Vin&Cie, l'espace de
liberté
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
Bon
appétit ! Diffusez le message autour de vous.
Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la
newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien).
ou placez www.berthomeau.com dans vos favoris.
Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.
Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.
Pour les amoureux du bien vivre à la française l'adhésion à l'Amicale des Bons
Vivants s'impose afin d'affirmer notre engagement et notre détermination face aux provocations des
prohibitionnistes.
C'est simple comme un clic via : commentaire ou
contact ou berthomeau@gmail.com
Du moins c'est ce qu'écrivait le doyen de l'époque : Yvan Audouard, dans le numéro spécial : "L'archipel du goulot" : L'alcool à
tous les degrés, en avril 1991, en répondant à une question provocatrice en diable : " Et, au "Canard", on boit de la limonade, peut-être ? " Dans ces années là j'étais DirCab et, invité par
mon correspondant au "Canard", Hervé Liffran, une fois l'an, pour partager avec lui le pain et le sel, j'ai pu constater que notre divin nectar était à l'honneur. Quand est-il aujourd'hui ? C'est
la question que je me pose depuis que je chronique sur Vin&Cie. La nouvelle génération est-elle plutôt tendance "dionysiaque" ou plutôt
tendance "apollinienne" ? Je ne sais. Pour le savoir j'ai lancé il y a quelques semaines une bouteille dans la mare au "Canard" pour leur
demander de répondre à mes questions dans mon petit espace de liberté. Sans résultat, pour l'heure le volatile ne répond pas. Serait-il atteint par la vague des interdits ? J'en doute, mais
comme je ne vais pas poser, comme au temps de Ponia, des micros dans leurs locaux - aujourd'hui se serait plutôt de la vidéo - dans l'attente d'une hypothétique réponse il ne me reste plus qu'à
m'en tenir à la jurisprudence Audouard : "Au Canard, on ne boit, on se désaltère..." et, comme dit l'adage qui ne dit mot consent, sauf à ce que je
reçoive un pan sur le bec je n'en démordrai pas. En conséquence de quoi je vous offre ce matin des morceaux choisis de la prose d'Yvan Audouard.
" Nous habitions à l'époque rue des Petits-Pères, "Nous",
c'est-à-dire "Le Canard". Je me trouvai exceptionnellement seul dans la salle à manger qui nous tenait lieu de salle de rédaction. Treno, le directeur d'alors, entre et s'étonne de ma solitude
:
- Où sont les copains ? …
C’est mon tour de me sentir étonné :
- Au bistro, bien sûr…
Alors j’ai vu dans son regard une lueur de désespoir et même une certaine détresse :
- Tous… !
Bien que tout petit buveur lui-même, il pratiquait à notre égard une méritoire tolérance et son inquiétude d’ailleurs se dissipa aussitôt. Il savait, après trente ans d’exercice, que le journal continuait de se faire à « l’annexe », c’est-à-dire au comptoir du Vieux Saumur. Il lui arrivait même de trinquer avec nous.
Car il faut qu’on le sache et qu’on le répète « urbi et orbi » : au « Canard » on ne BOIT pas, on TRINQUE.
Importante distinction, qui fit dire un jour à Prévert :
- Il y a des gens qui me prennent pour un ivrogne. Pourtant ils ne m’ont jamais vu boire seul ! …
Pour ramasser ma pensée en une formule lapidaire, je dirai simplement : « Les bons comptoirs font les bons amis. »
Nos lecteurs ne s’y trompent pas : ils lisent « le Canard » comme on boit un coup avec un ami. Et quand la cuvée n’est pas réussie, ils n’hésitent pas à nous engueuler et à nous dire avec un franc-parler sans indulgence :
- Tu n’étais pas dans ton état normal quand tu as écrit cette connerie…
« Il y a quelques années notre confrère Jean Egen avait écrit un livre intitulé « Messieurs du « Canard ». Je passe sur les éloges dont il nous avait accablés (simplement parce que je les trouve amplement mérités), mais je retiens de son remarquable ouvrage la distinction essentielle qu’il a établie entre les « apolliniens » et les « dionysiaques ». Ou, pour dire les choses plus simplement, entre les buveurs d’eau et les autres. Ou encore, pour employer le vocabulaire de la profession, entre les journalistes d’investigation et les « chroniqueurs ».
Et, Audouard d’écrire que le premier se doit d’être « pur comme le cristal » aussi bien pendant qu’il fait son enquête
qu’au moment où il la rédige, alors que le chroniqueur, homme d’humeur, peu bien évidemment le faire à jeun, mais comme il se dévoile en même temps qu’il révèle ce que la vérité brute dissimule,
rien ne lui interdit d’aller aussi la chercher au fond des verres. Autre temps, autres mœurs, au « Canard » de ce temps-là on trempait sa
plume dans le Juliénas pour lui donner de la fantaisie et de l’espièglerie, comme l’écrit Audouard « ce fragile dosage entre la raison et le désir contrôlé, cette acrobatie permanente où les
cabrioles des uns soulignent la solidité de l’ensemble, qui font du « Canard » le plus sérieux des journaux ». Certains esprits bien
pensants vont m’accuser, et peut-être me faire condamner, pour incitation à une consommation excessive. Peu me chaut, je me refuse à l’apposition hypocrite du sacro-saint conseil de modération et
comme le disait le très sérieux Paul Valéry « Ô récompense après une pensée qu’un bon canon à la gloire des
dieux ! »
En complément de la chronique de Paul Bats du 30 avril : "sans faim" vous pouvez lire l'interview d'Edgar Pisani : "
Le monde peut-il nourrir le monde ? Sans doute pas !" colonne de gauche du blog sous la rubrique : Pages .
Derniers Commentaires