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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 00:03

Les « nouveaux barbares » étaient en retard ce qui me laissait tout le loisir de contempler quelques beaux spécimens de petits culs des beaux quartiers qui cherchaient des mains prolétariennes, rudes et calleuses, pour connaître le grand frisson que seules les « larges masses », fleurant bon la sueur et le cambouis, pouvaient leur procurer. Je ne raille pas, elles n’attendaient que ça. Les têtes d’œufs de la GP, sinistres, fuyaient le sexe considéré comme la faille suprême où la pureté révolutionnaire risquait de s’engloutir, se diluer, alors ils combattaient et réprimaient les délices de la chair comme l’opium des fils de bourgeois en quête de rédemption des maîtresses de leurs pères et des amants de leurs mères. Cet ascétisme ne pouvait que profiter à ceux qu’ils vénéraient : les prolos. L’érection des damnés de la terre en phares de la Révolution les plaçaient en position de se servir à volonté au grand festin du cul. Mes sources de basse-police brodaient avec délectation sur les parties de jambes en l’air entre les belles héritières et la nouvelle race des élus dans les alcôves des grands appartements du Triangle d’or. On aurait cru qu’ils tenaient la chandelle les balourds des RG.

 

Des amuse-gueules, ces mijaurées en jeans me mèneraient droit au lit de leur mère. J’allais me goinfrer. Avant le festin, il me fallait assurer mes arrières. Un détail vous a sans doute échappé dans mes écrits touffus et confus : à aucun moment je n’ai fait état de mes obligations militaires. Comme dans notre beau pays, en ces années là, nous vivions encore sous le régime de la conscription obligatoire, lorsque je plaquais mes études mon statut était celui de sursitaire. Ma réussite au concours de la Police Nationale ne me dispensait pas d’être appelé sous les drapeaux et, si j’avais été un tant soit peu plus attentif, j’aurais du m’étonner que la hiérarchie m’offrît une affectation avant que je n’eusse fait le bidasse. Ces enflures m’avait débusqué dès l’origine et m’avait manipulé. À mon tour de leur rendre la monnaie de leur pièce : préserver les avantages de mon statut d’agent infiltré et me débarrasser au plus vite de ma couverture de prolo chez Citroën tout en évitant de me retrouver 2ième pompe au camp de Mourmelon et être soumis aux menus plaisirs de salopards du type de l’adjudant-chef Chanal. Pas simple mais faisable, j’avais ma petite idée sur le mode opératoire. Dans le bordel ambiant et la paranoïa de mes chefs collant aux obsessions de Marcellin, plus ce serait gros mieux ça passerait. Il me fallait leur en donner pour leur argent.

 

Depuis toujours je suis un ramier qui bosse comme un perdu lorsqu’il se retrouve au pied du mur. L’adrénaline est mon seul moteur. Dans les derniers instants, avant d’affronter un truc important, je suis capable d’absorber des tonnes de renseignements, de les trier, de les analyser, de les hiérarchiser et, après une bonne nuit de sommeil, d’en faire mon miel. Avant de venir affronter mes frelons j’avais bouffé tout ce que mes très chers confrères avaient gratté sur l’opération Flins de juin 68 menée de mains de maître par mes révolutionnaires en peau de lapin. Comme le disait Fouché – pas Christian, mais l'autre, le vrai, l’inventeur de la police politique moderne – toute personne à un prix mais pour l’acheter, sans ruiner le Trésor Public, il suffit de la dévaluer. Les fiches sont d'excellents dépresseurs de prix et, tout pur et dur qu’il soit, le gauchiste peut aussi se trimballer des casseroles dont le bruit pourrait importuner ses camarades, surtout les grands guides toujours prompts à condamner et à jeter les déviants dans les ténèbres extérieurs. Je disposais donc d’une relation crédible, vu de l’intérieur du mouvement, qui me permettait d’aborder les chefs militaires de la GP, surtout ceux qui avaient joué un rôle  éminent dans l’équipée de Flins, sans me prendre les pieds dans le tapis.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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