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6 février 2006 1 06 /02 /février /2006 09:39

En 1978, lorsque j'ai déménagé pour habiter dans le 13ième, j'ai découvert le parc Montsouris créé à l'initiative du baron Haussman. Dans sa partie qui borde le Bd Jourdan, près de la Cité Universitaire, la profonde tranchée de la voie de chemin de fer de la Petite Ceinture m'a de suite fascinée. Un dimanche matin, c'était en juin je crois, sac au dos, à l'aurore, je m'y suis introduit par les entrepôts de la place de Rungis et j'ai marché jusqu'à la Seine, le pont National. Etrange mélange de paix, de résidents improbables, de bouts de jardin, d'un monde enfoui, immobile. Bel exemple aussi de l'inertie des édiles. Bref, le chemin de fer de la petite ceinture qui, hormis les voyageurs, véhiculait vers Paris-bestiaux les grands boeufs blancs, embarqués à la gare de la Mothe-Achard, pour être sacrifiés à la Villette ou ailleurs.

Pendant longtemps j'ai rêvé de faire le tour complet, mais je n'ai jamais pris le temps. Nicolas Chaudun, lui, l'a fait, à bicyclette (pas sur la voie), un hollandais comme le mien, en 5 jours et il en a tiré un récit de voyage Le Promeneur de la Petite Ceinture édité par Actes Sud. C'est une mine, pleine d'humour, d'érudition, d'histoire vivante, un vrai bijou. Alors, en ce lundi matin, je ne résiste pas au plaisir de vous offrir un morceau choisi de ce périple loufoque et jubilatoire.

"Ces villages(ceux de Belleville) offraient à d'autres Parisiens(le petit peuple) un but d'excursion très prisé. Pressé dans une turgotine, on venait pour la journée s'étreindre et rimailler sous la tonnelle d'une guinguette. Etablissement sans façons, mais fleuris et chantants, les guinguettes avaient fait leur apparition au début du XVIIIième, pour proliférer quand Louis XVI et la Ferme Générale ceignirent Paris d'un mur d'octroi. Exemptées d'un impot qui ne frappait que la capitale, elles abreuvaient leur clientèle d'un blanc verdelet qui fit leur nom et leur renom, le guinguet, dont la fraîcheur aigrelette et la furtive coquetterie poussaient les dames aux abois. le vin, pour autant, n'était pas en ces parages affaire de maquerelle.

Passant par Charonne, on touche au grand vignoble parisien qui, depuis Belleville jusqu'au Perreux, s'étirait sur plus de huit kilomètres. Tandis que la production d'Ile de FRance atteignait son sommet, vers 1788, Charonne consacrait les trois quarts de son terroir à la vigne. L'ancienne folie Regnault que s'était offerte ce bon La Chaise, cet enclos de dix-sept hectares était alors entièrement couverte de vigne. Mieux orientées que celles de Belleville et de Ménilmontant, les pentes de Charonne produisaient un vin de réputation suffisamment flatteuse pour concurrencer les vins de Loire, ceux de l'Orléanais notamment, encore très en faveur sous la Révolution. Sur ces versants, la vigne résista plus longtemps; les derniers échalas durent en être arrachés peu après l'annexion. Les guinguettes décampèrent à leur tour, dévoyées, sinon chassées par le trop-plein de la Ville Lumière "

A demain pour vous parler des "vins libres", bon salon aux vins de Loire et bonne semaine à tous...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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