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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:07

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" Au début, ceux qui produisaient des vins de garage étaient des gens comme moi qui, sans le moindre argent, connurent un grand succès. On faisait des vins cousus main, parce qu'on n'avait pas d'autre solution. Depuis, beaucoup se sont rattachés à ce mouvement, dont de célèbres crus classés qui élaborent leur propre vin de garage avec un étonnant succès. Voyez La Mondotte de Canon La Gaffelière, la Gomerie de Beauséjour-Bécot, l'Hermitage de Matras ou Saint-Domingue de La Dominique. C'est souvent l'INAO qui a fait naître ces vins de garage, en refusant à une parcelle isolée d'être classée comme le reste de la propriété. Les producteurs ont donc choisi de faire de ces parcelles un grand vin. D'autres ont voulu prendre le train en marche. Mais le vrai producteur de vin de garage est celui qui n'a pas d'autre possibilité que d'élaborer le meilleur vin possible parce qu'il n'a pas d'argent, pas de grand vignoble et qu'il doit vivre de la vente de ses 3000 bouteilles. Pour moi, c'est ça le "garagiste" à l'état pur."

"Et comment fait-on ? Quelle est la recette ?".

" Ce n'est pas compliqué. On fait le contraire de ce qu'on fait normalement quand on est petit. On investit beaucoup de travail. On sacrifie tout au vin.

Donc :


1- Faibles rendements. On nous permet 60hl/ha. Un grand vin se fait avec 30 hl/ha, tout au plus. C'est une règle essentielle.


2- Agriculture biologique. On résoud des problèmes par le travail physique dans la vigne, plutôt qu'avec des produits chimiques.


3- On pratique l'effeuillage. 


4- On récolte des raisins absolument mûrs, au risque de tout perdre. On vendange à la main, bien sûr, et on trie chaque grappe, grain par grain.


5- On procède à une vinification rigoureuse : je veux dire qu'on utilise des levures indigènes, uniquement des cuves de bois dans une cave propre, et des fûts de chêne neuf. Les grands vins n'ont pas peur du chêne neuf. il faut mener un élevage méticuleux, soit sur les lies sans soutirage, soit comme je le fais, à la manière traditionnelle, avec soutirage. il faut élaborer un second vin, même si vous êtes tout petit, ou bien vendre en vrac ce qui n'est pas assez bon. Et puis, il faut convier des critiques à déguster le vin pour qu'ils en tombent amoureux."

Reproche traditionnel fait aux "garagistes" : leur méticuleux travail technique ne masque-t-il pas le terroir ?

"On ne peut pas faire d'un âne un cheval de course. Impossible ! Le terroir est toujours bien plus important que toutes les techniques humaines. Il peut sembler paradoxal que je vous dise cela, mais c'est vrai. Sur un mauvais terroir, un "garagiste" produira un vin correct. Sur un terroir moyen, il fera un bon vin. Et sur un grand terroir, il pourra élaborer un très grand vin. Le vinificateur est un catalyseur de qualité, c'est tout."

Les "garagistes" ne sont-ils pas en train de reproduire à Bordeaux un style de vin typique du Nouveau Monde ?

"Quelles que soient nos techniques et nos objectifs, vous ne pouvez pas récolter un raisin mûr à Bordeaux et en faire un vin californien. Mais si quelqu'un veut comparer Valandraud à un Harlan ou à un Grange, je prends cela comme un compliment."

Retrouvent-on, l'élégance et la finesse, qui ont toujours caractérisé le bordeaux, dans les vins de garage ?

"Trop de finesse tue la finesse. La finesse ne doit pas devenir maigreur. En fait les grands millésimes d'autrefois ne portaient pas tant la marque de l'élégance et de la finesse que celle de la générosité de la nature."

Propos de Jean-Luc Thunevin "ancien ouvrier forestier, disc-jokey, employé de banque et marchand de vin" recueillis par Andrew Jefford in "Le nouveau visage du vignoble français" Hachette.


photo_3100113480302n-copie-1.gifAdhérez à l'A.B.V c'est bon pour la santé...image005-copie-1.gif
 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Laetitia 31/01/2008 16:10

C'est certainement très convenu comme discours, voire même acrimonieux, mais je ne me retiens pas :Mon bon (...) Jacques, pour notre prochaine soirée ensemble, il n'est pas dit que nous parviendrions à boire beaucoup plus d'une bouteille de Valendraud (mais peut-être me fourvoie-je), alors que nous scellerions sans aucun doute le sort d'une poignée de bouteilles de Deiss... Cela dit, comme tu n'as pas le quart des revenus du sémillant JM Sylvestre (je ne parle même pas de Daniel Bouton), la question ne se pose pas : cap sur l'Alsace pour emballer un peu notre prochaine soirée !

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