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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 00:04

9782743620370

 

 

Si vous vous ennuyez en cette fin d'année et si vous voulez pénétrer dans les tréfonds des USA pour mieux tenter de comprendre ce pays, si fascinant et si irritant, alors lisez la trilogie Underwood U.S.A  de James Ellroy. C'est du lourd. Des pages éblouissantes, du pourri, des personnages vérolés : Nixon, Edgar Hoover, Howard Hughes, des stars dont « la gouine exhibitionniste, qui broutait des minous dans les soirées hollywoodiennes» : Nathalie Wood. C'est une vaste fresque de la période Kennedy et des années Vietnam  dont le premier tome American Tabloïd compte 740 pages et 57 personnages que l’on retrouve dans le second tome American Death Trio. et voilà que sort enfin le troisième et dernier tome au début janvier 2010 :  Underwood U.S.A  Rivages thriller 850 pages 24,50 euros. Donc faites le compte si vous vous lancez dans l'aventure : 2400 pages à dévorer sans modération.

 

Bonne lecture, et pour vous mettre en bouche je vous livre  les 3 Questions à James Ellroy qui sont tirées d’un entretien de James Ellroy mené par Bernard Sichère et Jean-Luc d’Asciano. Elles ont trait à John Kennedy dans American Tabloïd.


James Ellroy de son vrai nom Lee Earl Ellroy est né le 4 mars 1948 à Los Angeles d'un père comptable (Armand Ellroy) de 50 ans et d'une mère plus jeune infirmière d'origine allemande. Ses parents divorcent six ans plus tard. Sa mère obtient la garde du petit. Celui-ci a dix ans, lorsqu’ils emménagent dans un quartier populaire de Los Angeles, El Monte. James est déjà un lecteur fervent de littérature policière.

 

Geneva Hilliker Ellroy (1915-1958), sa mère, est assassinée le 22 juin 1958 et retrouvée par une bande de jeunes près du lycée Arroyos. L'assassin ne sera jamais arrêté. James est confié à un père bienveillant, mais il est livré à lui-même. Il sombrera peu à peu dans la délinquance. James Ellroy se fait renvoyer du collège à 17 ans, sans diplôme. Alors que la santé de son père se dégrade, Ellroy s'engage dans l'armée en 1965 et fait ses armes en Louisiane.

 

 

Son père succombera rapidement d'une crise cardiaque et sa mort marquera le début d'une lente descente aux enfers. Ellroy se fait réformer de l'armée, il retrouve un vieil ami, Randy, et sombre avec lui dans la consommation d'alcool et de drogue. En 1975, un abcès au poumon ainsi qu'une double pneumonie le font renoncer aux abus d’alcool. Il prendra des amphétamines jusqu'en 1977, avant d'arrêter définitivement toutes substances toxiques. Il brise le cercle infernal dans lequel il s'est enfermé et devient caddie de golf à Los Angeles commençant une vie plus rangée. En 1978, il s'inspire de son expérience de caddie, de son amour pour la musique classique, pour poser la trame de fond d'un premier roman : Brown's Requiem, publié en 1981 et écrit selon son auteur "debout, dans une chambre d'hôtel miteuse".

 


Le livre qui lui fera connaître la célébrité : Le Dahlia Noir, œuvre de fiction basée sur une histoire vraie légendaire du Los Angeles des années quarante, le meurtre le plus sanglant et le plus sadique qu'ait connu la ville d'une jeune starlette, Elizabeth Short, qui a été surnommée  Le Dahlia par un journaliste, en référence au Dahlia bleu film de série B de l'époque avec Veronica Lake.

 

 

L'affaire du Dahlia Noir n'a jamais été résolue. James Ellroy semble a utilisé ce fait-divers, pour commencer à exorciser le souvenir du meurtre de sa propre mère qui a eu lieu environ 11 ans et 5 mois après celui d’Elizabeth Short assassinée en janvier 1947. En réalité, James Ellroy a découvert cette histoire dans un livre que son père lui avait offert pour ses dix ans, quelques mois avant le meurtre de sa mère, d'où la "providence", le livre s'intitulant "The Badge" de Jack Webb, lequel a été quarante ans plus tard, préfacé par Ellroy lui-même. Dans L.A. Confidential, Jack Vincennes est inspiré de Jack Webb, flic vertueux et de droite du LAPD.

