la faute à la GD qui veut allécher le gogo avec des champagnes à 12 euros. Mais alors, si je comprends bien, tous ces acheteurs de la GD qui se prennent pour des œnophiles de haute volée ne sont que des faiseurs de miracles qui amusent la galerie. Franchement, face au mur de grosses boutanches à muselet je me disais : qu’est-ce qui font au juste ces gars-là à part terroriser les plus faibles et copier les marques ? Bref, l’épicerie est un métier que ces mecs-là ne savent plus exercer correctement. L’obsession du prix bas si elle conduit à vendre, sommes toute cher, un produit qui est un premier prix, qualitativement médiocre souvent, alors que l’on pourrait proposer au consommateur pour un prix équivalent un beau produit, me semble être la négation de la base du métier d’épicier, en l’occurrence ici de caviste à grande échelle, qui consiste à proposer le meilleur produit au meilleur prix : « madame Michu plutôt que ce petit Champagne prenez-donc cet excellent Crémant de… »

Je sais les consommateurs sont des veaux qui veulent péter plus haut que leur cul mais, convenez-en, chers « amis » de la GD vous ne vous cassez pas beaucoup la nénette pour mettre en avant les « outsiders ». Ceux-ci d’ailleurs pourraient, au lieu de pédaler chacun dans sa petite appellation, s’unir pour un travail de fond visant à élargir le marché et faire gagner de la notoriété à ces produits que beaucoup de français rangent facilement dans la catégorie infâmante des mousseux (sous entendu le truc qu’on gagne au stand de tir à la foire du Trône). Pour ce qui touche l’exportation je vais avancer une « horreur » : pourquoi diable les grandes entreprises champenoises « méprisent-elles l’apport, de haut niveau qualitatif, de ces bulles « roturières » ? Je rêve d’une grande entreprise française « multibulles » occupant tout l’espace offert par le développement des Sparkling sur beaucoup de marchés extérieurs. Si ça donne des idées à certains, je suis preneur ! Reste, pour compléter mon panorama à lancer un appel à nos amis les grands dégustateurs qui passent leur temps à s’extasier sur les « grands champagnes » : à quand une grande dégustation réunissant toutes les strates des effervescents ? Pour le consommateur lambda ce serait faire œuvre utile. Je veux bien exclure du panel les trucs à 1 euro, style Sire de Beaupré, mais je serais curieux de voir où se situeraient les marques du modèle Kriter qui sont un « modèle économique » intéressant ou qui devrait intéresser nos amis producteurs en terme de valorisation de certains de leurs raisins.

Serais-je entendu ?

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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