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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 00:07


L'INDE est une  grande puissance agricole (28% du PIB en 2006) autosuffisante alimentairement en dépit de sa croissance démographique (2,7 enfants par femme en 2006)


L'INDE, puissance technologique (pharmacie, biotechnologies, télécoms) C'est le 1er exportateur mondial de produits génériques

L'Inde, grande démocratie de plus d'1 milliard d'habitants, population en croissance de +10%/an, la plus jeune du monde, mosaïque humaine avec ses castes, ses religions *, ses 18 langues officielles, pays aux contrastes saisissants entre l'Inde urbaine et celle des campagnes : 50% d'illettrées, grand pays industriel ouvert aux contacts au Sud : les Mittal et les Tata, plus farouche au Nord avec des infrastructures au bord de la rupture * est un marché d'avenir pour le vin. Bien sûr, comme le souligne Pascale Fleury de la mission économique de l'ambassade de France à New-Delhi, ce marché c'est celui d' "une classe moyenne urbaine, éduquée et solvable. 300 millions de personnes qui travaillent dans de grandes entreprises à Bengalore* ou ailleurs et qui constituent une troisième Inde avec des comportements sociaux et de consommation différents..."

Le taux de croissance de la consommation des vins, qui avoisinait 30% l'an dernier, en dépit du poids des taxes parmi les plus chères du monde et la prohibition de l'alcool dans de nombreux états, fait rêver et, bien sûr c'est la ruée : tout le monde arrive. Sans vouloir jouer les rabat-joie, avant de s'enflammer, il faut tout à la fois cibler les types de vins en fonction des cibles visées : classe moyenne aisée ou les riches, les très très riches. Le vin d'entrée de gamme, plutôt locaux, le vin fashion : boisson apéritive des jeunes cadres, le vin cadeau... de mariage des classes aisées, le vin sophistiqué pour les nouveaux riches... en tenant compte que l'essentiel de la vente de vins se fait en B to B, hôtels, restaurants, duty-free et wine shops. Donc, évitons les processions interprofessionnelles et privilégions une approche d'entreprises ayant l'expérience, la notoriété et les reins solides pour défricher ce grand marché. Ne semons pas l'illusion en mettant en avant des effets multiplicateurs mirobolants qui ne pèseront pas lourds face aux réalités locales. Y aller, certes, mais éviter d'y bricoler à la française en allant se frotter à l'entrée de gamme où les vins locaux sont vendus entre 5 et 10 euros alors qu'un vin départ France à 2 euros devra, par le jeu des taxes, devra se vendre au moins à 20 euros. Deux cibles doivent être privilégiées afin de boxer dans les bonnes catégories : les vins technologiques (on aime le fruité et le sucré) de marques avec une référence France et les vins de haute tradition à la française : du vigneron star jusqu'aux GCC en passant par les grands domaines.

Puisque vous avez été de bons élèves je vous offre deux bons points que vous pouvez consommer sans modération :

1- je vous conseille d'aller voir le film jubilatoire de We Anderson A BORD DU DARJEELING LIMITED avec des acteurs formidables : Adrian Brody, Owen Wilson, Jason Schwartzman les 3 frères et, de passage : Bill Murray, Anjelica Huston et Natalie Portman. Enfin, un contrôleur indien Waris Ahluwalia plus indien que nature...

 

" Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l’Inde afin de renouer les liens d’autrefois.

Pourtant, la « quête spirituelle » de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie…

Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c’est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu’aucun d’eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d’amitié et de fraternité…"

Un extrait du livre d'Alberto Moravia " Une certaine idée de L'Inde " chez Arléa. À méditer.

