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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 00:07

 


Ce matin je soumets à mes commentaires Robert Parker, le juge, le notateur, le craint, le vilipendé, celui que le Figaro qualifie de gourou dont les appréciations régulent le marché mondial du vin, rien que cela même si, dans le même mouvement, le journaliste réduit l’ampleur du phénomène à l’univers des prix de certains vins aussi rares que chers : « Une note supérieure à 95 et le prix de la bouteille atteint des niveaux stratosphériques. Une mauvaise évaluation ? C’est la chute brutale. »

Qui suis-je pour oser me permettre ce genre d’incongruité ?

Rien !

Rien qu’un ignorant, un ensemble vide, le mètre-étalon déposé au Pavillon de Sèvres de l’ignorance gustative.

Adepte de la diagonale du ouf je présente tout de même une caractéristique rare dans le panorama bordelais : une totale indifférence – au sens de la physique, indifférence magnétique, équilibre, neutralité – au phénomène Parker. En effet, j’éprouve une forme de sympathie malicieuse pour l’homme, amoureux revendiqué de la France et de sa culture, qui parle notre langue ; je tire mon chapeau au personnage qui a bousculé l’establishment bordelais et le réduit à un état de révérence proche de celui de la noblesse d’empire vis à vis de Badinguet. Pour moi, Robert Parker n’est ni ange, ni démon, c’est un excellent homme d’affaires qui a su imposer sa marque, sa signature et qui l’entretient avec les armes habituelles du marketing et de la communication. Sa notoriété, la positive, comme la négative suite aux « accusations » de connivence de son ancienne collaboratrice, est indéniable.

Alors, jugeons sur pièces.

Le jugement de Parker sur le millésime 2007

« Il se présente bien mieux que je ne le pensais. Il a dû endurer un été désastreux. Heureusement, le temps sec, chaud et ensoleillé de septembre semble l’avoir sauvé. Les meilleurs châteaux, dont les ressources financières ont permis d’effectuer un travail rigoureux dans le vignoble et une sélection stricte, ont produits des vins fruités, doux, très charmeurs, qui seront plaisants à boire dans les prochaines années. Ils n’ont pas la densité, la structure et la puissance des grands millésimes, mais ils seront sur la finesse, l’élégance et d’une manière générale bien équilibrés.

En revanche, les vins de qualité inférieure, qui constituent la majorité de la production, sont sans relief, avec un goût herbacé, voire végétal. Globalement, ils sont décevants. »

Commentaire : Le premier paragraphe est un peu convenu Robert, imaginez que ce fusse moi qui l’eut écrit je suis persuadé que la plupart d’entre vous penserait que je l’eusse pompé. Sur le climat c’est du copié-collé. Pour le reste, c’est un peu hypocrite, car en dehors des « meilleurs châteaux »– qui par construction ont les moyens de travailler et de sélectionner – qui vont nous offrir un charmant millésime, c’est quoi au juste la qualité du millésime des autres ?

Ceux qui sont entre le gotha et la plèbe des « vins de qualité inférieure » majoritaire, qui sont exécutés sans autre forme de procès : j’adore la formule « avec un goût herbacé, voire végétal » comme si l’herbe n’entrait pas dans le monde végétal. Pourquoi ne pas introduire des nuances du genre : goût de fétuque des prés ou d’oseille des jardins, ce serait plus poétique et je suis sûr que ça plairait aux consommateurs « bio ».

De plus, en dépit des performances gustatives reconnues du grand Robert, du genre marathonien du goûté-craché : « je travaille en trois étapes. Il y a des journées où il y a douze ou treize rendez-vous dans les châteaux. D’autres jours je travaille avec des professionnels comme l’Union des Grands Crus ou le Cercle de la rive droite, qui centralisent un grand nombre d’échantillons. Et enfin, je vois des négociants qui ont une sélection spécifique de vins, à tous les prix, que je goûte. Au final, une grande partie des vins sont testés sur une période de dix à onze jours, deux à quatre fois dans des conditions différentes. » je le trouve un peu gonflé de porter un jugement définitif sur des vins qu’il n’a pas pu, ou voulu goûter. Je n’imagine tout de même pas que les sélectionneurs soient assez « stupides » pour lui présenter des « vins épinards ».

