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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 00:03


En contemplant l’état lamentable de Bouzeron, le bellâtre avait fait sûr lui, Gendron et Buchou, sans trop savoir pourquoi, sentaient flotter au-dessus de leurs képis un fumet d’emmerdements futurs. Ce détour par le pavillon d’honneur, sans enfreindre l’ordre de leur gommeux de chef, leur flanquait une affaire sur les bras. Pendant le désaucissonnage du garde, Gendron qui, sans être un esprit très agile, se situait dans la bonne moyenne française des démerdards, décidait que, selon une formule imagée d’un vieux routier de la politique, « dans la mesure où les merdes volent en escadrille… »  mieux valait ne pas s’embarrasser de celle-ci, et que la décision la plus sage consistait à neutraliser ce grand con de Bouzeron. À la grande surprise de son collègue Buchou, il toisait le garde : « Tu ne fais plus le fier, hein, Bouzeron ! Pour ta réputation vaudrait mieux qu’on soit discrets mon collègue et moi. Je ne sais pas si c’est un cornard qui t’a fait payer l’addition de son cocufiage mais tu vas me faire le plaisir d’aller te laver. Tu pues la trouille et le reste. Avant qu’on te fasse cette fleur tu vas nous faire des confidences sur Mont-Royal. Donnant-donnant : nous on la boucle, toi tu l’ouvres… » Bouzeron, obtempérait avec la veulerie des forts en gueule. Il entraînait les deux pandores à la cave qui avait des allures de bunker. Le sol, comme les murs, enduit de résine miaulait sous leurs semelles de crêpe. Des plafonniers épandaient une lumière crue dans une enfilade de pièces meublées, de façon rudimentaire, militaire, comme un appartement de surface. Au fond, tout le flanc droit d’une vaste cuisine était occupé par des frigos de bouchers. Bouzeron, sans hésiter, se dirigea vers la porte de l’un d’eux, grande ouverte. Buchou et Gendron se lançaient des regards interrogateurs. Ce qu’ils voyaient dépassait très largement leur capacité d’imagination.

 
«  Ces salauds ont tout pété… » Bouzeron, accablé, se laissait choir dans un fauteuil pivotant qui trônait au milieu de la petite pièce dévastée. Les deux gendarmes qui le suivaient, sans piper mot, se demandaient s’ils ne rêvaient pas. Lorsqu’ils étaient entrés dans le frigo, Bouzeron s’était glissé entre les carcasses suspendues, eux aussi, et ils avaient découvert un grand rideau de plastic couleur muraille qui masquait une ouverture. Gendron lâchait, fataliste, « on est vraiment dans la merde… » et lorsqu’il déboucha dans une sorte de salle de contrôle, ravagée à coup de masse, le spectacle qui s’offrit à ses yeux lui fit prendre conscience que c’était pire. « C’est quoi ce bordel Bouzeron ?
-         Je ne sais pas…
-         Tu me prends pour un con. Tout ce matos, je suppose qu’il ne te servait pas à surveiller tes gonzesses enflure.
-         Ben non mon adjudant c’est mon patron…
-         Qui c’est ton patron ?
-         Je n’en sais rien…
-         Arrête de te foutre de ma gueule !
-         Mais j’me fous pas de votre gueule, ici, je suis qu’un pion. Moi je fais ce qu’on me dit de faire.
-         Et qui te dit de faire ?
-         Le téléphone.
-        Bien, on continuera cette petite conversation plus tard, pour l’instant, Bouzeron, il faut que tu nous dises vite fait ce qui t’ai arrivé et que, dans la foulée, tu nous tuyautes sur ce putain de lieu qu'on nous cache. Avec tout ce tintouin électronique y’a sûrement de la grosse anguille dans le marigot.
-        Ça c’est sûr mon adjudant. Dans le petit Mont-Royal ça baise et ça chasse. Que du beau monde…                                     

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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