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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /Fév /2006 10:04

Au temps de mes culottes courtes, dans mon bourg, seuls les commerçants partaient en vacances, les plus aventureux passaient même les frontières. Dans le lot il y avait madame Ginette, la coiffeuse de ma mère, qui avec son Francis de mari, entrepreneur en bâtiment, voyageait beaucoup. J'adorais madame Ginette, elle avait un côté star américaine des années 30, avec sa permanente impeccable, son blond oxygéné et ses ongles carminés. Bon, elle n'avait pas inventé l'eau chaude, elle minaudait un peu, mais après chacun de ses périples elle rapportait un petit souvenir et, comme pour s'excuser du côté babiole de la chose, elle croyait bon de dire " vous savez c'est très typique..."

Moi je trouvais ça naze et, les années aidant, l'usage du concept de typicité m'a toujours plongé dans un abîme de perplexité. C'est flou, mou, le genre plus petit dénominateur commun, une référence sans contours identifiés alors que le concept de type : la Jaguar type E par exemple  permet d'identifier au premier coup d'oeil l'objet que l'on caractérise ainsi. Vous me voyez venir avec mes gros sabots emplis de paille et, pour faire bonne mesure, je livre à votre réflexion la définition de la typicité d'une AOC, extraite d'un document INAO-INRA.

TYPICITE : défini comme état et caractère de ce qui est typique. Un produit doit être typique de son appellation. Le type peut être décrit par l'ensemble des perceptions que tout sujet a d'un produit, notamment par des critères sensoriels d'ordre subjectif qui dépendent de la culture de chaque personne.

Une telle définition c'est, au mieux, de la bouillie pour chats, au pire, une escroquerie intellectuelle... 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

"perceptions par des critères sensoriels d'ordre subjectif qui dépendent de la culture de chaque personne" !  Mais où vont-ils donc chercher tout çà ? Et à quoi ça les a mené ? à part au serpent qui se marche sur la queue ? (c'est une des typicités du serpent c'est bien connu !).


Merci pour cet instant d'éclat de rire, est-ce qu'il existe une définition de ce type pour "pittoresque" ? Car si elle existe, de grâce faites-nous la connaître !

Commentaire n°1 posté par S Champion le 20/02/2006 à 12h19
Ce document Inra/Inao rassemble différentes communications scientifiques qui n'engagent que leurs auteurs. Plusieurs communications discuttent, critiquent, interrogent la notion de typicité (notamment la contribution collective finale) ou la confrontent à des évaluations concrètes. Certains passages et auteurs sont clairs, d'autres encore confus, c'est vrai. Je n'ai pas retrouvé la citation que vous avez extraite (je n'ai pas tout relu !) mais c'est toujours un peu facile de faire ce type de sélection sans la nommer précisément, sans la resituer et sans évoquer les autres définitions proposées  (laissant croire qu'il s'agit du "produit de la recherche", alors qu'il s'agit vraisemblablement d'un "déchet" dans un débat scientifique très large ). Ne risque-t-on pas de dériver vers la dénonciation facile du chercheur "escroc", autre forme du mécanisme du bouc émissaire, que vous fustigez à juste titre dans le cas des manifestations de viticulteurs ! je suis pour la critique, les coups de gueule et rappels à l'ordre (merci pour votre blog), mais SVP juste aussi un petit mot doux de temps en temps pour des chercheurs qui aiment les vins et les viticulteurs (trices) et s'investissent beaucoup sur des thèmes qui ne sont pas forcément les plus faciles !!!  A + pour des débats sur le fond cette fois...
Commentaire n°2 posté par Jean Marc Touzard le 20/02/2006 à 20h00
Bon pour contribuer sur le fond de la typicité. je laisse la définition dadaiste (aptitute à vivre sous une tante indienne)pour partir de la définition plus mathématique : "propriété d'appartenance à un type", que l'on peut décrire à partir d'une combinaison de caractéristiques reconnues comme fondant ce type, par un groupe humain. C'est dèjà un peu bouilli pour chat, mais dans un univers mathématique cela veut dire que tout objet peut être décrit par n variables et que un groupe humain (des experts par exemple) définissent des références (types) à partir de combinaisons de certaines de ces variables (k
Commentaire n°3 posté par Jean Marc Touzard le 20/02/2006 à 21h10

Cher chercheur qui aime le vin et ceux qui le font,

ma citation est extraite de la rubrique proposition de lexique page 14 à la rubrique TYPICITE ce qui au plan de l'honneté intellectuelle est incontestable. 

Comme vous avez pu le constater hier, j'aime et je respecte le travail des chercheurs puisque je me propose de le mettre en pleine lumière afin qu'il nous aide dans nos débats, simplement je souhaite que des espaces de liberté soient ouverts aux poètes et aux rêveurs.... 

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 23/02/2006 à 12h10
effectivement Jacques cet article me fait bien rire...et puis on est nombreux à avoir  des souvenirs plus ou moins émus, gamins,   d'une blonde Ginette aux ongles carminés, non....? Donc, je ne me moquerais pas de Ginette, mais sur la typicité, je vous indique : - que l'association de vignerons Sève vient de mettre son site en ligne....www.seve-vignerons.fr -que dans la liste des liens amis figure en bonne place "sans interdit" - que si vous tapez "typicité" dans la petite fenêtre de recherche, vous tombez sur un article commis par votre serviteur il y a quelques années...-que sur la même question vous pouvez aussi aller sur le même site voir le compte rendu du colloque sur le goût que nous avons organisé à Banyuls en août 2005...
Tout ceci non pas pour faire notre pub, mais pour dire qu'il s'agit toujours d'une conception bien présente dans la viticulture d'aoc, toujours en débat dans la réforme de l'agrément. Cette formulation assez bizarre que tu pointes dans un document de l'INAO est symptomatique du débat en cours...et ce concept de "typicité" (sensorielle, en fait)  est une vraie fausse réponse à la "concurrence des vins étrangers",  avec des effets catastrophiques sur le potentiel de création, d'invention, de liberté, de notre viticulture...
Merci Madame Ginette..
Commentaire n°4 posté par baudouin patrick le 21/02/2006 à 01h05
le terroir n'est rien d'autre que la rencontre du regard du vigneron sur son métier et du plaisir du client_consommateur.
La typicité dont on parle c'est le couvercle sur la marmite, la camisole qui permet surtout que rien ne bouge et empêche les vignerons inventifs de faire évoluer leurs pratiques .
Commentaire n°5 posté par philippe pouchin le 22/02/2006 à 00h08

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