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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /Mai /2008 00:06

Les beaux jours toujours avec des envies de choses simples, sans façon, préparées en trois coups de cuillère à pot, servies dans la poêle ou la casserole, alliance de la fraîcheur et des saveurs préservées. Le bord de mer présente l'avantage de pouvoir aller s'acheter au débotté, en rentrant, sur le port, un litre ou deux - pas de vin les amis - mais de beaux coquillages juste sortis de la mer, vivants et luisants. À l'Ile d'Yeu, dans mes vertes années turbulentes de l'année 68, alors que je m'étais temporairement reconverti en marchand de vermoulu * et que j'assurais aussi l'ordinaire de la maison, j'allais comme ça acheter à Port-Joinville des patagos.

Le patagos ou vénus, est un petit bivalve, lisse, qui cache sa coque blanc d'ivoire sous les sables fins et dorés des plages de l'Ile. Au temps préhistoire dont je vous parle il pullulait. On le glanait, armé d'une petite pelle et muni d'un seau de plage, sans grand effort. Sa notoriété estivale a failli lui coûter la vie. Aujourd'hui, les pêcheurs professionnels le trouvent au large de Noirmoutier ou dans la baie de Bourgneuf. Dans mon 14 ième, rue Daguerre, mon poissonnier le propose régulièrement à sa clientèle. La recette est, comme je l'ai écrit, simple. Le mets est succulent : un goût de mer à l'état pur. En plus, comme on le mange avec les doigts, le plaisir est plus grand encore lorsque, bravant les convenances, on se les lèche en fermant les yeux pour garder en soi le souvenir de la pointe iodée soulignée par la douceur de la crème fraîche.

Vous achetez des patagos dans la quantité correspondant à votre appétit et de celui de votre entourage ou de vos invités.
Vous les lavez à grande eau sans les laisser séjourner afin de les débarasser du sable qu'ils peuvent encore contenir.
Vous tranchez en fines lamelles des oignons.
Dans un faitout ou une poêle munie d'un couvercle, que vous chauffez à feu vif, vous jetez les patagos et  les lamelles d'oignons puis vous couvrez.
Les coquillages s'ouvrent et rendent leur eau.
Versez la crème fraîche sur les coquillages chauds et servez.

 

Dans D'Yeu que c'est bon ! les éditions de l'épure www.epure.editions.com vous donne sa version des Patagos à la crème.

Pour accompagner ce festin maritime je vous recommande une Colombelle
www.plaimont.com

* marchand de vermoulu : brocanteur dans le langage islais...


  

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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