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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 00:09

 

Chez moi, à la Mothe-Achard, l'entrepreneur de maçonnerie, se nommait Cocu et, sa femme Ginette, la coiffeuse de maman, qui venait chercher son lait à la maison à des heures indues ne s'offusquait pas que je la salue d'un : " bonjour madame Cocu..." Les Cocu changèrent de nom, pour des raisons que j'ai oubliées, mais pas parce que le port de leur nom les indisposait, pour s'appeler bêtement Dubreuil. Vous comprendrez donc que ma relation avec l'appellation cocu est empreinte d'une nostalgie particulière. En revanche, Alors, quand au temps de mes culottes courtes Brassens chantait le Cocu, je ne pouvais m'empêcher de penser en voyant le jeune brigadier de gendarmerie pédaler comme un fou pour aller rejoindre la jeune épouse du gros Arnaud, que le cocuage touchait toutes les corporations et ne s'appliquait pas qu'au sexe dit fort. Nous sommes tous des cocus en puissance et réciproquement : en clair trompeur-trompé comme le bien et le mal, le bonheur et le malheur, sont les deux faces d'un même état.
Vous comprendrai donc aisément que la réthorique du sieur Amalric me laisse de marbre, si je puis m'exprimer ainsi, et si j'ai décidé de la publier c'est qu'elle me semble représentative d'une forme bien française d'impuissance. C'est toujours la faute de l'autre car dans le cocuage c'est l'autre qui est pointé du doigt alors que bien souvent le dit cocu pourrait d'abord s'en prendre d'abord à lui-même. Pas vrai Pomponnette...

Comme elle n'aime pas beaucoup la solitude
Cependant que je pêche et que je m'ennoblis
Ma femme sacrifie à sa vieille habitude
De faire, à tout venant, les honneurs de mon lit

Eh ! oui, je suis cocu, j'ai du cerf sur la tête
On fait force de trous dans ma lune de miel
Ma bien-aimée ne m'invite plus à la fête
Quand ell' va faire un tour jusqu'au septième ciel

Au péril de mon cœur, la malheureuse écorne
Le pacte conjugal et me le déprécie
Que je ne sache plus où donner de la corne
Semble bien être le cadet de ses soucis (...)
 
Bien content qu'en partant ces mufles ne s'égarent
Pas à mettre le comble à leur ignominie
En sifflotant " Il est cocu, le chef de gare... "
Parc' que, le chef de gar', c'est mon meilleur ami



"La nouvelle OCM
s’installe peu à peu sans bruit. La profession navigue en admirant la partie émergée du système (la gouvernance régionalisée, la restructuration, les aides, la recherche et la communication). Par contre, la partie immergée, qui va couler la plus grande partie de la viticulture française, n’est pas évoquée.
La profession a-t-elle pris la mesure des effets pervers de la forte libéralisation de la production, de la diminution des contraintes, ou de la clarification de la segmentation de l’offre ?

Pour les vins de pays, l’option, d’accepter la cohabitation d’une viticulture à deux vitesses, tuera à terme l’ensemble de la production, en rabaissant dans un premier temps les IGP au niveau des prix des sans IG. Juste le temps, que les sans IG soient contrés et mis à mal à leur tour, par la concurrence de nouveaux vins produits en Chine, au Brésil ou en Inde. C’est une évolution inéluctable. A vouloir satisfaire les demandes d’un certain négoce qui ne travaille que sur le prix, en croyant que la libération des cépages, des rendements, et la suppression des contraintes de production vont résoudre les problèmes, la France va brader une partie de son vignoble compétitif des vins de cépages, au profit de vins de table sans positionnement marketing et sans aucune espérance de rentabilité. On reste dans une approche d’avant guerre, privilégiant le profit immédiat, menée par un négoce dépassé, incapable de s’aligner sur la concurrence mondiale. On se trompe une nouvelle fois de combat. La solution n’est pas dans le prix payé à la production, ni dans l’approvisionnement, mais dans la spécificité française d’une politique de terroirs.
Après les cocus producteurs de vins de pays, un autre pan de la viticulture française constitué des « petites AOC »va subir un sort similaire. Le Languedoc en premier, une grande partie du Sud Ouest, mais aussi la Provence et les Bordeaux génériques, pour ne citer que les principaux, vont se retrouver avec les vins à IGP simple. Ne nous leurrons pas; ce n’est pas le contenu des cahiers des charges en cours d’élaboration qui pourront les sauver. Autrement dit, avec une image amoindrie, ils devront faire face à la nouvelle concurrence des vins de pays, dont ils auront à supporter le positionnement et le prix sans avoir les armes pour y faire face.
Triste avenir en perspective, pour la mise en place d’une politique malthusienne, qui va brader une part importante de notre viticulture. A rapprocher du fiasco, il y a quelques années, de notre industrie textile. Pour reprendre cet exemple, nous allons saborder la confection, pour garder le privilège de la grande couture...
Indispensable, la nouvelle OCM, malheureusement sur les bases où la France l’envisage, risque d’offrir à beaucoup, un billet de sortie avec des primes d’arrachage. Les jeunes, notamment dans le Sud, auront peut être pour perspective l’entretien du territoire. Car, tous ces hectares de vignes n’auront plus pour remplaçants que garrigues et forêts. Un patrimoine, dont l’entretien et la mise à l’abri des incendies va nécessiter des sommes très supérieures à celle actuellement déployées pour la viticulture. Une nouvelle paupérisation en vue, avec en guise de consolation, pour les générations futures, un espace naturel au bilan carbone satisfaisant.
Quand on est cocu, il faut savoir se consoler de ce qui reste..."
R. Amalric

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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