Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 00:00


C'est un extrait du "Manuel de survie dans les dîners en ville" tiré du chapitre : In vino veritas, pages 112-113, à déguster sans modération.

" Inutile toutefois de plomber l'ambiance en décrivant minutieusement cette face-là * de notre Janus vinicole. Restez côté banquet platonicien, sur lequel vous pourrez vous exprimer avec l'aisance qu'autorise un usage bien-fondé de la boisson. Sauf si vous êts du genre nietzschéen, à détester le vin ("Chez moi, l'esprit plane au-dessus de l'eau") ; mais bon, in aqua veritas, ça marche moins bien...
Rappelez que, lors d'un symposion dans l'Athènes de Platon, l'idée générale était de boire une quantité telle que les convives (masculins et aristocrates) soient gais, mais aussi véloces du neurone pour la conversation, la poésie, le chant, sans compter diverses activités sensuelles postérieures. Précisez, pour les amateurs de calcul, que la quantité de vin (par convive) consommée au long d'une de ces soirées pouvait atteindre un niveau d'alcool équivalent à un litre ou un litre et demi de bière, car il était coupé d'eau pour moitié ou aux deux tiers. D'ailleurs, pour rappelerles convives à leurs devoirs, leurs coupes étaient parfois illustrées, sur la face interne, de scènes de vomissements qui se révélaient aux buveurs lorsqu'elles se vidaient (oui, comme la pin-up se révélant au fond des burettes d'un restaurant chinois).
Concluez sur l'essence du banquet, à savoir l'amour, la beauté ou un sujet connexe, qui sera abordé avec l'exigence de vérité qui caractérise la philosophie. L'amour du vin ne tachera certes pas dans ce paysage. Mais ne faites pas comme ces échansons de salon qui gonflent telles des outres lorsqu'ils entonnent un péan à la gloire du cru qui est sur la table, ou, pire encore, de celui qui n'y est pas. Ils vous dézinguent les bordeaux - "ils sont sur la pente descendante" - pour mieux vanter des piquettes invraisemblables avec un lyrisme dégoulinant (et les coteaux gorgés de soleil par-ci, et des notes de framboises, d'épices ou de violettes par-là). Il n'y a rien de plus saoulant que la pédanterie pinardière et, tant qu'à être éméché, comme rapporte Diogène Laërce, "il vaut mieux faire un faux pas avec les pieds qu'avec la langue".

21W1XGFFJHL._AA115_.jpg * les auteurs  décrivent les effets déstabilisateurs et gerbatoires du binge drinking et d'el botellón...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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