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               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 00:06


La nouvelle est tombée sur le bureau du rédac chef de Vin&Cie :
«  des annonceurs du commerce du vin ont reçu un email signé “Microsoft adCenter Advertiser Support”. Le texte qui suit se fonde et reprend dans ses 2 premiers paragraphes le texte du site www.findawine.com

www.findawine.com/blog/2008/05/21/la-fin-du-vin-sur-internet-laffaire-microsoft/  

Ces entreprises, sites de vente de vin en ligne, distributeurs ou encore simples producteurs ont tous en commun d’être clients de la régie publicitaire de Microsoft. Si Microsoft est l’éditeur de logiciel le plus connu au monde le géant de Seattle s’est mué ces dernières années en vendeur d’espace publicitaires à travers ses différents sites tels que MSN, Xbox Live, Office Online ou encore Live Search. » Le mail annonçait la modification par Microsoft de sa “règle éditoriale concernant la vente d´alcool“. En effet Microsoft se refuse à partir du 1er juillet 2008 à relayer les “publicités promouvant et/ou facilitant la vente d’alcool” et désactivera donc les “mots-clés et annonces promouvant la vente de vins en ligne“. Concrètement les vignerons et plus généralement les vendeurs de vin ne pourront plus faire de publicité sur les sites contrôlés par Microsoft.

Pour justifier sa décision Microsoft s’appuie sur le vide juridique de la loi française : “la législation souligne qu’Internet ne fait pas partie des supports d’information autorisés à diffuser des messages publicitaires ayant trait à l’alcool (Article L3323-2) “ faisant  sienne l’analyse de la Cour d’Appel de Paris qui, on s’en souvient, avait dans son arrêt du 13 février 2008 fondée ainsi l’interdiction de faire de la publicité relative à l’alcool sur Internet. Attitude très américaine, constante, conforme au principe de précaution juridique préconisé par les conseils de Microsoft afin de se prémunir contre des recours type ANPAA. Faut-il pour autant s’alarmer de ce coup de semonce ? La réponse est clairement non. En effet, manifestement l’arrêt des magistrats de la Cour d’Appel relevait plus d’une volonté de sanctionner les agissements de la société Heineken que de la volonté de faire émerger une nouvelle jurisprudence en s’appuyant sur le silence de la loi, puisque celle-ci ne pouvait, en son temps, faire référence à un support qui n’existait pas. Ainsi  ils invitaient dans leurs conclusions le législateur à mettre la loi Evin en conformité avec l’apparition d’Internet. Si le législateur se refusait à combler ce vide il laisserait perdurer une rupture au principe d’égalité puisqu’il privilégierait les supports papier ou l’affichage par rapport à l’Internet. Sauf à penser que le législateur profiterait de l’occasion pour poser un principe d’interdiction du même type que celui qui prévaut à la télévision, pour des raisons de protection des mineurs très friands du Net, crier trop fort à la « fin du vin sur le Net » me semble la meilleure façon de donner des arguments à ceux qui ne manqueront pas de le demander lors des débats parlementaires.

Un lobby efficace est un lobby qui agit pas un lobby qui gémit.


Mon rédac chef furax face à ce lamento me dit : « Allez coco faut arrêter de crier au loup. Efficacité ! Ponds-moi un papier sur le sujet ! Quand est-ce que ce secteur va se comporter en grand secteur… C’est vraiment l’armée mexicaine… Faut que ça saigne coco ! »

Alors moi, bon petit soldat, j’ai mis l’ouvrage sur le métier. De fil en aiguille, mon goût pour les contes de Perrault et la référence évidente à Walt Disney le loup est devenu l’ogre et le petit poucet s’est cloné en une multitude de nains de jardin. En quatre coup de cuillère à pot ma chronique fut torchée et j’allais d’un pas guilleret la mettre sous le nez de mon rédac chef. Et là, oh surprise ! Sitôt lue, sitôt censurée, avec pour seul commentaire : « T’es louf, ils vont nous étriper… Il en sera fini de l’espace de liberté… » Je n’ai pas discuté. Mon rédac-chef à juste accepté la photo et le l’entame de mon conte : « Il était une fois dans un beau pays plein de vallons et de prairies, de coteaux ensoleillés, de bassins et de bassines, de machins et de zinzins, toute une bande de nains *… » Pour le reste, comme au temps de la censure, ce pamplhet circulera peut-être un jour sous le manteau ou on s’en fera une petite lecture un soir à la veillée entre adhérents à l’ABV… Bonne journée chers lecteurs frustrés de la lecture d'un si beau torchonnet (que ça ne vous empêche pas de réagir...)


* appellation qui ne vise pas, bien évidemment, mes collègues journalistes qui sont les seuls à tenter de faire le boulot...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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