Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 00:02

 

Si ce matin j’ai choisi de titrer ainsi ma chronique en référence à la proverbiale chanson de Surcouf : « Buvons un coup, Mesdames, buvons en deux, Messieurs / À la santé des amoureux / À la santé du Roy de France / Et merde pour la reine d’Angleterre / Qui nous a déclaré la guerre ! » c’est que j’ai envie de hisser l’étendard de la révolte des corsaires pour me moquer des culs pincés au teint blême, des hygiénistes médiatisés, des prohibitionnistes patentés,  de tous ces Got et Ostrogoths médicaux, nouveaux barbares de la bonne santé, grands pourvoyeurs de tranquillisants, qui n’ont de cesse de nous border d’interdits, de nous pourrir la vie. Ce matin donc, dès l’aurore, alors que le soleil se levait à tribord de mon goélette, j’ai hissé tout en haut de ma dunette le nouvel étendard de la révolte des biens et des bons vivants : le drapeau de l'A.B.V.

Surprise : il est blanc ivoire, non que je voulusse que nous nous rendîmes à nos pourfendeurs en une reddition sans condition, mais parce que le noir est connoté alors que le blanc – outre qu’il est l’une des couleurs de notre nectar – se place au mitan des deux autres couleurs de notre drapeau national : le rouge – qui lui aussi est des nôtres – et le bleu, et qu’ainsi, si ça nous chante, nous pourrions y arborer les attributs de nos vices présumés tels qu’ils sont ci-dessus représentés.

Tel est donc à partir d’aujourd’hui l’étendard de ralliement de l’Amicale des Biens et des Bons Vivants : la fameuse A.B.V.

En parodiant les fameux slogans des murs de mai 68 ressortis de la naphtaline pour le 40 ième anniversaire, j’ose proclamer que « nous sommes tous des ânes qui fument… », qu’ « il est interdit d’interdire… », que « sous les pavés : la cave… »  que « nous sommes tous des indésirables »  et, qu’après tout, si « l’imagination prend le pouvoir » j'affirme, chers amis de l’A.B.V. « soyez réalistes demandez l’impossible… »

La dérision : mon âne qui fume, demi-nu sous son tonneau, avec ses grolles et son futal d'urbain décomplexé, vaut bien toutes les campagnes de communication à la con que nous assènent les austères à la télévision. Comme si les pochtrons allaient soudain se mettre à carburer à l'eau de source en matant des spots à la télévision : bourrés, ils roupillent sur leur canapé. Faut arrêter de déconner ! 


Ceci dit, j’ai écrit que je hissais l’étendard des corsaires, pas celui des pirates : en effet nous sommes, même si certains voudraient nous ostraciser en nous taxant de drogue légale, de braves et bons français qui travaillons pour ramener des picaillons dans les caisses. Même si comparaison n’est pas raison rappelons le
distinguo - juridiquement clair, mais historiquement plus flottant : le corsaire est un pirate qui a en quelque sorte droit de l’être, immunisé qu’il est par l’autorisation en bonne et due forme délivrée par une puissance reconnue (lettres de cachet du Roi, commissions de guerre). Le pirate, lui, rançonne ou massacre pour son propre compte. Dans les faits, la frontière entre « course » et piraterie était assez étanche : certains pirates finissaient anoblis par des titres officiels ; inversement, les frères Laffitte, parmi les derniers flibustiers à avoir connu la notoriété, furent d’abord des corsaires français avant de virer pirates lors des guerres napoléoniennes. Et les Etats maritimes, toujours hypocrites, taxaient volontiers de « pirates » les « corsaires » des autres…

 

Hypocrite nous sommes, nous le pays de référence mondiale du vin de pratiquer un double langage où d’un côté, sans discernement, les ligues de vertu et de tempérance, les mandarins, les ex-alcooliques chabaliélisés clouent au pilori les dispensateurs de plaisir et de bien vivre que nous sommes, au nom d’une vision dépassée de la santé publique et d’une stratégie purement médiatique orchestrée par Got et ses disciples ; et de l’autre, d’engranger sans sourciller les dividendes multiples : territoriaux, environnementaux, économiques et sociaux, générés par les femmes et les hommes qui font et vendent le vin.

Ça suffit !

En ces temps de croissance molle, de commerce extérieur déficitaire, de peur des délocalisations, de pouvoir d’achat anémique le temps est venu de proclamer haut et fort que nous sommes des pourvoyeurs de prospérité ; que nous sommes aussi, en ces moments gris, dans cette époque de défiance où le moral de beaucoup d'entre nous est dans leurs chaussettes, les ambassadeurs du bien vivre à la française, que nous apportons au PIB la part de convivialité qui donne encore à notre vieux pays l’attractivité qui draine vers lui les visiteurs du monde entier.


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Jacques Berthomeau

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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