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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 00:00
Pour le gendarme Gendron, grand admirateur d’Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS117, l’enchaînement des évènements dépassait de très loin les aventures du héros mythique de Jean Bruce. En effet, une énorme Limousine Mercédès, aux vitres fumées, sans doute blindée, pointait sa calandre, rutilante et arrogante, entre les piliers du portail. Ses pneus « taille basse » montés sur des jantes larges – sans doute des 15 pouces – mordaient avec violence les gravillons de l’allée et les projetaient, tels des grêlons, sur les marches du perron avant de s’engager sur le flanc gauche de la gentilhommière. L’élégant claquait des doigts, c’était chez lui l’expression la plus aboutie de sa supériorité, en intimant l’ordre à Gendron de rapatrier son collègue et le garde, réfugiés dans la R4, à l’intérieur, tout en saisissant la belle plante par le bras. Gendron s’exécutait. Les autres, y compris le jeune flic et ses deux collègues, les accompagnaient. « En attendant que l’orage passe, le gros poisson se planquait, comme les carpes, dans la vase. Maintenant qu’on le tire de là faut pas qu’on voit sa tronche de vieux brochet… Hein ! » Gendron n’en revenait pas de sa tirade qui tombait dans l’indifférence générale. Seul, le jeune flic au perfecto, lui offrait un sourire las.
 
« Les colis sont pris en charge. Il ne nous reste plus qu’à mettre la dernière main à la version officielle des évènements. Messieurs, suivez-moi ! » L’élégant claquait à nouveau des doigts en entraînant son monde dans une pièce jouxtant le vestibule. Il s’asseyait derrière un bureau Empire. Les autres restaient debout, en demi-cercle, face à lui. Gendron, remarquait de suite, entassé sur une vaste bergère recouverte de damas pourpre, tout un attirail : collier clouté, fouet, laisse tressée, guêpière et cuissardes de cuir, et toute une collection de godes, qui ne laissait aucun doute sur le sport pratiqué par le protégé de la République. L’élégant le tirait de sa contemplation fortement teintée de bandaison « Messieurs, en accord avec nos autorités de tutelle, les évènements de cette nuit relèvent d’un banal cambriolage opéré par une bande de traîne- lattes. La gendarmerie de Coye-la-Forêt, représenté ici par le sous-brigadier Gendron, enregistrera la déposition de l’OP Benoît Audron, qui peut se résumer ainsi : prévenu ce matin par un coup de téléphone de madame Sylvie Brejoux, épouse du commissaire-principal Brejoux des RG de Nantes, que dans la nuit du 5 au 6 mars, alors qu’elle dînait en compagnie de Maxime Dautry, fondé de pouvoir de la Compagnie Marcel Bréchard, ici même, au lieu-dit château du Mont-Royal, une bande de cambrioleurs masqués les ont agressé, saucissonné pour s’emparer d’objets de valeur. Nous vous en communiquerons la liste. Pour s’introduire dans la propriété, la bande avait au préalable pris le garde Bouzeron en otage. L’intervention rapide du commissaire Bourrassaud, supérieur hiérarchique de l’OP Audron, a été justifiée par la qualité des agressés. Bien évidemment, les autorités géographiquement compétentes, en la personne du lieutenant Jean Calisson de la Reynardière, chef de la brigade de gendarmerie de Coye-la-Forêt, furent prévenues par le commissaire Bourrassaud. C’est donc en plein accord entre la Police Nationale et la Gendarmerie que cette intervention eut lieu. Pour tout le reste, vous n’avez rien vu. J’ajoute qu’à aucun moment vous ne devrez faire état de ma présence sur les lieux. Vos carrières en dépendent. Des questions ? Pas de questions, alors exécution. »     

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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