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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 00:06

 

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La séquence sur la région délimitée de Cognac se clôt ce matin par les réponses du président du BNIC, Jean-Pierre Lacarrière, à qui je pourrais donner du cher collègue puisque, très modeste président du BNICE - Bureau National du Calvados (BNICE)- transformé en IDAC je boxais dans la catégorie des eaux-de-vie d'appellation et militait avec lui pour que notre spécificité par rapport au vin soit reconnue dans un comité spécifique à l'INAO. Sur la photo, c'est l'homme à la cravate rouge, avec Philippe Boujut sans cravate, et les deux chefs de famille. Jean-Pierre Lacarrière a succédé à Bernard Guionnet au titre des maisons de Cognac. La sienne c'est Remy-Martin du groupe Remy-Cointreau dirigé par Dominique Hériard-Dubreuil. Dans mes années de missionnaire dans les Charentes l'appui discret et compréhensif de Dominique Hériard-Dubreuil m'a permis de dénouer bien des crispations et de faire avancer, avec ce qu'il faut de diplomatie charentaise, le dossier épineux du niveau de la QNV.

Question n°1 : Au cours de la dernière décennie le Cognac a retrouvé sa gnac et aligne des performances remarquables sur les marchés extérieurs. Est-ce-que les représentants des familles professionnelles de la région délimitée ont su mettre à profit cette période favorable pour tirer les enseignements du temps que j’ai connu – Red Adair sans grands moyens d’une crise liée à l’affaissement de la demande et à l’inadéquation de l’offre – où le salut ne semblait venir que de l’arrachage ou de la reconversion du vignoble. En quelques mots, Jean-Pierre Lacarrière, en tant que président du BNIC, dites-nous ce qui a changé au cours de cette période ?

Réponse de JP Lacarrière :

On ne parle plus d'arrachage ni de reconversion. Les expéditions de cognac en progression continuelle depuis huit ans ont apporté les solutions. La réponse définitive à des crises régulières dues à l''inadéquation entre l'offre et la demande demeure.

Les professionnels ont voulu apporté des réponses à ce défit récurrent. La réorganisation de l'OCM viti-vinicole en a été le déclencheur. Leur réflexion a débouché sur des propositions réunies dans le "Plan d'avenir de la viticulture charentaise" adoptée en 2003 par l'Interprofession.

Ce dispositif envisage la création de filières cognac, vins de base, pineau s'appuyant sur une affectation parcellaire révisable tous les ans. Ce dispositif permettrait à chaque viticulteur de gérer son affaire en fonction de ses débouchés et de ses contrats. Ce système en dehors de l'intérêt de la flexibilité dans la gestion de production régionale permettrait de développer et consolider des filières en fonction de l'état des différents marchés cognacs / vins de table / pineau. Ce dispositif, qui doit être en vigueur au 1er août 2008 avec la nouvelle OCM, est toujours en attente d'une confirmation juridique de la part du Ministère de tutelle (Agriculture), malgré les demandes pressantes et réitérées des professionnels.
Question 2 : L’histoire de la région délimitée de Cognac semble être une alternance régulière de périodes d’euphorie et de crises brutales, le ralentissement actuel des ventes fait dire à certains que la prudence est de mise. N’est-ce pas là méconnaître la mutation profonde de vos marchés qui, tirés par l’explosion de la demande de produits de luxe, sont beaucoup moins sensibles au ralentissement de la croissance américaine. Qu’elle est l’analyse du président du BNIC sur l’évolution de la demande : surchauffe ou simple palier ? Que faut-il faire ?

Réponse de JP Lacarrière :
Le consommateur est à la recherche de produits Premium qui lui apportent du rêve et pour certains sont un signe de statut. Pour durer, ce produit doit s'appuyer sur des qualités réelles. Le cognac correspond tout à fait à cette recherche du consommateur par son histoire, par ses qualités intrinsèques.

Par son histoire car il se caractérise comme un produit de négociant qui dès l'origine il y a plusieurs siècles, a conquis et développé les marchés extérieurs. Ces qualités issues d'améliorations continuelles de process d'élaboration soutenues par des investissements publi-promotionnels très importants des marques en ont fait un produit éminemment désirable, ce qui se concrétise, ces dernières années, par le développement à deux chiffres des volumes de qualités supérieures et de qualités vieilles. Les marques les plus prestigieuses rivalisent dans des présentations luxueuses particulièrement recherchées. Cette tendance qui s'amplifie nous fait penser qu'il n'y a pas de surchauffe mais un vrai développement  qui se poursuivra. Néanmoins, la prudence doit être maintenue car l'entrée de gamme VS représente toujoursun petit 50 % du volume.
 
Question 3 : Dans mon rapport de 2001 sur le positionnement des vins français à l’exportation j’avais mis en exergue le Cognac et le Champagne pour montrer que le couple produit-marques mondiales était générateur de performances à l’exportation, avec une différence essentielle entre ces deux grandes régions : la Champagne me semblait plus consensuelle et générait un gagnant-gagnant entre le Syndicat Général des Vignerons et l’Union des Maisons de Champagne. A-t-on progressé dans ce domaine ? Les regroupements professionnels que j’appelais de mes vœux se sont-ils concrétisés ? Les tensions se sont-elles apaisées ? Le cycle vertueux de la création de valeur partagée est-il enclenché ?

Réponse de JP Lacarrière

A l'évidence, les intérêts des deux familles Viticulture et Négoce ne sont pas entièrement juxtaposables. L'objectif est donc de trouver un consensus pour assurer un développement harmonieux de la filière, ce qui à mon sens, implique de "s'asseoir" sur les idéologies pour répondre d'une façon pragmatique aux défis du marché.

Cette dernière année, les professionnels ont mis en place des outils de gestion qui permettent de modéliser les réponses de la viticulture entermes de production aux besoins de commercialisation du négoce. Cet outil d'aide à la décision a été mis en place, testé, et fonctionne.

Les réformes récentes concernant la gestion des appellations (INAO) ou des zones viticoles (gestion par bassin) ont permis aux professionnels du cognac de démontrer qu'ils étaient capables de travailler paritairement et d'une façon raisonnable au sein de structures ad hoc.

A mon sens, les tensions sont apaisées même si parfois, il y a quelques montées d'adrénaline. On peut dire que depuis trois ans, le partage de la valeur a été amorcée.

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