Le Parker « brosse à reluire » sur l’évolution du Bordelais

«  Il est facile de critiquer cette région tant elle possède de châteaux de réputation mondiale. Mais il y a des raisons à cette notoriété : ils sont les plus constants dans la production des plus grands vins du monde, et ce, dans la longévité. Une véritable révolution qualitative a été réalisée lors des dix-quinze dernières années. En fait, Bordeaux est souvent critiqué car ses vins les plus célèbres sont devenus aussi chers que des œuvres d’art. Mais heureusement, il ya encore un océan de vins de grande qualité à des prix raisonnables… »

Commentaire : Je signe vos propos cher maître mais puis-je me permettre de pointer une étrange contradiction entre l’océan de vins de grande qualité et la mer des Sargasses de la banalité de la grande majorité des vins du Bordelais telle que décrite ci-dessus ? Je ne conteste pas la part de vérité de vos appréciations mais, puisque vous nous dites ne pas avoir voulu devenir ce que vous êtes, c’est-à-dire, le baromètre des vins de Bordeaux, faites nous la grâce de ne pas vous ériger en grand maître de tout et de rien. L’omniscience à l’échelle d’un individu n’est que vanité.

Robert Parker et la mondialisation du marché du vin

« C’est très bénéfique aux producteurs. Ils ont aujourd’hui la possibilité de vendre dans tous les pays où l’intérêt pour les bons vins prédomine. Et puis la consommation de vin devient de plus en plus populaire. D’un point de vue stratégique, je porte une attention particulière à l’évolution du goût et à l’intérêt grandissant pour le vin dans les contrées asiatiques. On constate une attention remarquable pour le vin, comparable à ce que nous avons connu aux USA dans les dix dernières années. »

Commentaire : saint Robert Parker vous parler d’or, puissiez-vous être entendu par la masse des vignerons et de leurs dirigeants : le modèle de consommation du vin se redessine hors des vieux pays consommateurs et gageons que, selon une tendance constatée, il se réimposera chez nous au sein des nouvelles générations. Puisque le vin devient de plus en plus populaire cela signifie que le plus grand nombre, les non initiés, l’abordent sans nos codes, nos préjugés. Tout est possible pour le vin français, à la seule condition, surtout pour les vins populaires, de sortir de notre conception « artisanalo-bricoleuse » de ces vins. En clair : sortir du modèle tout AOC y compris pour certains vins de pays de grandes zones. Merci Bob d'aller porter votre bonne parole in South of France. 

Coup de chapeau de Robert au vin français

« Le vin français reste la référence pour tous les pays qui produisent des grands vins. Sa grandeur et sa qualité intrinsèque sont devenues des indicateurs influençant les vignerons des autres pays dans l’évaluation de leur production. Les vins français, aujourd’hui, ont considérablement progressé dans la qualité même dans les années difficiles. »

Commentaire : le passage du singulier au pluriel voile un manque évident : en dépit de nos considérables progrès qualitatifs nous ne sommes pas la référence des vins qui plaisent aux néo-consommateurs de la toujours plus vaste planète du vin. Merci Robert de mettre le doigt où ça fait mal.

Le style dominant selon le Parker

« Nous avons une plus grande diversité. Bien sûr les médias préfèrent quand c’est blanc ou noir et affirment qu’il s’agit d’un style international. Mais en fait, il y a plusieurs styles. Les vins sont de plus en plus qualitatifs et ils se distinguent par leur personnalité, leurs qualités et non plus par leurs défauts. »

Commentaire : eu égard à la qualité du récipiendaire, peut mieux faire. C’est flou. Les modeux sont plus diserts.

Les Notes afférentes aux commentaires ci-dessus ne seront communiquées qu'à ceux d'entre vous qui en feront la demande express via la formule Contact de ce blog. 

Le rédacteur en chef de Vin&Cie l'espace de liberté , un peu gonflé...
   

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

tchoo 28/04/2008 22:46

Un gout végétal, communément reconnu comme tel, le poivron (vert!).Généralement péjoratif dans le vin, parce accompagné de maigreur, d'acidité qui en font un peti vin.Eh bien, cette anné, on trouve des vins très coloré, très bien structuré,, avec des tanins fondus et souples mais avec un nez de poivron.Cet arôme, dérangeant et dévalorisant dans d'autres circonstances, et qualifié de végétal, dans un vin de très bonne constitution devient une typicité remarquable.Amusez-vous avec ça!

JACQUES BERTHOMEAU 29/04/2008 08:25


Fallait le dire : nez de poivron, c'est plus explicite qu'un goût herbacé voire végétal car 1°le goût c'est la bouche et 2° si le poivron est un végétal ce n'est pas de l'herbe. Bref
imaginons un marchand de 4 saisons dire que ses poivrons rouges ont un goût de bordeaux il ferait un tabac auprès des ménagères de plus de 50 ans...


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