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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 00:05

Sous forme de boutade je dirais : " nous avons les meilleurs experts reconnus par nos collègues du monde entier et nous ne le savons pas". Patrick Aigrain de Viniflhor, fait parti du cercle très fermé de ceux qui savent mettre les grandes données économiques en perspectives, les interpréter, leur donner sens. Comme son oncle Pierre - grand physicien, homme de science, certes, mais aussi homme d'action, qui va après la guerre, de la DGRST au secrétariat d'Etat à la Recherche dans le gouvernement Barre, faire connaître à la recherche fondamentale française une période faste, où l'enthousiasme et l'imagination ne sont pas bridés par la bureaucratie.Personnage atypique, Pierre Aigrain est l'un de ceux qui ont fait renaître la science française après la guerre. Son rayonnement sur la physique française est considérable - notre Patrick est lui aussi atypique, iconoclaste, curieux et dérangeant, conditions nécessaires et suffisantes pour nourrir le débat et faire que nous tenions notre rang de grand pays du vin dans le concert mondial. L'intelligence économique, notre capacité à innover, à influer sur les grandes tendances, à anticiper, participe au rayonnement de nos vins tout autant qu'une littérature célébrant nos terroirs et notre histoire. Gardons-nous de nous retirer de cette scène. Soyons soucieux, qu'à l'OIV, dans les Universités, partout où l'opinion se forme ou se déforme, des Patrick Aigrain puissent exercer un magistère intellectuel. Patrick le fait avec une modestie toute naturelle et un art consommé du maniement des chiffres et des opinions qui décoiffent. Je le remercie de m'avoir donné un peu de son temps.

La filière vitivinicole mondiale, notamment sa composante européenne si l’on examine l’évolution des cours des Vins de Table, aura finalement mis 2 ans et demi en vins rouges et rosés (un peu moins en vins blancs) pour « digérer » la forte production 2004 (plus de 300 Miohl hors jus et moûts). Cet excédent est apparu sous les influences combinées d’une rentrée en production, sans aléas climatique défavorable, des plantations accumulées notamment dans l’hémisphère sud  depuis le début de la décennie 1990 et d’une régulation communautaire inadéquate (la Distillation « Alcool de Bouche » ayant servi, comme l’on pouvait s’y attendre, à approvisionner le marché des brandies mais pas à réguler un marché communautaire du vin représentant plus de 60% de la production mondiale).

 

Plusieurs facteurs ont contribué a résorbé cet excédent conjoncturel mondial :

-         et principalement la modeste production 2007 : 162 à 165 Miohl pour l’UE à 27, et  moins de 10 Miohl en Australie, pour une prévision mondiale comprise entre 263 et  270 Miohl (-7% et – 20 Miohl / 2006 en milieu de fourchette d’estimation)

-         mais aussi, au plan hexagonal, une reprise de l’abandon définitif primé en France qui en 2 campagnes a atteint 36 mha (20 mha entre 2006 et 2007, soit 55% de la régression annuel de l’UE à 27)…

Preuve, s’il en était besoin, qu’avec un produit miscible et stockable et un appareil de production rigide, en absence de régulation, un excédent conjoncturel a toutes les chances de se pérenniser en attendant que la nature fasse son œuvre.

 

Pourtant, le marché mondial est marqué, malgré une pause en 2007 (à un peu plus de 240 Miohl), par un redémarrage lent mais avéré de la consommation mondiale de vin depuis le milieu de la décennie 1990, à un rythme de croissance d’un peu plus de 1,5 Miohl / an.

 

Si l’érosion tendancielle du niveau de consommation intérieure des pays traditionnellement producteurs se poursuit, les marchés en développement se situent principalement en Amérique du nord, dans le nord de l’Europe et en Russie.

 

La consommation de vin en Chine est, selon toute vraisemblance, croissante mais son niveau précis actuel et son rythme de croissance réel sont difficilement connaissables. En tout état de cause, si l’on s’écarte d’une approche de ce niveau de consommation par bilan – seule approche possible sur le long terme- (qui conduit à un chiffrage d’une consommation apparente incluant l’ensemble des boissons fermentées incorporant du raisin ainsi que les distillats vitivinicoles) et que l’on vise une définition du vin proche de celle de l’UE, ce niveau est de l’ordre de 5 Miohl (à plus ou moins 1 Miohl), inférieur donc à celui par exemple de la Russie de près de moitié.

 

En grande masse, le marché mondial du vin reste donc concentré géographiquement (FR, IT, USA, ALL, ESP, UK et ARG, soit 7 pays représentant en 2006 60% de la consommation mondiale), et compte tenu des politiques de santé, il est clair qu’à l’avenir la croissance de la consommation mondiale de vin sera davantage portée par une extension du nombre de consommateurs que par un accroissement de la consommation individuelle des actuels consommateurs, et donc en partie par une extension géographique du marché.

 

L’internationalisation du marché du vin se poursuit à un rythme rapide (+ de 91 Miohl échangés en 2007 : +8,4% /2006), même si pour des raisons logistiques, voire techniques (assemblage de vins de diverses provenances), la part de vins importés dans un pays puis réexportés vers le pays de destination finale croît, dopant ainsi le niveau du marché mondial (calculé comme la somme des exportations de tous les pays du monde). Ce phénomène suit en cela la poursuite de la concentration à l’échelon international de groupes vitivinicoles (souvent multi boissons), ainsi que le fonctionnement en réseau (notamment à l’égard de la distribution, qui partout dans le monde tend à se concentrer) de certaines entreprises à l’échelon de la planète.

 

On peut remarquer que le mode de croissance du marché mondial du vin repose encore très largement sur le transport des vins finis (conditionnés ou non), davantage que sur le développement de vignobles locaux censés approvisionnés des marchés en développement. Tout d’abord le vin reste un produit très majoritairement destiné encore aujourd’hui aux pays développés et, récemment, et pour ne retenir que les évolutions significatives, les nouvelles implantations ou croissances notables du vignoble de cuve, (après celles réalisées massivement dans les pays dits du « nouveau monde viticole » jusqu’au tout début de la décennie 2000 mais qui se poursuivent à un rythme global plus réduit et qui avaient pour vocation essentielle d’accroître la capacité à exporter de ces pays), n’ont vraiment vu le jour qu’en Chine et au Brésil.

 

Les pays de l’hémisphère sud et les USA continuent de prendre des parts de marché mondial en atteignant 28% des échanges mondiaux en 2007, aidé en cela par une parité euro / dollar favorable, et ce malgré le fait que l’Italie, qui n’a pas été handicapée ces 2 dernières années par un niveau faible de disponibilité, a retrouvé ses niveaux d’exportations antérieurs à plus de 18 Miohl et que dorénavant l’Espagne exporte autant en volume que la France.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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