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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 00:01

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Bernard Devic m'avait invité au conclave de Lastours, en 1999 le climat gardait une touche d'euphorie, tous pensaient que les temps difficiles jamais plus ne reviendraient. Moi je terminais ma médiation sur les VDN, j'en entamais une autre à Cognac et déjà je commençais à me poser les questions qui allaient déboucher sur l'écriture de mon rapport. Ce jour-là, comme toujours, il eut du grand jeu, du spectacle et je ne pouvais m'empêcher de penser que cette belle et grande région, avec son goût immodéré pour les discours, ses divisions fondées sur l'histoire, si elle ne prenait pas très vite conscience de la mutation qui s'entamait, ne pourrait toucher les dividendes de la reconversion de son vignoble. Même si ça peu vous étonner, ce jour-là, je me tus. A l'heure des conclusions concoctées par Ernest Young je me permis une seule question : "y-a-t-il un pilote dans l'avion ?" qui tomba dans un silence goguenard.

Ce matin, à l'heure où Vinisud ouvre ses portes, il m'est apparu tout naturel de tendre le micro de Vin&Cie au pilote de l'Airbus commun, Inter Sud, Bernard Devic, pour qu'il fasse le point sur les avancées du dossier. Je l'en remercie chaleureusement.
 

1ère question : Bernard Devic, l'organisateur du conclave de Lastours que tu as été en 1999, pense-t-il maintenant qu'il est aux manettes d'Intersud qu'en 10 ans les choses ont vraiment changé dans la belle région South of France ?

Réponse de Bernard Devic :
 
Effectivement, dans le cadre de mes anciennes responsabilités de Directeur Général du CIVL, une dizaine de responsables professionnels de la filière viticole régionale m’avait chargé d’organiser un « conclave » qui s’est déroulé à Lastours fin décembre 1999.
 
Cette journée avait permis d’analyser avec précision ce qu’était la région viticole, ses forces et faiblesses, et il apparaissait évident, déjà, qu’il fallait « fédérer » si on ne voulait pas connaître beaucoup de désillusions avec l’accélération de la mondialisation des vins.
 
Les décisions d’orientations prises ce jour là n’ont pas abouti et je me suis lassé !
 
Il y a maintenant 4 ans, j’ai changé d’orientation : Directeur Général dans le Groupe Val d’Orbieu et je suis revenu avec plaisir dans le « milieu » qui a initié Inter Sud avec la même conviction et les mêmes postulats que ceux qui avaient été présentés à la fin du siècle dernier.
 
Malheureusement depuis nous gérons une crise dont l’amplitude est plus forte qu’ailleurs. Ce qui va laisser des traces profondes dans notre Région.
 
Ce qu’il y a d’intéressant, mais qui est dramatique et triste, c’est de regarder la « cassette » des débats de ce conclave, parce que tout ce qui avait été prévu s’est réalisé….. puisque nous n’avons pas fait !
 
Maintenant, on m’a confié la Présidence d’Inter Sud qui est pour le moment le seul outil fédérateur du CIVL, CIVR, Inter Oc et Anivit régionale ; et je constate que les choses sont très difficiles à changer, même si l’outil Inter Sud a déjà résisté à beaucoup de péripéties.
 
Ce qui a, par contre, radicalement changé et qui semble irréversible, c’est la mise en place des Bassins et cette donnée nouvelle devrait nous aider à évoluer positivement dans cette belle région Sud de France.
 
 
 
2 ième question : Si ça coince encore, pourquoi ? Qui bloque ? Vous faut-il un médiateur pour que vous vous livriez à une psychanalyse collective ? Dans ce domaine j'ai un peu d'expérience, je suis toujours partant pour les causes désespérées...
 
 
Réponse de Bernard Devic :

Ce qui bloque et qui malheureusement peut aussi être utilisé comme alibi :
 
Ø      La position de l’ANIVIT qui reste une interprofession nationale. Comme tout le monde le sait, une bonne partie du budget de cette structure a son origine dans le Languedoc Roussillon et ce budget est géré au niveau national dans le cadre d’actions de communication pas faciles à fédérer avec la stratégie Sud de France. Et enfin, il n’est pas évident d’expliquer la cohérence entre une gestion par bassin et le maintien d’une ANIVIT nationale.
 
 
Ø      La mise en place de l’OCM qui segmente les produits avec origine ou sans origine.
 
Ø      « L’humaine condition » : il est difficile de fédérer des acteurs reconnus dont il faut saluer le professionnalisme et la forte mobilisation pour des causes collectives. Là nous rentrons dans un schéma beaucoup plus psychologique et cela demandera du temps ! en rappelant que tout le monde est d’accord pour faire, mais se pose des questions quand réellement on avance et que les étapes se franchisent.
 
Toutes les structures qui se fédèrent, où qu’elles soient, connaissent les mêmes problématiques. A-t-on besoin d’un psychanalyste ?
 
 
3 ième question : Pourquoi les grands metteurs en marché de la région, les nationaux comme les locaux, donnent-ils le sentiment de refuser de prendre leurs responsabilités pour que l'économique prime sur le politique ?
 
 
Réponse de Bernard Devic :

Les metteurs en marché de notre Région sont globalement d’accord sur 3 éléments :
  1. l’économie prime sur la politique
  2. qu’il n’y ait qu’un seul système fédérateur avec une gouvernance unique
  3. ils n’ont pas le temps de participer au quotidien aux trop nombreuses réunions nécessaires à la vie de 3 ou 4 structures.
 
Devant cet état de fait, ils souhaitent aller vite sans prendre peut être toutes leurs responsabilités. Et je pense qu’on peut porter la même réflexion pour des metteurs en marché d’origine régionale ou nationale.
 
Il va de soi que le maintien d’une ANIVIT nationale perturberait irrémédiablement le schéma de construction des Bassins. Et si cette situation de mise en place tardait trop, l’impatience prendrait le dessus. On pourrait assister à un « rapport de force » comme l’arrêt des paiements des cotisations, au moins dans leur montant actuel.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

alain laufenburger 21/02/2008 18:18

Merci cher Jacques pour ces 3 questions. Pour avoir assisté lors de Vinexpo à l'appel du 18 juin du sieur Devic (compte rendu sur http://consultingforever.typepad.fr/mon_weblog/2007/06/vinexpo-lappel-.html#more), je vois que l'enlisement se poursuit. Ce qui est presque "drôle" (quoiqu'il arrive préservons notre sens de l'humour), c'est qu'il te dit bien que toutes les structures qui se fédèrent connaissent les mêmes problèmes et que pour autant il rejette le besoin du psychanalyste (que tu ferais très bien). C'est.... désarmant !

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