" Donc, tu es allé en Inde. C'était bien ?
- Non.
- Tu t'es ennuyé ?
- Non plus.
- Que t'est-il arrivé là-bas ?
- J'ai fait une expérience.
- Laquelle ?
- L'expérience de l'Inde.
- Et ça consiste en quoi ?
- À faire l'expérience de ce qu'est l'Inde.
- C'est-à-dire ?
- Comment t'expliquer ? L'Inde c'est l'Inde...
- Mettons que je sache absolument rien de l'Inde. alors, je t'écoute.
- Mais moi non plus je ne sais pas ce qu'est vraiment l'Inde ! Je la sens, voilà tout. Toi aussi tu devrais la sentir.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je veux dire que tu devrais sentir l'Inde comme, dans l'obscurité, on sens la présence de quelqu'un qu'on ne peut pas voir, qui ne dit rien, et qui, pourtant, est là.
- Je ne comprends pas.
- Tu devrais la sentir, là-bas, vers l'orient, par-delà la Méditerranée, l'Asie Mineure, l'Arabie, la Perse, l'Afghanistan, quelque part entre la mer arabique et l'océan Indien... Sentir qu'elle est là, qu'elle t'attend...
- Et pourquoi m'attendrait-elle ?
- Pour rien.
- Je ne te comprends toujours pas.
- Disons alors, pour ne rien faire...
- D'accord, mais tu ne m'as pas toujours dit ce qu'est l'Inde.
- L'Inde c'est l'Inde.
- Dis-le-moi en une phrase, une maxime, en deux mots.
- Eh bien l'Inde, c'est le contraire de l'Europe !
- Je ne suis pas plus avancé. Tu devrais déjà commencer par me dire ce qu'est l'Europe.
- Je préfère te donner une définition de l'Inde. Disons que, l'Inde, c'est le pays de la religion.
- Et c'est ce qui en ferait le contraire de l'Europe ? Mais l'Europe aussi est religieuse.
- Non, l'Europe n'est pas religieuse.
- Et que fais-tu des religions païennes de la méditerranée et des pays nordiques, du catholicisme et de la Réforme...
- Peu importe... L'Europe n'est pas religieuse.
- Qu'est-ce que l'Europe ?
- Si j'étais indien, je pourrais peut-être te le dire. Mais comme européen, ça m'est difficile.
- Eh bien, mettons que tu es indien.
- En tant qu'Indien je dirais que l'Europe est ce continent où l'homme est convaincu qu'il existe réellement ; où le passé s'appelle l'Histoire ; où l'on préfère l'action à la contemplation ; où il est admis communément que la vie vaut la peine d'être vécue ; où sujet et objet cohabitent en parfaite harmonie er deux illusions comme la science et la politique sont prises au sérieux. En Europe, on croit que la réalité ne cache rien, ce qui ne prouve pas qu'il n'y ai rien de caché. En quoi l'Europe aurait-elle quelque chose à voir avec la religion ?
- Voilà un Indien bien présomptueux. En tout cas, il ignore le passé de l'Europe - j'entends son passé religieux, les siècles durant lesquels furent construites les cathédrales.
- Le Moyen Âge ? J'allais t'en parler. il n'est pas vrai que notre Indien ignore le Moyen Âge ; au contraire, il l'apprécie parce que c'est justement la seule période historique, en Europe, qui lui rappelle l'Inde. Mais il sait aussi que, pour la plupart, les Européens s'imaginent le Moyen Âge comme un temps de malheurs, d'ignorance, de brutalité, d'obscurantisme et de misère. La persistance tenace de ce préjugé contre le Moyen Âge dans l'opinion populaire prouve une fois de plus à notre Indien que l'Europe, au fond, n'est pas religieuse. et, en effet, les Européens considèrent la Renaissance comme la fin du Moyen Âge, alors que, du point de vue de l'Inde, cette période devrait s'appeler Décadence.
- On ne peut tout de même pas nier que, sans la religion, une grande partie de l'histoire de l'Europe nous échapperait.
- L'idée que s'en fait notre Indien est différente. Lui pense que les Européens, si inventifs dans le domaine des sciences, de la politique et des arts, ont fait preuve d'un manque absolu d'originalité et d'esprit créatif pour ce qui est de la religion. L'histoire de l'Europe ne s'explique nullement par la religion, mais par les efforts que le Européens ont déployés pour concilier les exigences propres à la religion avec ce qui lui est étranger ou ennemi. En fait, en Europe, ce qui caractérise la religion, c'est le compromis ; cela revient à dire que les Européens, au fond, ne sont pas vraiment religieux. D'ailleurs, pour s'en convaincre, il suffit de voir ce que les Européens ont réussi à faire du christianisme en l'espace de quelques siècles.
- Quoi donc ?
- Ils l'ont contaminé par tout ce qui n'est pas religieux, ils en ont fait un appendice et comme une justification de la vie terrestre, un étançon de la politique, un ornement, une commodité, un élément superflu, une chose qui ne sert à rien et ne signifie rien..."

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

alain laufenburger 16/04/2008 07:38

Ah là on reconnait ta truffe avant-gardiste, cher Jacques. Enfin on lit quelque chose d'intelligent sur l'Inde (la démocratie, le marché de masse, les positionnements possibles....). Pas sûr que nos grands acteurs hexagonaux aient bien compris le potentiel du marché. Merci pour le conseil de lecture...

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