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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 00:05
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Michel Barnier, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, qui vient de conclure une négociation européenne importante pour le devenir de la viticulture française, a accepté de se soumettre aux 3 questions de "Vin&Cie" l'espace de liberté. Je l'en remercie très sincèrement car c'est une première pour ma petite entreprise et une forme de reconnaissance pour un petit média qui oeuvre, sans grands moyens, au service des hommes et des femmes qui font et vendent nos vins, pour que notre beau secteur soit reconnu comme l'un des fleurons de notre économie, comme l'un des éléments essentiels du développement et de l'équilibre de nos territoires, comme l'un des moteurs de notre commerce extérieur dans la mondialisation et, aussi, comme le vecteur de l'art du bien vivre à la française.  

1ereQuestion
 : - Monsieur le Ministre, la réforme de l'OCM vin, entérinée hier par le Conseil des Ministres de l'UE, est-elle une bonne réforme ? Vous satisfait-elle ? Pensez-vous qu'elle va redonner un nouvel élan au secteur face à la concurrence du Nouveau Monde ? Serons-nous en position de mieux gérer notre potentiel de production en fonction de l'évolution des différents segments de marché ?
 
Michel Barnier :
La négociation communautaire qui s’est conclue le 19 décembre dernier sur un accord politique pour une réforme de l’organisation commune du marché vitivinicole a été longue et compliquée. Beaucoup des propositions initiales de la Commission ne nous allaient pas. Nous partagions tous, autour de la table, l’objectif de redonner de la compétitivité à la viticulture européenne, afin qu’elle retrouve toute sa place dans un marché mondial en expansion, mais les avis sur les meilleurs moyens pour y parvenir étaient parfois très divergents. En plus, la négociation portait sur des sujets variés, sur de nombreux dispositifs, pour chacun desquels les positions des Etats membres étaient différentes. Il a fallu trouver des points de compromis sur chacun de ces nombreux sujets, et, à la différence des autres pays, même des autres grands pays producteurs, qui avaient chacun leur grande priorité, la France, elle, portait des demandes fermes sur la quasi-totalité des sujets. Si on le considère globalement, je crois qu’on peut dire que le résultat de la négociation est très bon, car la France a obtenu satisfaction sur quasiment toutes ses demandes : les droits de plantation sont prorogés, les outils de gestion de crise sont maintenus, l’évolution des règles d’étiquetage se fera avec un encadrement strict…. Cette nouvelle OCM nous donne un cadre de nature à permettre la poursuite de la modernisation de notre viticulture, dans un objectif résolument « conquérant ».
 
2ième Question : Le débat entre les Anciens et les Modernes, la tradition et la modernité est aussi vieux que le monde, alors Monsieur le Ministre ne vous semble-t-il pas paradoxal que, fort de la notoriété, de l’excellence d’une grande part de nos vins à AOC et de la modernité de certains de nos vins de pays, nous semblions craindre l’ouverture d’un réel espace de liberté où, contractuellement, sur la base de partenariat, pour donner un avenir à notre vignoble généraliste, nos opérateurs pourraient bâtir et développer des marques mondiales ? N’est-ce pas là le moyen le plus efficace de défendre notre potentiel de production pour reconquérir les parts de marché perdues ?
 
Michel Barnier :
Il n’y a à mes yeux aucun doute sur le fait que, dans le nouveau paysage mondial du vin qui se dessine, avec le renforcement constant de certains grands marchés, comme les USA ou le Japon, et l’émergence de nouveaux pays consommateurs, comme l’Inde ou la Chine, la France est vouée à occuper une place tout à fait centrale. Notre vignoble a tous les atouts nécessaires pour être leader au niveau mondial. On ne fait pas du vin en France depuis 20 siècles par hasard, ce n’est pas par hasard que le vin français fait partie du patrimoine gastronomique mondial. Nous ne devons avoir absolument aucun complexe par rapport aux nouveaux pays producteurs : nous avons tout pour faire mieux qu’eux ! Mais il est vrai que, peut-être, la viticulture française est trop longtemps restée une viticulture de l’offre, sans prendre la mesure des évolutions nécessaires pour répondre aux nouvelles caractéristiques de la demande mondiale, qui se développe. Il faut maintenant s’engager dans cette réponse, résolument.
 
