Vendredi 5 septembre 2008
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J’entends déjà certains me rétorquer avec un sourire entendu : « Okaaay ! Okaaay ! » mais je ne me
laisserai pas déstabiliser : j’affirme haut et fort « oui ? même en vacances en Corse, je continue de jouer du clavier ». Face à la mer je peux, grâce à la Wi Fi, vous
abreuver de mes chroniques. Ce matin, en dépit d’un titre qui semblerait porter mes hautes pensées vers la Cité des Doges, c’est bien du vin et de la Corse dont je vais vous causer.
Mon Casanova à moi, n’est pas Giacomo le
grand libertin du XVIII e siècle, né à Venise, mais le domaine Casanova d’Aghione qui produit un joli petit gris, médaillé d’or au Concours
Général du Salon de l’Agriculture. C’est un rosé vin de pays de l’Ile de Beauté. Excellent, rafraichissant, un petit 12°5 pour 3,58 euros au supermarché Coccinelle et 3,90 chez le
petit épicier où j’achète mes légumes corses, ma charcuterie corse : figatelli goûteuse, mes fromages de brebis corses : un Brocciu passu d’Antoine Ottavi à damner même un membre de
l’ANPAA et quelques spécialités corses : comme la bastelle, l’ambrucciata, les canistrelli ou le canistron. Je consomme identitaire.
Pour Venise c’est plus compliqué. En
vacances, n’en déplaise aux professeurs en blouse blanche qui veillent sur ma santé publique, tels des vieux coqs édentés sur des poules , je ne fais pas que boire et manger, je consomme, bien
plus encore, des nourritures spirituelles. Je lis. Le texte qui suis est extrait d’un roman américain d’Harry Mathews « Cigarettes » publié
chez P.O.L
« À dix heures, il arriva à l’appartement de Morris qui occupait tout un étage haut de plafond dans un brownstone rénovée de Cornelia Street. Lewis rougit quand Morris le serra dans ses bras. Ils s’assirent dans un coin, au milieu de vastes bibliothèques en
désordre. Une carafe et deux verres étaient disposés sur une table basse à côté d’une assiette de sandwiches au roquefort. Morris versa le vin. C’était un
vin dont Lewis n’avait jamais entendu parler, doux, français, avec « Venise » dans son nom. La chaleur du vin répandit soulagement et bien-être de sa gorge à son estomac puis
jusqu’au bout de ses pieds et de son nez. Il lécha le bord de son verre en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, il était assis à la même place, nu, les poignets et les chevilles liés à sa
chaise. Morris était debout devant lui, dénudé jusqu’à la taille, portant aux poignets des bracelets de cuir noir décorés d’une clouterie chromée ; sa main droite serrait un coup de poing
américain… »
Vous comprendrez sans problème que j’ai choisi ce passage pour la référence au Muscat de Beaumes-de-Venise et non pour le reste
plus trash, dans le ton de ce que nos plumitifs nous balancent en cette rentrée littéraire (samedi vous aurez droit à une chronique Millet Angot Chabalier versus Berthomeau pourfendant ceux
des porteurs en bandoulière de leur souffrance personnelle, la vendent aux ménégères de plus de 50 ans).
Enfin, pour la tête de gondole, comme je
lis aussi la presse locale, dans « Corse matin » du 27 août, c’est une interview tonitruante de Michel-Edouard Leclerc, titrée
« Une révolution à faire dans la distribution corse ». Je vous en livre un extrait : du pur jus de notre MEL « je communique plus
vite que mon ombre ». En Corse on s’en gondole déjà : normal notre MEL a une belle tête de gondole et, comme dirait l’autre, les promesses n’engagent que ceux qui les
entendent
Question : Le contexte politique et
économique de l’île a-t-il constitué un frein, sachant que les investisseurs ne se bousculent pas en Corse ?
MEL : L’arrivée de Leclerc peut
être aussi une contribution politique à l’amélioration du pouvoir d’achat. On peut apporter notre pierre à la baisse des prix dans l’île, au bien être des corses. Il y a une révolution à faire
dans la distribution corse. Ce sont les entrepreneurs qui étaient en bout de contrat avec système U qui se sont tournés vers nous. Ce n’est pas un transplant du continent sur l’île mais une
évolution culturelle et économique d’entrepreneurs qui ont fait acte de candidature. Ce n’est pas Leclerc qui vient en Corse, ce sont des gens du pays, des gens volontaires, dotés d’une vraie
force entrepreneuriale qui nous ont sollicités, des personnes déterminées à s’engager dans la logique Leclerc. Nous avons beaucoup discuté, j’ai apprécié la transparence de nos
contacts.
Question : Votre implantation a
entraîné nécessairement une étude approfondie du marché. Que connaissez-vous du terrain, qu’avez-vous appris ?
MEL : La baisse du pouvoir d’achat
frappe toute l’économie européenne et aussi la Corse dont les revenus sont inférieurs à d’autres régions. C’est vrai qu’il y a des coûts d’approvisionnement mais on constate trop d’aberrations,
trop de prix scandaleux en Corse, les enseignes y sont peu nombreuses et il y a peu de concurrence entre les enseignes. Nous avons donné à nos futurs adhérents des objectifs de prix, nous
exerceront des contrôles, ils veulent jouer le jeu et nous arriverons à cette efficacité de prix.
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