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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 00:09

 

En septembre, dans le terroir profond, le ban des vendanges et l’ouverture de la chasse m’ont inspiré cette chronique ironique. Primo, je ne suis pas chasseur. Deuxio, j’ai beaucoup d’amis chasseurs. Pour la petite histoire, j’ai géré pendant 5 ans les chasses de la rue de Varenne : Chambord, Auberive et Rambouillet et j’ai fait l’objet d’une cour effrénée de la part de mes amis chasseurs, que des gens du vin bien sûr (je ne donnerais pas de noms). Enfin, pour souligner « l’importance » de la chasse dans les milieux d’affaires j’ai eu la surprise de découvrir dans le profil du poste de direction d’une grande fédération agro-alimentaire, qui m’avait « chassé », parmi les compétences requises : être chasseur ; d’ailleurs j’ai croisé des hauts-fonctionnaires qui se sont mis à la chasse rien que pour alourdir leurs chances de bien pantoufler. Bien évidemment je ne vous donnerais pas mon sentiment sur la chasse et les chasseurs car vous n’en avez rien à cirer. J’en viens aux faits.

Les faits : dans son bel album « Anthologie du Petit Gibier » de la bécasse à l’ortolan chez Albin Michel, Jean-Jacques Brochier, en évoquant la Grive – celle qui «  sauve le chasseur de la bredouille ? » écrit : « La meilleure est la grive de vigne, ou musicienne, c’est elle qui chante le mieux. Particulièrement à l’époque des vendanges, quand elle de gorge de raisins bien mûrs, qui la rendent pompette. De là la légende de ces grives soûles qu’on poursuivait entre les rangs de vigne et qu’on prenait à la main, ou d’un revers de casquette, treize à la douzaine. On a lu ça cent fois dans les livres, mais que celui qui a assisté personnellement à la chose me fasse signe. Je promets de le régaler d’une fricassée dont il se souviendra. Dans les mêmes livres, on dit aussi que les grives s’abattaient en si grand nombre sur les ceps qu’il fallait battre le tambour jour et nuit pour sauver la vendange ! C’était, sans doute, du temps que les bêtes parlaient. »


Ma contribution
 : imaginez, chers lecteurs, l’influence néfaste que pourraient avoir sur les enfants des écoles, lors d’une sortie pédagogique dans le terroir profond, la vue d’escadrilles de grives beurrées comme des petits Lu se livrant à des loopings et des piqués au-dessus des rangs de vigne. Grave docteur, face à la joie et la bonne humeur de ces grives musiciennes nos chères têtes blondes s’en trouveraient traumatisées. Bien évidemment dare-dare une cellule de soutien psychologique serait constituée pour les premiers secours. L’info reprise au 20 heures provoquerait l’envoi à l’AFP d’un communiqué de l’ANPAA demandant aux pouvoirs publics de prendre un décret interdisant le survol des vignes par les grives musiciennes et, dans les cas de force majeure, l’arrachage des dites vignes qui, en vertu de la jurisprudence, pourraient être considérée comme des pourvoyeuses passives de drogues illicites. Dans la foulée les écologistes, au nom de la préservation des équilibres naturels imprimeraient, sur papier recyclé, une véhémente protestation. Très vite, une sous-commission d’experts, proposeraient, à titre préventif, l’apposition d’un logo sur les cahiers de correspondance des élèves des écoles primaires : une grive musicienne barrée de noir. Dans l’heure qui suivraient hurlements de la SPA, de Brigitte Bardot, de la LPO. Le lendemain le syndicat des instituteurs des départements dépourvus de vignes s’indignerait de cette intrusion dans leur projet pédagogique, très vite suivi par celui des instituteurs des départements viticoles qui voteraient une motion de soutien aux vignerons… Stop ! J’arrête mes élucubrations que certains esprits étroits pourraient mal interpréter. Mon seul souci ce matin est de plaider pour un retour à l’apprentissage de la responsabilité personnelle qui, bien sûr, commence sur les bancs de l’école.


Grives à la Bacchus :
« Plumez, videz, lardez les grives, placez-les dans une sauteuse foncée d’un peu de beurre, salez-les et faites-les cuire au four assez chaud, vingt minutes environ . Cuites, rangez-les dans une cocotte avec des grains de raisin doré, couvrez et tenez au chaud. Versez dans la sauteuse du vin blanc, ou mieux du porto et réduisez après quelques bouillons. Ajoutez du jus de raisin et du jus de citron ; passez la sauce sur les grives et servez. » R.Villatte des Prugnes Les Chasses au petit gibier Crépin-Leblond 1958.

Boire : Allez donc taper dans ma foire aux vins :

 http://www.berthomeau.com/article-22881267.html http://www.berthomeau.com/article-22881498.html

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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