3ième Question : Vous avez ouvert, le 11 octobre dernier, avec les organisations professionnelles, 3 grands chantiers, dont l’un sur la gouvernance de la filière. Sans préjuger des propositions qui vous seront faites Monsieur le Ministre, ne pensez-vous pas qu’il faille concilier, à l’instar de nos grands concurrents, l’Australie par exemple, des gouvernances régionales fortes et responsables avec la mise en avant d’une valeur sûre et mondialement connue comme une référence : la France, ce par le biais d’un portail Internet ou d’opérations communes de reconquête ?
 
Michel Barnier :
L’année 2008 doit être une année importante pour la viticulture française : elle doit être l’année du renversement définitif de tendance, elle doit marquer le début d’une phase d’expansion et de reconquête. Depuis quelques semaines, nous disposons d’un cadre communautaire clair et satisfaisant pour les années à venir. Le 11 octobre dernier, j’ai en effet lancé les travaux d’un plan de modernisation de notre viticulture. J’ai confié aux professionnels du secteur la responsabilité de me soumettre un certains nombre d’évolutions, de mesures concrètes, visant à redonner de la compétitivité à notre viticulture. J’attends pour le mois de mars des propositions variées, et notamment dans le domaine de l’organisation des filières et de leur gouvernance. Vous avez raison de le souligner : la question de l’articulation entre la logique régionale et la logique nationale sera un sujet essentiel à clarifier. Déjà, en 2007, l’appellation « vignobles de France » a été un élément très important pour le développement d’une politique commerciale offensive au plan mondial. Dans le nouveau contexte créé par la nouvelle OCM, il faut très certainement confirmer cette voie.

En bonus, une autre question que j'ai trouvée sur la Toile : 
Pourquoi délocaliser votre cabinet à Bruxelles du 21 au 25 janvier 2008 ? 

Elle vous permettra d'entendre le Ministre s'exprimer depuis son bureau du rez-de-chaussée de l'Hotel de Villeroy au 78 rue de Varenne (souvenirs, souvenirs, j'y ai passé deux ans de ma vie)

Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, délocalise son cabinet à Bruxelles du 21 au 25 janvier. Cette initiative vise à reconnecter le débat français et européen sur l’agriculture à quelques mois de la Présidence française de l’Union européenne et alors que débute le débat sur le bilan de santé de la politique agricole commune (PAC). 
Clicquez sur le lien.

http://www.touteleurope.fr/fr/actualite-europeenne/questions-a/michel-barnier.html

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Herv� Bizeul 23/01/2008 11:32

Il suffit de taper www.inao.com sur son navigateur internet pour comprendre comment les fonctionnaires qui nous gouvernent defendent l'AOC.  En ce faisant piquer le sigle...Quand  à entamer la statégie de reconquête, il est certains qu'augmenter le rendement autorisé des vins de pays montrent la voie choisie... Cette interview est pitoyable, montre que notre ministre ne comprend rien, n'est au courant de rien, ni des besoins de ceux qui sont à la dérive, ni des demandes des vignerons leader.Tout va bien, madame la marquise, voilà l'air qui devrait illustrer ce billet.Je m'attendais à un ministre sur le pied de guerre, je ne lie qu'autosatisfaction béate et grands mots creux : patrimoine gastronomique, pas de complexe, évolution nécessaire, plan de modernisation, modernisation de la gouvernance.  Ridicule. Dommage, je pensais que c'était un mec bien...Au lieu de s'entendre parler, il devrait essayer d'aller vendre du vin dans la zone dollars, avec la crise boursière et un euro au sommet...

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