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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 13:02

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Tout le monde y va de son couplet sur le jeune trader Jérôme Kerviel, l'homme qui vaut 5 milliards de pertes à notre vénérable Société Générale drivée par l'un des plus beaux fleurons de notre establishment financier à la française, c'est-à-dire issu de la haute administration des Finances, Daniel Bouton qui fut, de mon temps, chef du bureau agricole du budget, ancien Directeur du Budget, qui a commis, ironie de l'Histoire, en 2002, pour le compte du MEDEF un très beau rapport : "Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées" et qui, selon le magazine Capital, était en 2006 le 2em patron le mieux payé de France avec 10,8 millions d'euros de revenus. Ne voyez pas dans mes propos une quelconque volonté d'accabler l'épicurien PDG de la SG, grand amateur de gros cigares et de grands Bourgognes, mais simplement d'envoyer un coup de gueule très appuyé à tous ceux qui nous bassinent à longueur de temps - type le journaliste Jean-Marc Sylvestre - en nous serinant que "c'est parce qu'ils font gagner beaucoup d'argent à leurs entreprises que nos managers voient leurs rémunérations atteindre des chiffres astronomiques". Qu'est-ce qu'on fait, en vertu de cette règle, quand ils en font perdre beaucoup ?
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Moi, ce qui m'intéresse dans cette affaire, c'est la solitude du trader face à son écran et ses crobars imbitables, le Nasdaq, le CAC40, dans le brouhaha de la salle de marché de la SG, l'une des plus importantes au monde. Le petit breton, né à Pont-l'Abbé, qu'a grandi dans le salon de coiffure de maman, qu'a fait sa licence, comme ma pomme, à Nantes, avant d'aller se former aux subtilités des petits génies des systèmes informatiques à Lyon, avec sa tronche fermée à double tour, son regard flou, son apparente insignifiance, son désir fou de faire ses preuves, de faire péter les compteurs, de recevoir le Award du trader le plus génial, n'est ni un bouc-émissaire, ni une victime, mais tout simplement la quintessence d'un système financier international qui, comme dans l'affaire des "subprime mortgages", les prêts immobiliers à risques aux USA, à force de raffiner ses instruments pour faire péter les profits, n'est même plus capable d'en connaître et d'évaluer ni la valeur, ni les risques encourus. L'arroseur, qui a vendu aux fonds dit souverains chinois ou saoudiens, est arrosé parce qu'il leur rachète, sans le savoir, la même camelote, et comme les montants en jeu sont tellement en dehors du sens commun, plus personne n'est en mesure de trouver, en temps et en heure, les moyens de stopper les dérapages du système. Quand les goinfres se goinfrent, tôt ou tard, ils se payent une belle indigestion et puis, désolé du terme, ils gerbent. Les collègues de Kerviel le surnommaient, le Gros, il achetait tout le temps de big paquets.

Et pendant ce temps-là, nous les frugaux, en dépit de tous les efforts déployés depuis des mois - votre serviteur avec quelques autres bien sûr- pour qu'un Fonds d'Investissement privé dédié au développement des entreprises de mise en marché du vin, voit enfin le jour, nous nous heurtons à l'inertie, aux égos des petits chefs, à une forme d'indifférence goguenarde des uns et des autres, à l'incapacité de traduire les bonnes intentions en actes. Ainsi, pendant que des milliards d'euros s'envolent en fumée sur des opérations hasardeuses qu'on espérait juteuses nos quelques malheureux millions d'euros, disons une cinquantaine au départ, judicieusement investis, bien gérés, nous permettraient de redonner du nerf à nos entreprises confrontées aux défis de la concurrence mondiale. Tous les éléments sont sur la table : le comité stratégique, le comité d'engagement, les partenaires financiers, le gestionnaire du fond, et rien ne se fait. Alors, pour ne pas désespérer, éviter de lâcher prise, je me passe en boucle du Bergson : " J'ai toujours voulu que l'avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire."   

 






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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

gus 30/01/2008 13:54

Les goinfres,les frugaux et ....les crève-la-faim:ceux qui en viticulture (et même ailleurs)se lèvent tôt tout les jours pour travailler plus tout en mangeant leurs maigres économies quand il y en a,le salaire de leur conjoint voire même les misérables retraitres des anciens....On a choisi le travail à la spéculation,le réel au virtuel,l'être au paraitre.On a tout faux....

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