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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 07:00

photoB16.jpgMarie accueillit chacun de ses invités avec un mot gentil. Elle les reconnut tous sans exception ce qui fit grosse impression. Dans son tailleur-pantalon noir Saint-Laurent, juchée sur de beaux talons, Marie de Saint-Drézéry, qui avait domestiqué au mieux ses cheveux en les piquetant de fleurs des champs, rayonnait. À son côté Paul de Candolle, chemise rose à col ouvert sous un costume gris lamé, orchestrait le ballet des serveurs tous issus d’une entreprise de réinsertion d’anciens taulards. Tout au fond de la salle un pupitre, juché sur une petite estrade et pourvu d’un micro, attirait l’attention de tous car il ne faisait aucun doute que Marie allait y faire, avant le souper, comme c’était écrit sur le carton d’invitation : ses petites annonces. Verres à la main ces messieurs et quelques dames des propriétaires s’agglutinèrent en demi-cercle avec un sens aigu de la hiérarchie des GCC. C’est le grand Eric qui testa la sono en déclamant sérieux comme un Pape «On dit d'un bon vin que c'est la Vierge qui vous pisse dans le gosier» provoquant des rires forcés. Précédée par Paul de Candolle qui tenait sous son bras un maroquin de cuir patiné, Marie fendit le demi-cercle pour prendre place sur la petite estrade. Elle chaussa des petites lunettes à monture métallique pendant que de Candolle posait sur le pupitre deux feuillets. Un silence à couper au couteau s’était installé. Marie s’éclaircissait la voix.

« Mesdames, mes chers collègues,

 

Tout d’abord merci d’avoir répondu aussi massivement à mon invitation. Je suis vraiment touchée. Vous pardonnerez je l’espère mon inexpérience. Mon invitation en ce lieu magique, entre les deux rives de la Gironde, outre le plaisir d’apprendre à mieux vous connaître, marque ma volonté de participer pleinement à la prospérité de notre vignoble prestigieux. Le destin funeste vient de me placer brutalement à la tête d’un patrimoine remarquable et j’entends en être digne. L’hypocrisie n’étant mon fort je ne vais vous la jouer grave – désolé je sors du texte de Paul, j’y reviens – mes tantes et mes oncles, famille de sang, ne constituaient pas ma famille de cœur et, tout en respectant leur mémoire, je ne me sens en rien leur héritière. Pour autant, même si certains d’entre vous le croient, je ne suis pas une révolutionnaire. Ce qui m’importe c’est de bien faire. De mon père je tiens le goût des chiffres. J’aime jongler avec eux et, même si jusqu’ici les valeurs monétaires m’étaient étrangères, je puis vous assurer que j’ai comblé mon retard en moins de temps qu’il faut à une pouffiasse pour perdre quelques kilos – pardon Paul c’est plus fort que moi il faut toujours que je fasse ma ramenarde.

Sans faire un mauvais jeu de mots je souhaitais vous accorder la primeur de la nouvelle orientation que je veux impulser à ces propriétés qui me sont tombées dessus comme la vér... – oui Paul, toi l’homme qui a quitté tes actes authentiques pour guider une pauvre fille comme moi, je reviens à ton beau texte. »

Marie but d’un trait son verre d’eau et passa la première page sous la seconde.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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