Vendredi 23 mai 2008
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Lorsque j’écris, à propos de la décision de Microsoft : « Faut-il pour autant
s’alarmer de ce coup de semonce ? La réponse est clairement non… » Je suis un tantinet provocateur et je vais vous expliquer pourquoi en quelques phrases.
Un vide juridique ça se comble.
Encore faut-il avoir la volonté de le combler.
Pour moi la peur, la crainte, ne peuvent tenir lieu à tout propos de principe d’action sinon on n‘agit plus que sous leur emprise, dans
l’urgence, en prenant de plein fouet les oppositions, en provoquant l’exacerbation des rapports de force, pour déboucher le plus souvent sur des compromis boiteux tendant à ménager les parties en
présence.
Le secteur du vin, de part ses origines agricoles, rurales, pense que seule une action de type parlementaire, en ordre dispersé d’ailleurs,
est efficace. La loi Evin a été promulguée le 10 janvier 1991, soit il y a plus de 17 ans. Au cours de cette période les majorités parlementaires les plus favorables à sa modification, ou
déclarées telles, ont été en mesure de refondre la loi Evin puisqu’elles ont disposé de la majorité requise pendant 10 ans et au cours des 6 dernières années.
Le secteur du vin néglige absolument un ressort très important dans son face à face avec les « défenseurs de la Santé
Publique » : le poids de l’opinion publique (cf. la stratégie du go du Dr Got
http://www.berthomeau.com/article-18021256.html ).
Nous nous agitons entre nous, sûrs de notre bon droit, de la justesse et de la pertinence de nos argumentaires sur vin et santé, le vin
culturel, l’environnement, le territoire, etc. mais, et je le regrette, l’opinion publique sur les thèmes de l’alcool ne nous est pas majoritairement favorable. Que faisons-nous pour la
travailler ? Pas grand-chose et, mes petites propositions de fête de la convivialité, pour aller au devant des urbains, les rassurer, tombent dans l’indifférence des grandes organisations.
Nous ne prêchons qu’auprès des convaincus. C’est facile. Inefficace. Comme lors d’un conflit on ne fait la paix qu’avec son «ennemi» et, pour ce faire, dans une démocratie, si on veut avoir une
chance de contrer ses opposants il faut les mettre en minorité.
Quand aux ogres : Microsoft, Google, Yahoo et autres, que notre anti-américanisme viscéral et primaire nous font classer dans ceux qui
nous veulent du mal… je le répète, pour le premier en l’occurrence, ne font qu’appliquer pour la France, un principe de précaution juridique. En bonnes multinationales, elles ne vont pas se
priver de la manne publicitaire d’un secteur aussi important que celui des Vins&Spiritueux dans le monde. Il nous faut ramener l’affaire à sa dimension française sans pour autant négliger le
travail de fond au plan de l’UE (Dg santé), de l’OMS pour suivre de très prêt l’ensemble des questions de Santé Publique…
Ce dernier point m’amène à ce qui était le fond de ma chronique : quand le secteur du vin français va-t-il se doter des moyens pour
suivre en permanence ces questions ? On va me rétorquer qu’ils existent ces moyens et que je veux rajouter une structure supplémentaire à la pièce-montée. Faux ! Je constate simplement
que tout le monde agit en ordre dispersé, chacun dans son coin, sa profession, sa région, sans grande lisibilité et surtout avec un impact sur l’opinion publique, via les grands médias, proche de
zéro.
Ma ligne n’a pas varié d’un centimètre. Mes chroniques sur l’ANPAA en témoignent. Savez-vous que les CVO sur l’ensemble de nos beaux vignobles
représentent une manne de plus de 150 millions d’euros, de quoi alimenter un travail de fond auprès de l’opinion publique pour nous permettre de sortir de notre grand et si touchant
lamento…
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