 


Ellroy a déclaré récemment dans un entretien : « L’une des choses que j’ai apprises au cours de mon enquête (sur le Dahlia noir), c’est la profondeur de la dette que j’ai à son égard (sa mère) et à quel point je dérive de ma mère. Je viens d’elle. Directement. Elle avait un côté très sensuel, un peu dissolu, elle aimait les mecs un peu ringards et la gnôle. Elle avait en même temps un côté moraliste et sévère. Je possède ces deux aspects de sa personnalité, si ce n’est que j’ai su dépasser mes côtés luxurieux. »


 

Question 1 : Le traitement – dans American Tabloïd - des liens avec la mafia et la CIA au sujet de Cuba est hallucinant.


« Tout cela est vrai. À cette époque, il n’existait pas d’éthique, de responsabilité politique de l’Etat face à ses électeurs. L’assassinat de Kennedy est le point de départ d’une prise de conscience des électeurs, des politiciens et des institutions. De leurs responsabilités politiques. Mais ce roman, c’est aussi l’histoire – vue de l’intérieur et par le petit bout de la lorgnette – d’Hollywood, de la criminalité et des politiciens.

 

 

Kennedy est un personnage assez pauvre ?

 

Délibérément. C’est une coiffure.

 

 

 

Question 2 : De Gaulle n’aimait pas du tout Kennedy, il le décrivait comme un play-boy et un garçon coiffeur. En France, lors de la parution de vos premiers livres, vous avez été qualifié d’écrivain de droite ou d’extrême droite. Pourtant vous dénoncer la chasse aux sorcières et le racisme. Comment êtes-vous perçu aux USA ?



«  De Gaulle avait beaucoup d’humour. Je suis content que le Chacal ne l’ait pas tué. Il y a eu plusieurs tentatives d’assassinat contre de Gaulle. Pour Kennedy, la première a réussi. Nos tueurs sont plus doués.


Les Américains se contrefoutent de l’opinion politique de leurs écrivains. La droite ne m’a jamais attaqué, ni la gauche. Une fois, une lesbienne radicale-féministe m’a traité de fasciste homophobe antisémite, et un journaliste d’antisémite, d’antimexicain et de néo-nazi. Pour le reste, rien, ni d’un côté, ni de l’autre.

 


Question 3 : Croyez-vous au diable, et pensez-vous qu’il y ait une bonne ou une mauvaise façon de croire au diable ?

 


« Je n’ai jamais cru ni au diable ni à une quelconque entité satanique. Le mal, ce sont les êtres sans conscience. Ceux qui sont incapables d’éprouver de la sympathie ou de l’empathie pour les autres êtres humains. »

Dans vos romans, le tueur à gages ou le flic pourri, et le serial killer sont liés au mal. Pourtant le tueur et le policier ne sont pas totalement mauvais. Ils descendent la pente en cherchant leur salut. Il s’agit de rédemption, comme chez Conrad ou Melville ?


«  Je crois en la rédemption, mais pas en terme religieux. Les personnages qui m’intéressent sont ceux qui brisent les jambes de l’Histoire. Qui mettent en acte au plus bas niveau les décisions politiques : les barbouzes, les poseurs de mouchards… American Tabloïd dépasse toutes les ventes des livres précédents… Je dois avoir touché quelque chose qui tient à l’inconscient collectif… Cette superbe année 1958 où l’on pouvait faire du chantage sexuel, casser la gueule à de futurs informateurs, assassiner Jack la belle coupe… »


 

Extrait de Petite Mécanique de James Ellroy publié à l'oeil d'or www.loeildor.com

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Thierry 31/01/2011 18:24



James Ellroy en guest pour SELF CONTROL CLUB http://www.dailymotion.com/video/xgr6on_self-control-club-teaser-3-with-james-ellroy_fun



Jean-Luc d'Asciano 06/11/2010 22:54



Bonjour à tous, pour être plus précis, les 3 questions sont extraite de Petite mécanique de James Ellroy, essai collectif paru aux éditions l'oeil d'or (12 euro, ISBN 978-2-913 661-00-9). Cordialement. JLAd'A



JACQUES BERTHOMEAU 07/11/2010 08:57



Bonjour la référence en bas de page a disparu pour une raison que j'ignore je la remet comme toujours pour mes citations. En effet j'ai acquis ce livre pour la somme de 12 euros. Bien à vous



Thierry RODRIGUEZ 26/12/2009 12:09



le bouquin de James Ellroy, le Dalhia Noir, est excellent. Par contre, le film est un échec, trop de raccourcis, l'ambiance et le suspence ne sont pas restitués. Comme à son habitude, Brian de
Palma a baclé son boulot.



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